A la recherche du temps perdu....

l'entre-deux-guerres, l'exode

l'entre-deux-guerres.

   

A lui seul ce terme  terrible  d'entre-deux-guerres, laisse à penser qu'on est passé de l'espoir à l'effroi entre la fin d'un conflit et le début de l'autre. Heureusement la réalité est plus nuancée, cette période c'est aussi l'évolution des moeurs, l'émancipation des femmes, l'urbanisation grâce à la reconstruction, les progrès médicaux etc. Tout cela se ressent jusque dans les petites communes rurales.

  

Gm marie avec leon 1921 001

 Juin 1921, la consultation des nourrissons. Cette photo a été  prise à l'école des garçons de Clary. Elle a été réalisée pour être adressée aux Etats-Unis,en témoignage de reconnaissance pour les envois de lait effectués durant l'occupation.

Octobre 1921 : Maria Delépine, soeur de Charles, qui vit et travaille à Paris, vient d'annoncer son mariage, avec un petit gars originaire de la Somme, également domicilé à Paris. Le mariage c'est fait sans la famille nordiste, Le couple a choisi des témoins parmi leurs amis. Maria a de solides griefs contre son père. 

 

1921  Allemagne : Hitler petit caporal de la guerre 14/18 prend la tête du NSDAP - parti nazi nouvellement créé.

 

Le Souvenir de Clary

 

 

C'est dès 1919 se crée que l'amicale des anciens combattants de la Grande Guerre, dite "le souvenir de Clary" association à laquelle adhérera Eugène. 72 soldats de Clary sont morts au champ d'honneur, 170 autres eurent la joie de rentrer dans leurs foyers.

 

Eugène restera marqué par cette terrible guerre dont il refusera de parler. Le seul fait de conserver toute sa vie durant, la photo de son frère René, et le document officiel de sa disparition en dit long sur sa peine. 

Il fera plus tard le pélerinage vers les lieux où tant de ses amis sont tombés; à Fleury-devant-Douaumont Eugene a fleury village detruit 001

 

 La famille habite Montigny, au 39 rue de Bertry,  puis rue Zola (rue du bois) .  Montigny est un gros village de plus de 900 habitants. Les rues ont été pavées il y a une quarantaire d'années vers 1880, et électrifiées vers 1910. Une curiosité : le village na jamais eu de bureau de poste. La fin de la guerre est encore toute proche, il subsiste des dommages dus à la guerre, par exemple les ruines du vieux moulinMoulin montigny 001 que les allemands ont dynamité en 1918, au moment de leur retraite.

Le dimanche 28 mai1922, tout le village est réuni pour un dernier hommage à ses morts de 14/18, le Monument aux Morts est inauguré et béni. Mam montigny 001Par un temps splendide une foule immense défile dans les rues en un brillant cortège où prennent part les camarades de combats, les sociétés de musique, les sociétés de gymnastique, les sapeurs-pompiers. De longs discours exaltent la bravoure des poilus et expriment la reconnaissance de la polulation toute entière. Les jeunes filles offrent aux Anciens Combattants, des fleurs et un drapeau qu'elles ont acheté de leurs deniers.

1923 : Porphyre, dit Adolphe, frère d'Eugène épouse Blanche Blanchart les familles resteront liées pendant de nombreuses années. Ici Rolande avec son oncle et les enfants lors d'une sortie à Bonsecourt en 1936.

Bousecours 1936 oncle adolphe 2

 

1923 Allemagne :  Le coup d'état tenté par Hitler échoue. Il profite de sa peine de prison pour écrire "Mein Kampf"

 

1925,  de nouveaux soucis planent sur la famille Delepine , Julia, l'épouse de Charles, frère d'Eugène ,  est malade, gravement semble t-il. Le couple marié depuis 6 ans n'a pas d'enfant, il vit à Hergnies, près de Valenciennes, dans le  village natal de  Julia. le 12 mai 1925, ce que tous redoutaient arrive, Julia décède.

1930 la famille s'est agrandie, la maison est devenue trop petite,  C'est alors qu'elle déménage pour Clary. Le déménagement  reste gravé dans la mémoire des plus anciens, tous les meubles et objets du quotidien sont entassés dans une grande remorque tirée par un cheval, et la famille suit à pied derrière la remorque, Madeleine dans les bras de sa mère. Personne n'a l'idée à ce moment que 10 ans plus tard, le scenario se reproduira pour des milliers de français.

