
Jules Fruit, est le 4è enfant du couple Charles Antoine Fruit x Thérèse Poulain
Il naît à Bertry le 17 septembre 1887dans une famille d'artisans tisseurs. Lui-même exercera la profession de brodeur. toutefois, la seconde moitié du XIXe siècle marque la fin de la prospérité l'artisanat au profit de l'industrialisation du secteur textile.
La ville du Cateau possède de nombreux atouts pour relever ce nouveau défi. Les frères Seydoux, à l'origine d'une véritable dynastie, qui jusqu'àlors faisaient appel au travail à façon transforment progressement la fabrique, passant du travail dispersé à l’activité concentrée pour doter le Cateau d’une usine moderne et mécanisée fonctionnant avec un personnel attaché.
D’énormes bâtiments sont construits pour la filature et le tissage qui utilisent des métiers de taille imposante et employent des milliers d’ouvriers. C'est probablement à ce moment là que la famille quitte Bertry pour Le Cateau, où les quatre enfants se marieront.
En 1908, le conscrit Jules Fruit est appelé sous les drapeaux, il est incorporé au 1er RI où il sera musicien.
Libéré des obligations militaires, Jules épouse, en premières noces, Adèle Dislaire en septembre 1911. Hélàs la jeune épouse décède un an plus tard, en octobre 1912. Il se remarie en mai 1914 avec Céleste Basquin, originaire de Neuvilly. Moins de trois mois plus tard, le tocsin sonne, c'est la mobilisation générale.
Rappelé à l'activité, il intègre le 164è RI.
Pour les amateurs d'histoire : l'historique du régiment
On peut y lire :
"Le 164e s'affirme, dès le début, comme une remarquable unité de combat. Les hommes qui le composent, venus du Nord et de l'Est, sont habitués de tout temps aux durs labeurs; ils ont les qualités du vrai soldat : discipline et sens du devoir, goût de la lutte, esprit de sacrifice.
Partout où ils seront, ce sera pour attester de solides vertus et une mâle énergie. Opiniâtres dans la défense, irrésistibles dans l'attaque, ils vont inscrire à leur drapeau cinq citations et des noms glorieux : Verdun, Biaches, le Mont Haut et le Mont Renaud, Ambleny et Soissons, l'Aisne et Pommiers, l'Ailette, la Souche et la Serre, témoignant ainsi qu'ils ne savent qu'une chose, "se battre", mieux encore "vaincre".
Piètre consolation....
C'est dans ce même historique, au chapitre II que figurent les actions de juillet 1916, lors des opérations sur la Somme, dans lesquelles Jules perdit la vie le 28 juillet 1916, à "l'ambulance" de Harbonnière, après avoir été grièvement blessé la veille.
Les pertes éprouvées par le régiment, du 7 au 23 juillet, étaient très élevées : elles s'élevaient à 37 officiers dont 13 tués et 24 blessés, et 1.280 hommes de troupe, dont environ 280 tués et 1.000 blessés. Le régiment avait, grâce à son entrain et à son audace. atteint, malgré des difficultés considérables, tous les objectifs qui lui avaient été assignés le 9 juillet. Il avait pris un matériel très important, dont deux pièces de canon, une quinzaine de mitrailleuses, fait 600 prisonniers, et ajouté une part glorieuse à son histoire.
L'ambulance :
Sur ordre du commandement transmis par le médecin divisionnaire, le médecin-chef d'ambulance s'installe soit dans des locaux de la localité indiquée par l'ordre, soit dans un pli de terrain situé dans la région; dans ce dernier cas, il est fait usage des tentes Tortoise.
L'ambulance a pour mission :
- 1° de compléter l'action du service régimentaire;
- 2° de préparer l'évacuation des blessés

Jules sera cité à l'ordre de la brigade et sera décoré de la croix de guerre étoile de bronze à titre posthume.
Citation :
Soldat plein d'énergie, s'est distingué le 27 juillet 1916 en contribuant à repousser une violente attaque à la grenade au cours de laquelle il a été grièvement blessé. Atteint d'une plaie très grave aux membres inférieurs.

Jules est le 2è en partant de la droite, rangée du haut.