Cetait au temps ...

Ramolleu, rémouleur

Le rémouleur ou émouleur — en picard, le ramolleu  — était cet homme au tablier de cuir usé, dont l’arrivée se signalait par le grincement d’un chariot et le tintement d’une clochette. "Rémouleur ! Rémouleur !"

Il était une fois le rémouleur…

Son cri résonnait dans les ruelles des villages et les cours des fermes, annonçant le retour de l’artisan qui redonnait vie aux lames émoussées.  Et c’est lui, l’homme à la meule, qui détenait ce savoir précieux. Il appartenait à la confrérie des « gagne-petit », regroupant divers métiers à très faible revenu

Son attelage était simple, mais ingénieux : une lourde meule de pierre, souvent en grès, montée sur un axe de bois. Fixée à un chariot aux roues crissantes, elle tournait grâce à une petite planche qu’il actionnait du pied, comme une pédale rustique. L’eau ou l’huile coulait sur la pierre pour éviter que le métal ne brûle, tandis que ses mains expertes guidaient la lame, retrouvant peu à peu son tranchant perdu. Sous son tablier épais, protégé des étincelles, il travaillait avec une précision héritée de générations d’artisans itinérants.

rémouleur et chien

Il afffûtait : 

Les couteaux de poche (ou couteaux pliants), omniprésents : chaque paysan, artisan ou voyageur en possédait un, souvent hérité, pour manger, sculpter du bois, ou égorger la volaille. Ces lames, en acier parfois médiocre, s’émoussaient vite sur les os ou les branches. On les entretenait sommairement sur un cuir enduit de poudre d’émeri (ou même une ceinture de cuir roulée), mais pour un tranchant digne de ce nom, il fallait la meule du rémouleur.

Les serpes et les faucilles : outils agricoles par excellence, utilisés pour la moisson ou l’élagage. Leur courbure complexe réclamait un affûtage régulier — une tâche trop délicate pour une pierre à aiguiser basique.

Les ciseaux : luxueuses raretés avant le XIXe siècle ! Dans les chaumières, on se servait plutôt de forcettes (petits ciseaux à ressort, souvent en fer forgé) pour tondre les moutons ou couper les fils de laine. Les ciseaux "modernes" (à pivots rivetés), plus précis et abordables, ne se généralisent qu’avec la révolution industrielle. Avant cela, ils étaient l’apanage des tisserands, des tailleurs… ou des familles aisées.

Les haches et les herminettes : pour fendre le bois ou équarrir les poutres.

Les armes blanches : poignards, coutelas de chasse, ou épées de gentilshommes.

 

Le passage du rémouleur était un événement. Il  voyageait souvent en hiver, lorsque les travaux agricoles étaient moins intenses.

 Les enfants couraient à sa rencontre, fascinés par le tourbillon de la meule et l’odeur âcre de l’huile chaude.

Les adultes l'attendaient pour connaître les nouvelles, ou les ragots. Lui qui passait des hameaux isolés aux faubourgs des cités, croisant marchands, soldats et colporteurs, savait souvent tout avant les autres. 

Remouleur 3

 

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Date de dernière mise à jour : Ven 13 mars 2026

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