Bien que nombreuse, La famille semble plutôt aisée, si l'on en juge par la qualité des vêtements des photos (1926 a 1939 avec les enfants),  la maison  de Clary dispose de l'eau courante et d'une salle de bain avec baignoire, et, dans la buandrie, d'une machine à laver avec des rouleaux pour l'essorage. La machine me semblait énorme dans mes jeunes années Machine laver.

 

Nous savons qu'en 1923 Eugène est Agent d'Assurance,  les affaires marchent plutôt bien . Il travaille pour la "Caisse fraternelle" (compagnie d'assurance par capitalisation qui a été crée en 1913, ancêtre du GAN.

 

 

Ce n'est pas rien de vivre à 10, et même 11 lorsque le grand-père de Montigny les rejoindra.

Un jour de la semaine est consacré à la corvée de lessive. Car c'est une vraie corvée, longue et pénible, qu'on n'imagine plus de nos jours. Le linge est d'abord trempé dans de grands bacs, le coton mis à bouillir dans une lessiveuse. On fait "une buée". Lorsque le temps le permet, à la bonne saison, on sêche le linge au soleil, ce qui lui permet de blanchir. En cas de mauvais temps il faut se rabattre sur le grenier. Il fallait ensuite procéder au repassage avec çà : Fer a repasser

Heureusement Eugène et Marie ne donnent pas foi à ces superstitions qui prêtent à rire  : "Laver la lessive le samedi, c'est raccourcir la vie du mari"

La préparation des repas est également une sacrée affaire,  heureusement la famille cultive un gros potager, et même un bout de champ pour la récolte des pommes de terres. Tout le monde met la main à la pâte, pas de tir au flanc. Il y a également la basse-cour, poules, lapins et même des moutons. Grand-mère qui donne un coup de main à la ferme champagne pour faire le beurre bénéficie d'un tarif privilégié, il faut dire que c'est par 10 kg qu'il est acheté.

le dimanche un gros plat est cuisiné :

C'est  le  grand pot au feu avec de la langue, plusieurs morceaux de boeuf qui donneront des boulettes ou de la viande froide pour deux jours de la semaine, sans compter la soupe.

C'est aussi la volaille, la poule au pot qui permettra de confectionner les "vols au vent "

C'est encore la soupe au lard, potée agrémentée  jarrets de porc et de saucisses.

 

 Les enfants vont à l'école de Clary.

 Paul Lapie en 1923, donne de nouvelles instructions "Mieux vaudrait moins apprendre mais bien retenir, mieux vaudrait moins de souvenirs mais des souvenirs complets et ordonnés". Les nouveaux programmes sont deux fois plus courts que les anciens- source Le temps des instituteurs.....déjà en en temps là c'était mieux avant ...!

Lorsqu'il pleut, Eugène transporte les enfants dans la brouette de la maison jusqu'à la rue pavée afin que leurs chaussures ne soient pas salies sur le chemin du bois. les grandes vacances commencent après le 14 juillet et durent jusqu'au début octobre, on manque de main d'oeuvre dans les champs, les jeunes sont employés aux travaux agricoles.

Ecole des filles Clary

L'école des filles a son entrée sur de la cavée, c'est aujourd'hui l'école primaire mixte

Ecole des Garçons, Clary 

 

L'école des garçons est située derrière la mairie. c'est aujourd'hui, l'école maternelle Marie-Louise Foulon

 

 

 

 en 1932 : Léon fait sa communion solennelle ( pas de photo de l'évènement),  C'est également la naissance de Sylvain, à nouveau un garçon après 5 filles sucessives ! Il va être choyé celui là par ses soeurs.

 

Diplôme certificat d'études Clary1933 :" L'année du Certif" pour Léon, ce sera ensuite 1935 pour Berthe, 1936 pour Marcelle.

 

En effet jusqu'en 1936 la scolarité n'est obligatoire que jusque 13 ans maximum. La fin de la scolarité est marquée par le Certificat d'Etudes.   «il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. » Il se déroulait au chef-lieu de canton.( donc Clary) Le jury était composé d'institutrices et instituteurs d'un canton voisin, parfois de délégués cantonaux. Le candidat et la candidate classés Premier et Première du Canton connaissaient une gloire locale qui rejaillissait sur leurs enseignant(e)s. Cet événement cantonal donnait lieu à diverses manifestations d'intérêt des amis de l'école : notables locaux, délégués cantonnaux offraient souvent des prix aux meilleurs lauréats. Dictionnaires et livrets de Caisse d'Epargne étaient largement distribués.  Cocarde Certificat d'Etudes PRIMAIRE

Le jour du Certificat d'études il n'y avait pas que les élèves qui attendaient les résultats, il  y avait également le marchand de cocardes. cocardes bleu-blanc-rouge arborées avec fierté par ceux qui avaient réussi l'examen .

