Un grand merci à Marc_91 et aux membres du forum Aviation Ancienne pour leur aide précieuse depuis les débuts de ce blog. Leurs connaissances pointues et leurs archives — notamment les photos d’accidents similaires — ont été déterminantes pour reconstituer avec exactitude le contexte des vols de Georges Delfosse.
Un avion prometteur, mais exigeant
Le Nieuport-Delage NiD-29, distribué aux unités à partir de 1922, représentait un bond en avant par rapport au SPAD XIII. Plus puissant, il était cependant près de 300 kg plus lourd, ce qui en modifiait radicalement le comportement en vol, surtout lors des manœuvres à basse vitesse ou en virage serré. Sa sensibilité aux décrochages en fit un appareil redoutable pour les pilotes en phase d’adaptation.
Une transition périlleuse
Première unité équipée, le Groupe de Chasse 15 stationné en Allemagne inaugura l’ère du NiD-29. Dès 1923, une décision fut prise : ce chasseur deviendrait le seul en service dans l’Aéronautique Militaire. Les escadrilles des 1er et 3ème Régiments de Chasse (Thionville et Châteauroux) furent parmi les premières à convertir entièrement leur flotte. Pour des aviateurs rompus au SPAD XIII, plus léger et réactif, l’apprentissage des subtilités du NiD-29 s’avéra semé d’embûches.
Un tribut lourd
Les accidents d’octobre 1923 à La Martinerie — dont celui, fatal, de Georges Delfosse, survenu deux jours après un premier crash aux causes identiques — soulignent les risques de cette transition. Les décrochages en basse altitude, souvent sans issue, devinrent le danger majeur d’une époque où chaque vol était une leçon, parfois au prix fort.