Né en 1894 à Dennistoun, en Écosse, David s’est engagé quelques mois avant la guerre dans le 1er bataillon des Cameronians. Envoyé en France avec le Corps expéditionnaire britannique, il est blessé pendant la bataille du Cateau et se retrouve coupé de son unité, derrière les lignes allemandes.
Recueilli et caché par Julie-Célestine Baudhuin, il survit dans des conditions extrêmement précaires, grâce au courage de ceux qui acceptent de le protéger. Aimée entre bientôt dans le cercle très restreint des personnes qui connaissent son existence.
C’est là, dans une ville occupée, au milieu des silences, du danger et des précautions, que leur histoire commence. Nous sommes bien loin d’une rencontre ordinaire : il n’y a ni promenade paisible ni jeunesse insouciante, mais un soldat traqué, une jeune femme consciente des risques et, entre eux, une proximité qui grandit malgré tout. Aimée l’aide, lui apporte notamment du tabac et partage son secret. Peu à peu, l’attachement devient amour.
Le récit familial a conservé un détail aussi étonnant que saisissant. Pour pouvoir sortir sans être reconnu, David dut parfois se déguiser. Jeune, mince et imberbe, il fut habillé en fille afin de passer plus facilement inaperçu. Aimée participa à cette étrange comédie de survie et lui apprit même à marcher comme une jeune femme.
L’image prête aujourd’hui presque à sourire, mais le danger, lui, était bien réel. Il fallait ruser, improviser et tenir coûte que coûte. Leur amour est né là, non dans le confort d’une jeunesse légère, mais dans la clandestinité.
Cette parenthèse prend brutalement fin en octobre 1916. Dénoncé, David est arrêté par les Allemands, emprisonné, condamné, puis envoyé en détention en Allemagne, où il endure des conditions très éprouvantes.
Pour Aimée commence une longue séparation, sans aucune certitude de revoir un jour celui qu’elle aime. Pourtant, David survit. Et surtout, il ne l’oublie pas.