Le piqueur de carton était un ouvrier spécialisé dans la préparation des cartons Jacquard, indispensables au fonctionnement des métiers à tisser.
iI perforait manuellement, à l’aide d’un poinçon, des cartons épais selon un schéma déterminé. Ces cartons, assemblés en longues bandes, servaient de “programme” au métier Jacquard. Chaque trou correspondait à un fil de chaîne à lever ou à abaisser.
Son but : traduire un dessin (fleurs, feuillages, arabesques, damas, dentelles mécaniques) en une suite d’instructions compréhensibles par la machine. Il fallait une exactitude parfaite. Une seule erreur de perforation et le motif devenait fautif, voire inutilisable.
le piqueur était installé à une table avec des gabarits, poinçons et marteaux adaptés. Tout était manuel, long et méticuleux.
Sans lui, impossible de réaliser les tissus ouvragés qui firent la renommée de régions entières : Lyon avec ses soieries, Saint-Quentin et Caudry avec leurs dentelles, le Nord avec ses tissus Jacquard.