Léon Régis Taine (1892-1914)

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Léon Régis Taine, 1892 -1914

Mort pour la France

Croix de guerre, étoile d'argent

- Crédit photo : famille Oudart-Taine -

Sa famille

Léon naît à Bertry le 9 décembre 1892, dans un foyer encore en construction. Son père, Henri Régis Taine, et sa mère, Sophie Leprêtre, ne sont pas encore mariés : ce n’est qu’en février 1895, lorsque le père sera libéré de ses obligations militaires, que l’enfant est officiellement reconnu et légitimé par l'union de ses parents.

Cette chronologie, étrange en apparence, s’explique par le destin contrarié du père : né en 1870, ajourné d’abord en 1891 comme soutien de famille (ils étaient onze enfants à nourrir !), il est finalement incorporé en 1892, pour deux ans au moment même où naît son fils. Impensable, alors, de convoler dans ces conditions précaires.

Léon grandit entre deux sœurs, dans une maison qui sent bon la lotion et le savon à barbe. Leur père Henri Régis Taine, est barbier par goût, tisseur par tradition. Deux métiers bien distincts qui cohabitent sans se confondre : à l’avant de la maison, l’échoppe, avec sa chaise, son miroir, ses rasoirs soigneusement affûtés ; à l’arrière, dans un appentis ou à la cave, le métier à tisser.Le choix est original à cette époque où apparaît une nouvelle profession, celle de « coiffeur », appelée à supplanter le barbier traditionnel. On peut imaginer que la concurrence a peu à peu fait pencher la balance : au recensement de 1906, Henri est déclaré tisseur dans une entreprise textile. Le fil finira par l’emporter sur le rasoir, mais sans doute par pragmatisme plus que par goût. La preuve : il mènera sa carrière jusqu’au bout dans ce secteur, qu’il achèvera comme directeur d’un tissage.

Décembre 1912 : Léon a vingt ans. Il a probablement, comme tous les jeunes de son âge, goûté aux plaisirs de la jeunesse : les rires partagés entre camarades, les fêtes du village, et peut-être déjà les premiers élans du cœur. Il travaille comme brodeur chez Capouet  depuis au moins 6 ans. A t-il une promise, des projets ? — c’est là toute la frustration du généalogiste : devoir se contenter d’hypothèses —

L'armée, la guerre

Comme tous les garçons de sa génération, il est appelé sous les drapeaux le 9 octobre 1913. Ce qui aurait dû être un temps de service, de camaraderie et d’apprentissage, s’interrompt brutalement : la guerre éclate avant même la fin de son engagement, et le voilà emporté dans l’une des épreuves les plus meurtrières de l’Histoire.

Affecté au 91ᵉ régiment d’infanterie, Léon sert comme mitrailleur. Le « Four de Paris », en Argonne, est alors un secteur disputé avec acharnement. Forêts déchiquetées, abris sommaires creusés dans la boue, attaques et contre-attaques sans répit : c’est là, au cœur de l’hiver 1914, que Léon tombe, frappé lors d’un assaut ennemi. Transporté à l’ambulance de Sainte-Menehould, il y succombe le 31 décembre 1914, il a tout juste vingt-deux ans

À titre posthume, il reçoit une citation à l’ordre du régiment :
« Soldat mitrailleur courageux et d’une belle attitude au feu. Grièvement blessé au Four de Paris, au cours d’une attaque allemande. »

Et, la Croix de guerre avec étoile de bronze, reconnaissance officielle d’un courage qui ne se discute pas.

Aujourd’hui, il reste l’image d’un jeune homme coiffé de près — œuvre discrète d’un père barbier — dont le destin fut happé par l’Histoire. Il ne laissa ni épouse, ni enfant. Son nom gravé sur le monument aux morts rappelle qu’il incarne cette jeunesse sacrifiée qui paya le prix de la patrie.

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Date de dernière mise à jour : Mon 27 Apr 2026

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