Parmi les métiers aujourd’hui disparus ou méconnus figure celui d’allumettier, un ouvrier spécialisé dans la fabrication des allumettes. Derrière ce petit objet du quotidien — indispensable avant l’arrivée du briquet et de l’allumage automatique — se cachait toute une industrie, organisée autour de manufactures importantes, notamment dans la région parisienne.
Le travail de l’allumettier consistait à participer aux différentes étapes de fabrication : préparation des tiges de bois, trempage dans les compositions chimiques, séchage, puis conditionnement dans les célèbres petites boîtes. Ce travail se faisait le plus souvent en manufacture, dans des ateliers où l’on manipulait des substances dangereuses, notamment le phosphore, dont les émanations pouvaient provoquer de graves maladies professionnelles. Les conditions de travail étaient donc difficiles, dans une atmosphère chargée d’odeurs chimiques et dans des bâtiments où le risque d’incendie restait constant.
Mais l’histoire des allumettes ne relève pas seulement de l’industrie : elle est aussi liée à la fiscalité. Après la guerre franco-prussienne de 1870, la France doit faire face à une situation financière très lourde. Pour renflouer les caisses de l’État, la loi du 4 septembre 1871 instaure un droit de fabrication sur les allumettes chimiques. Chaque boîte produite est alors soumise à un impôt. L’idée paraît simple : taxer un objet utilisé par tous les foyers.