 Il est possible de vous  tester cet examen aujourd'hui disparu : je vous invite à consulter les épreuves de  1900 sur : Certificat d'études primaire 1900 

Léon, 1er Prix sera immédiatement remarqué par un notable local, Me Poulet, juge de paix, qui l'embauche sur le champ (lorsque je suis allée voir Léon en 2009, dans sa maison de retraite, j'ai tenté de le faire parler un peu du passé, il m' a parlé de son premier emploi qui avait rapidement quitté parce q'il etait mal payé m'a t'il dit en faisant le geste de palpation  avec les 3 doigts de la main... il est des souvenirs qui passent par dessus toutes les maladies !

1933  Allemagne : le 30 janvier Hitler devient Chancelier.

 

 1934 : Communion de Berthe pas de photo. 

 

En 1934, Madeleine (5 ans) est victime d'un très grave accident : renversée par une voiture, elle souffre d'un important traumatisme cranien, elle est conduite à l'hopital du Cateau ou elle sera trépanée.... Sauvée, Eugène et Marie décident d'un pélerinage à Lourdes. (1ère photo :près du chauffeur : Eugène et la petite Mado, 2è photo à l'arrière une croix en dessous d'eux trois.

 

Lourdes pélerinage 1934Lourdes 1934

 

 

 

 

 

1934 Allemagne : Août c'est "la Nuit des longs couteaux", Hitler élimine tous ses opposants Mort de Hindenbourg. Hitler a les pleins pouvoirs.

 

1935 : communion de Marcelle (pas de photo) . C'est également la naissance d'Adrienne, dite "nénette". Elle restera toute sa vie Nénette, la petite soeur.

1935 Allemagne : les lois anti-juives sont adoptées, les nazis prennent le contrôle de la société allemande.

Après leur certificat d'étude également passé brillamment à 11 ans, Berthe et Marcelle iront travailler à l'usine de confection locale l'usine Lecoq.

Après le décès de Marie Tamboise, 59 ans, en 1933, (la maman de grand-mère) Marie tamboiseEugène et Marie-Antoinette prennent le grand-père Augustin, dit "Auguste"  Augustin lefort( son mari, le papa de grand-mère) qui est invalide et ne peut rester seul. il mourra en 1937.

 

1936 : Eugène est un homme qui vit avec son temps, non seulement il conduit une motocyclette, non seulement il écoute de la musique sur un gramophone, voici qu'il a décidé de faire l'acquisition d'un appareil photo maintenant que les prix sont devenus plus raisonnables.Fixfocus 1936 C'est un modèle de ce genre, à soufflet, protégé par un bel étui de cuir. C'est à partir de 1936 que l'on trouve les photos de familles non professionnelles dans l'album.

1936 :Photo souvenir d'une réunion de famille, à droite : le grand-père Auguste Lefort  à l'arrière les cousines Lefort de Selvigny en vistie à Clary. Adrienne bébé est sur les genoux de sa mère. Je suppose que c'est l'aîné Léon qui est derrière d'objectif.

 

Une autre photo de 1936 avec les "petits" : de gauche à droite Madeleine, Adrienne bébé, Rolande et Sylvain

 

 

 

 

 Anecdote : 1936, le Front populaire. A Clary des ouvriers défilent.  Berthe (13 ans) Marcelle (12 ans) se joignent à leurs collègues. Rolande (9 ans)  se joint à la manifestation . Un ami de la famille vient raconter l'affaire à grand-père Eugène. Au retour des filles à la maison, Eugène leur fera passer goût de la contestation....

1938 : communion de Rolande - pas de photo -

1938 Allemagne : Anschluss.  C'est l'annexion de l'Autriche

Le Dimanche 8 mai 1938, Clary honore sa centenaire Mme Hortense Godard. Clary est en fête, la municipalité et la paroisse ont organisé la cérémonie, les rues sont pavoisées et décorées. Entre autres manifestations : Choeur des enfants de Clary "Vivat, joyeux vivat à notre centenaire!" (on estime à 5000 personnes le nombre des assistants). 

 Photo souvenir : Rolande et Madeleine.

Rolande-Madeleine-1938.jpg

  

 

  Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne, la Grande-Bretagne puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne.

