Emile Taine (1889-1915), Mort pour la France

Il avait 25 ans. L'âge où l'on rêve encore et où l'on construit l'avenir. Mais la guerre, cette implacable faucheuse, en a décidé autrement. Emile Taine, fils de Cyrille Taine et d’Anne Thérèse Lenglet, n'est jamais revenu du champ de bataille, de cette boucherie où tant de jeunes hommes ont laissé leur vie.

Une enfance à Bertry.

Silhouette soldat

Né un jour de Toussaint, le 1er novembre 1889, à Bertry, Emile avait grandi au sein d'une famille nombreuse.

Deuxième d’une fratrie de huit, il partagea son enfance avec Unisse, l’aînée, puis Léa, Célestin, Cyrille, Léon, Céline et Georges. Tous étaient parvenus à l’âge adulte, presqu’un exploit en cette fin du XIXe siècle. Peut-être la nature les avait-elle tous dotée d’une solide constitution. Lui-même, était considéré comme un « grand gaillard » avec ses cheveux châtains, ses yeux bleus et son 1m70, une stature respectable pour l’époque.

Ses parents travaillaient tous deux comme artisans tisseurs, les enfants furent élevés dans ce milieu si familier au village et, sans surprise, Emile exerça le même métier.

Comme tous les jeunes hommes de son temps, il fut appelé pour accomplir son service militaire, c’était en 1910. L’armée, ce passage obligé, école de la discipline et de devoir forgeait les futurs « poilus ».

Une ombre parmi les ombres.

Quatre ans plus tard, cet apprentissage prenait une tournure tragique.  En Août 1914, la guerre éclata, et Emile fut rappelé sous les drapeaux. Il rejoignit le 43e régiment d’infanterie, et fut jeté dans l'enfer de la guerre.

Après la contre-offensive franco-britannique de septembre 1914 sur la Marne la guerre de mouvement céda la place à la guerre de position. Le front se figea. Les soldats, de part et d’autre, s’enterraient dans des tranchées afin de se protéger du feu de l’artillerie allemande.

Au cours de l’hiver, le Général Joffre lança différents assauts. Il s’agissait de grignoter les positions ennemies. Ces sorties furent tout autant meurtrières qu’inefficaces.

Le 13 mars 1915, Emile fut frappé. Grièvement blessé, il fut évacué vers l’ambulance, installée à Saint-Jean-sur-Tourbe, mais ses blessures étaient trop graves. Il mourut le jour même.

823 bertry bertry monument

Epilogue

« Mort pour la France ». Quatre mots, pour résumer une vie, qui ne suffiront jamais à apaiser le chagrin d’une famille. Célibataire, il n’a pas laissé de descendance, seul son nom inscrit sur le monument aux morts de Bertry témoigne de son existence

Aujourd’hui, alors que les années ont passé, nous cherchons encore à donner un visage à ce jeune homme tombé à 25 ans. Une photo, un fragment d’image qui nous rappellerait qu’avant d’être un nom gravé sur un édifice, Emile Taine était un fils, un frère, un camarade. Que derrière les chiffres et les dates, il y avait un regard, une voix, une vie qui aurait pu être.

 J’ai cité en début de cet article ses sept frères et sœurs, les voici à nouveau avec leurs conjoints J'en appelle à toutes ces familles pour cette ultime demande.

A noter par ailleurs, que la photo qui lui est attribuée dans le dernier livre de D. Solau, n'est pas la sienne. C'est celle de Maurice Taine, mort le mois suivant.

Mariages taine

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Date de dernière mise à jour : Sun 16 Mar 2025

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Commentaires

  • VERONIQUE ESPECHE

    1 VERONIQUE ESPECHE Le Ven 21 mars 2025

    Une bouteille à la mer pour redonner visage à un "héros ordinaire"
  • Christiane Bruneau

    2 Christiane Bruneau Le Dim 16 mars 2025

    Il faut espérer que ton appel soit entendu !
    Tu as un beau prénom avec Unisse, l’aînée de la fratrie ! encore jamais vu !

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