Pourtant, malgré sa dureté et sa mauvaise réputation, le métier pouvait être relativement prospère.
Le cuir était une matière essentielle dans les sociétés anciennes : chaussures, harnais, selles, ceintures, reliures, sacs, équipements militaires… La demande était constante. Or, sans le travail du tanneur, aucun cuir durable ne pouvait être produit.
Les tanneries représentaient donc une activité économique importante. Dans certaines villes, les maîtres tanneurs possédaient leurs ateliers, leurs cuves et leurs stocks d’écorces tannantes. Cette maîtrise de la production pouvait assurer une certaine aisance matérielle, bien supérieure à celle de nombreux artisans.
Ainsi, derrière ce métier rude et souvent déprécié, se cachait une réalité plus nuancée : des artisans indispensables, parfois prospères, mais vivant souvent en marge de la société.
Une contradiction assez fréquente dans les métiers anciens : ceux dont tout le monde avait besoin… mais que peu de gens enviaient.
Pour mémoire, la famille de Henri Matisse, avait une tannerie au Cateau-Cambrésis