Un travail de mémoire depuis Jérusalem
Aujourd'hui, l'épisode du maquis de Meilhan est bien documenté : on trouve des ouvrages, des articles, des témoignages, des sites institutionnels, un monument et des cérémonies commémoratives chaque 7 juillet. La bataille du 7 juillet 1944 a sa place dans l'historiographie de la Résistance gersoise et gasconne.
Mais il faut imaginer ce qu'était ce travail il y a vingt ans, lorsque Rachel l'a entrepris depuis Jérusalem. Pas de moteurs de recherche utiles sur ces sujets, pas de bases de données numérisées du Centre de Documentation Juive Contemporaine, pas de forums d'historiens, pas de cartes interactives des maquis. Reconstituer le parcours de Marcel — de Metz à Castellane, des camps d'Agde et de Rivesaltes aux Centres de Jeunes de Millegrand et de Frontignan, puis à la Bastide-de-Sérou, à Caussens chez les Lebé, et enfin à Castelnau-sur-l'Auvignon et Meilhan — supposait une correspondance patiente, lettre après lettre, avec des archives, des mairies, des familles d'accueil, d'anciens résistants, et avec ce qui restait des réseaux des Éclaireurs Israélites et de la Sixième.
C'est ainsi qu'en 1997, dans le dossier E.I.F. des archives du C.D.J.C. à Paris, Rachel a retrouvé le nom de Marcel sur une liste. C'est ainsi qu'elle a pu confronter les dates, les noms, les lieux, et restituer le Journal de Marche du Bataillon.
Ce témoignage que vous venez de lire est le fruit de ces années de recherche obstinée, menées à des milliers de kilomètres du Gers, par une sœur qui avait dix-huit ans quand son frère est tombé.
Transmettre ce texte, en cette Journée nationale de la Résistance, c'est prolonger son travail.