Henri Gury est le fils de Rigobert Gury et d’Angélique Philomène Lecompte. Il grandit à Clary, dans une famille nombreuse de neuf enfants : Rose, Jules, Louis, Rigobert, Flore, Charles, Georges, Paul et lui, Henri. Il en est le plus jeune. Il apprend le métier de tisseur sans être pour autant étranger au monde agricole. Dans le Cambrésis, ce cumul est alors fréquent : beaucoup de familles vivent à la fois du tissage et de quelques arpents de terre, deux activités complémentaires selon les saisons, mais dont aucune ne permet, seule, de faire vivre toute une maison.
Comme beaucoup de jeunes hommes de son milieu, Henri Gury entre tôt dans le monde du travail. Son degré d’instruction n’est pas mentionné dans sa fiche matricule. Mais son parcours dans l’artillerie, jusqu’au grade de maréchal des logis, laisse penser qu’il possédait au moins l’instruction pratique indispensable au service : lire, écrire, compter, suivre un ordre, en rendre compte et encadrer des hommes.
En février 1907, il s’engage dans l’armée pour trois ans, puis se rengage plusieurs fois. Au moment où la guerre éclate, il est maréchal des logis à la 2e batterie du 17e régiment d’artillerie. Il n’est plus un novice : il est déjà un sous-officier, un homme d’encadrement, chargé de tenir les siens dans l’épreuve.