Va commencer la période dite de la "drôle de guerre " qui s'étendra jusqu'au 10 mai 1940. Elle doit son nom à l'inaction des armées alliées devant la défaite de la Pologne. Traumatisé par la guerre précédente, l'état-major français s'attend à vivre de nouveau une guerre de tranchées contre l'Allemagne. Elle a donc construit, pour se défendre, la ligne Maginot (qui porte le nom du ministre de la Guerre, de 1929 à 1932, André Maginot). Il s'agit d'un ensemble complexe de lignes fortifiées destiné à se protéger. C'est sur cette ligne que les soldats français attendent une hypothétique attaque allemande. Pendant des mois, ils stationnent là sans que rien ne se passe.

Les Allemands possèdent également leur ligne Maginot, nommée ligne Siegfried. immortalisée à cette époque par la chanson :

                                                                               

Cyrille et Julien, les plus jeunes frères ont été "pré-mobilisés" depuis 1938 . Le risque de guerre est bien présent aux esprits, même si l'on veut encore croire au miracle. En 1939, Même Charles a été rappelé, alors qu'il ne s'était jamais totalement remis de la grande guerre. Seuls Eugène et son frère Adolphe sont exemptés en raison de leur famille nombreuse. 

Ce sont ainsi des hommes à la fois combatifs et résignés qui se rendent sur le front. Combatifs car décidés à faire leur devoir, résignés parce que les séquelles monstrueuses de la Première Guerre mondiale sont présentes dans tous les esprits, mais très rapidement, cette volonté d’en découdre s’émousse car ces hommes, qui ont lâché famille et métier, s’enlisent dans l'inaction.

Neuf mois où les armées, armes au pied, restent ainsi à s’observer, quasiment sans conflit, à l’exception de quelques escarmouches aux frontières ou opérations commando. Lorsque les hommes attendent, ils ont davantage de temps pour penser. En l’occurrence, ceux de la drôle de guerre commencent à s’interroger sur la qualité du commandement...

La carte d'identité de grand-père établie en octobre 1939 :Carte identite grand pere recto

 

Carte identite grand mere

Celle de grand-mère  établie en février 1940 
   

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exode

1940 :

Calendrier 1940Dimanche 5 mai 1940, C'est la communion de Madeleine, la seule pour laquelle nous avons des photos. Les esprits ne sont pas à la fête, même si tout le monde tente de faire bonne figure, on n'oublie pas qu'une partie de la famille est déjà mobilisée. On a des nouvelles de plus en plus alarmantes de la situation aux frontières, on attend d'un moment à l'autre que les Allemands attaquent sur la ligne Maginot.

communion-a-clary.jpg

Communion-Madeleine-1940-2.jpg

                               

                       Madeleine communion

 

Comme beaucoup de nordistes hantés par le souvenir de la grande guerre, dont notre région eut beaucoup à souffrir,  saccages, violences, exactions diverses perpétrées par les  troupes d'occupation, Eugène, Marie-Antoinette et les enfants, s'apprêtent à fuir en cas de nécessité . Marie s'inquiète pour Léon "Les boches vont me prendre mon fius"I

Henri Montigny, historien local relate dans son livre "Notre histoire à travers celle de Clary" l'ambiance de l'époque dès 1939.

"La drole de guerre : la déclaration de guerre a pour effet la mobilisation générale, ls soldats rejoingent leurs unités qui se déploient dans le nord et l'est de la France. Le black-ou est appliqué et la défense passive fait respecter l'occultation totale des lumières dès la tombée du jour. On distribue des masques à gaz aux adultes et aux enfants et on donne consigne de s'abriter dans les caves dès que la sirène anonce une alerte aérienne... les reconnaissances ennemies sont nombreuses dès septembre 1939 mais les bombardements ne se produiront qu'en mai 40. Il faut d'abord faire face à la guerre des nerfs...

Dès le 22 novembre 39, le 18è régiment de Dragons appartenant à la 1ère Brigade Légère Mécanique arrive de Verdun par la route pour cantonner à Clary et Bertry...Durant les quelques semaines passées à Clary, le dragon Henri Chalumeau fait la conquête du coeur d'une jeune fille et, malgré les péripécies de la guerre, il viendra se marier à Clary...

le 18è Dragons participera à la défense de Dunkerque avant d'embarquer pour l' Angleterre. au moment de l'embarquemnt le cavalier Henri Chalumeau sera grièvement blessé par éclats d'obus. il devra etre amputé de la jambe gauche le 31 mai à Dunkerque ; fait prisonnier par les allemands, il sera soigné et libéré par eux."

