Cetait au temps ...

Wanecq Alcide x Louvet Elisabeth

J’ai eu la chance rare de découvrir les souvenirs écrits par l’un des petits-fils d’Alcide Wanecq et d’Anne-Élisabeth Louvet : une description familiale vue par les yeux d’un enfant de six ans, à la fois tendre, impertinente et délicieusement subjective. C’est ce regard-là, et seulement celui-là, que je restitue ici.

souvenirs d'un enfant.

Tous n’ont sans doute pas partagé cette vision un peu croquignolesque de leurs grands-parents. Ma propre grand-mère – pour qui Alcide et Anne-Élisabeth étaient également des grands-parents – m’emmenait sur leur tombe lorsque je l’accompagnais au cimetière. Elle semblait leur vouer une affection profonde, d’une douceur qui démentait les anecdotes de Maxime.

Le couple habitait au 15, rue du Bois (devenue Lazare-Carnot), juste en face de la maison de leur fils Émile Fruit, époux d’Aimée Wanecq, qui deviendrait plus tard celle de mes grands-parents.
Six enfants, vingt-deux petits-enfants : la maisonnée Wanecq-Louvet formait une constellation bien vivante au cœur du village.

Voici maintenant la scène telle que Maxime l’a racontée.

Bertry tombe wanecq

"1906 : ma première vision de mort.

Mon grand-père (Alcide Wanecq) meurt à l’âge de 84 ans ( en réalité c’est 77 ans 1828-1906) d’une hernie étranglée, en 24 heures il avait rendu sa vie. De nos jours il aurait échappé à la mort.

Je l’ai vu sur son lit, éteint, un petit homme de 1m70, 115 kilos.  Je le revois encore, il avait une tête grosse comme une citrouille de 10 kilos. Quand il parlait toute la batterie de cuisine résonnait. C’était un ténor.

En plus il avait des idées de royaliste. Au dessus de son lit était pendu un portrait de Napoléon .Quand ses enfants parlaient de la République, il répondait «  taisez-vous ! Avec la République vous aurez toujours vos poches vides ». C’était un dur. 

Ma grand-mère (Anne Elisabeth Louvet)  était encore plus dure, et même cynique. Vous allez le comprendre par ce qui suit :

Ma mère ayant fait une gastrite étant jeune, cela la rendait malade assez souvent. Et ma grand-mère de lui dire  «  c’est drôle, tu es toujours malade et tu ne meurs jamais » ces paroles indélicates ne devraient pas sortir de la bouche d’une mère pour sa fille.

Deux ans plus tard, ma grand-mère mourait à son tour. Ici le chagrin fut un peu moins grand car l’héritage venait effacer un peu de misère.

Je me souviens d’être allé avec ma mère chez le Notaire. J’ai vu les trois sœurs et les trois frères avec chacun leur petite mallette pour mettre le précieux métal.

A la maison on ne fit pas comme nos ancêtres qui mirent les louis d’or en bouteilles. Le notaire distribua à chacun la somme de 2 800 Francs en pièces d’or, de nos jours cette somme représente 750 000 Francs "

L heritage

Conclusion

Ce récit de vie, Maxime l’a rédigé, dans les années 1966-1967, avec la mémoire vacillante et truculente de celui qui revoit son enfance à travers un halo un peu brouillé.Tout y est restitué tel quel, y compris la savoureuse mention des « idées royalistes » de son grand-père, assortie d’un portrait de Napoléon au-dessus du lit (sic)

On y parle encore en anciens francs, comme le faisaient spontanément ceux qui avaient grandi avant les « francs lourds ». Il ne faut donc pas trop se fier à sa conversion finale, sans doute approximative, mais plutôt entendre ce qu’elle révèle : l’impression durable, presque vertigineuse, d’une richesse soudaine dans une famille qui n’en avait guère l’habitude.

Car si chacun des cinq oncles et tantes  – plus leur sœur, la mère de Maxime – a réellement perçu 2 800 francs-or en 1908, il s’agissait bel et bien d’une somme considérable pour l’époque, une manne qui permettait de "voir venir".

Dans les mots de Maxime, il n’y a ni précision comptable ni vérité historique indiscutable : seulement la voix d’un petit garçon de six ans, ébloui par le cérémonial du notaire, les mallettes alignées et l’or qui tintait semblent sortir d'un conte. À travers lui, ce sont nos aïeux qui reprennent vie un instant : Alcide, Anne-Élisabeth, et toute la tribu rassemblée autour d’un héritage dont le poids réel importe moins que le souvenir qu’il laissa dans la famille.

 

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Date de dernière mise à jour : Jeu 11 déc 2025

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Commentaires

  • dervillé
    • 1. dervillé Le Ven 12 déc 2025
    sosa 40 de Stéphanie JENNEPIN (nouschka1 ) alcide wanecq
    • Dominique LENGLET
      • Dominique LENGLETLe Ven 12 déc 2025
      Je ne sais pas s'il te reste des piécettes mais moi je n'en ai pas vu la couleur...
  • dervillé
    • 2. dervillé Le Ven 12 déc 2025
    à Nadia louvet Le Sam 10 avr 2021
    avez vous un arbre sur geneanet
    merci michel dervillé
  • Nadia  louvet
    • 3. Nadia louvet Le Sam 10 avr 2021
    Bonjour

    Tout mes aïeux habitaient bertry.
    Ils étaient pratiquement tous tisseurs
    Muquiniers
    Je remonte a 1636
    Les noms taine.
    Haime
    Pierard
    Lanniaux
    Abrassart marie mere de grand mère
    Mon grand-père pere etait mr François louvet

    Ne en 1891 a bertry

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