Henri, est toujours resté  proche de la famille, je profite de cet article pour insérer quelques photos, bien que celles-ci soient postérieures à la période 40/43

Sylvain-Madeleine-et-Chalu.jpg      A la peche chalumeau

"Le 16 mai 40, le gros de la troupe des réfugiés belges atteint notre région. le 17, des troupes françaises repassent dans Clary, pursuivies par les avions ennemis. Beaucoup d'habitants évacuent, la gare de Cambrai est bombardée, un train de réfugiés belges est touché. La panique qui s'ensuit provoquera l'exode de 25000 personnes qui abandonneront précipitamment leurs foyers pour une course éperdue vers Arras ou vers Bapaume.....Le 19 mai, Clary est envahie par l'armée allemande, précédée de quelques chars. contrairement à la guerre précédente il n'y a que très peu de dégats et pas de victimes."

Quelques jours après la communion,  le 10 mai les allemands, contre toute attente, envahisse la Belgique. Le danger se rapproche. C' est décidé, la famille évacue. Un capitaine du 514è Régiment Régional en poste à Clary s' est lié d'amitié avec la famille. Il s'agit de  Gaston Hervy.

Gaston Hervy est un ancien de la grande guerre, il a des souvenirs communs avec Eugène. Il conseille aux membres de  la famille de partir et leur propose de leur prêter une villa (résidence secondaire) sur la côte de Loire Inférieure (pas encore atlantique): la Villa KER GATUS à Tharon (44) qui appartient à son frère dentiste à Nantes.

Ils ont tout quitté en quelques heures, sans savoir qu'ils partent pour 3 longues années, de mai 1940,  jusque septembre 1943. Ils retrouveront à leur retour une maison dévastée, vidée de tous leurs biens. La photo du départ :

depart exode

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous disposons de quelques  photos prises au printemps 1940  avec Gaston Hervy

 Avant l'exode avec Gaston Hervy.         Gaston-hervy-1940.jpg 

Famille delepine 40 21x29 1

 

Gaston Hervy, né à Nantes le 04.08.1897. Capitaine au 514è R.R. (Régiment Régional) St. IV. B(Stalag 4 à  Königstein en Allemagne) - liste officielle des  prisonniers de guerre 39/45 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5743984h.image.r=HERVY.f34.hl)

 pour plus d'informations sur ce qu'etaient les Régiments Régionaux, se reporter au lien suivant :http://membres.multimania.fr/bendhn/rgtregionaux1.htm

Léon va obtenir deux vehicules dans l'entreprise ou il travaille à la comptabilité,  il aura pour mission, d'emmener à l'abri toute la compta de cette entreprise. Il part avec la secrétaire et  Jules.  Eugène prend le volant du 2e vehicule. iI n'a pas de permis et n'aurait même jamais conduit une automobile de mémoire d'enfant.

les voilà partis cahin-caha,sur les routes de l'exode, entre accidents, bombardements, panique générale, tel que cela est raconté dans de nombreux films ou articles de journeaux. Près d'un quart des français se retrouvent sur les routes. Beaucoup ne resteront que quelques jours sur les routes, ils feront demi-tour parce que ne sachant où aller et parfois doublés par les allemands leur fuite paraît vaine.

Pour les plus jeunes, inconscients des dangers, c'est l'exaltation de l'aventure.

Pour les adultes c'est "la galère" : des files de réfugiés à l'infini, poussant brouettes, voitures d'enfants, vélos surchargés, etc. Les véhicules  bloqués. Ils empruntent les petites routes laissant à l'armée française les grands axes. Se couchent le long du talus lors du passage d'avions en rase-mottes. Tout le monde ne se relève pas, certains ont été mortellement touchés par les chasseurs allemands qui s'en prennent aux files de réfugiés.

Exode 2    Exode 3

 

 

 

 

 

 

 

Le groupe se sépare un temps : Léon part pour Brienne .

la famille continue d'avancer, et fait une pause de plusieurs jours à Mouazé, près de Rennes, comme l'indique le courrier que Leon fait parvenir à son père le 7 juin 40. Ils sont épuisés et perdus dans la foule de milliers de réfugiés cherchant qui à manger, qui un abri ou passer la nuit.

carte-de-leon-a-son-pere-7-juin-40-c.jpg

 

Ils sont logés dans la grange d'un estaminet : "Chez Marie", ou ils prennent leurs repas.

mouaze-eglise.jpg

  mouaze.jpg   mouaze-mairie.jpg

 

 

 

 

La famille mettra près d'un mois pour parcourir la distance de Clary à Tharon, de mi-mai au 16 juin 1940. Pendant toute la durée du périple ils dormiront dans des granges.

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 29/08/2020

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ce site comprend de nombreuses photos.

Pour une meilleures visibilité n'hésitez pas

à cliquer sur chacune d'elles afin de l'agrandir.