Ulysse Raoul Farez (1896-1918)

Aujourd’hui, on célèbre les Raoul

Dans mon arbre, il n’y en a qu’un seul, et encore ne porte-t-il ce prénom qu’en seconde place : Ulysse Raoul Farez. Un prénom discret, que je ne retrouve dans aucune génération précédente de cette famille. Ulysse Raoul naît à Pierrepont, en octobre 1896.  Henri Farez, son père, est voyageur de commerce. Sa mère, Eugénie Flament, s'occupe du foyer. Le garçonnet grandit au sein d’une fratrie de cinq, dont il est le seul garçon. On imagine cette enfance entourée de ses quatre sœurs, rythmée par les déménagements successifs, les écoles où l'on passe sans s'attarder, les camarades qu'il faut quitter pour en retrouver d'autres un peu plus loin.Les recensements permettent d'ailleurs de le retrouver quelque temps à Noyon, dans l'Oise, où la famille s'est installée au gré des déplacements de son père, dans l’Aisne et au-delà.

Une jeunesse en mouvement

Malgré ces déplacements, les racines de la famille demeurent dans le Cambrésis : son grand-père Henri Farez est originaire de Clary, et sa grand-mère, Marianne Méot, de Maretz. Deux villages qui me sont familiers et qui expliquent naturellement la place qu'Ulysse Raoul trouve aujourd'hui dans mon arbre généalogique... et dans ces quelques lignes.

Une jeunesse en mouvement

Fumiste

À vingt ans, tandis que la guerre fait déjà rage depuis de longs mois, Ulysse Raoul vit à Dreux, en Eure-et-Loir.

Il exerce le métier de fumiste, artisan chargé de construire et d'entretenir cheminées, poêles et conduits de chauffage.

Lorsque son tour vient de comparaître devant le conseil de révision, il est reconnu apte. Son destin bascule alors : incorporé par anticipation en avril 1915, il rejoint le 147e régiment d'infanterie, puis le 87e RI.

Là, au milieu de la boue, du fracas et de l’épuisement, il se révèle à ceux qui commandent comme à ceux qui combattent à ses côtés. En mai 1917, une première citation à l’ordre du régiment vient fixer en quelques mots ce que les jours de guerre avaient déjà montré : « Jeune soldat courageux, a toujours fait preuve d’énergie, notamment le 11 mai en allant reconnaître une tranchée nouvellement conquise pour relier cette dernière à notre nouvelle ligne… » Derrière la sécheresse militaire de la formule, on devine un garçon allant de l’avant, sans éclat recherché, simplement parce qu’il le fallait. Le 18 juillet 1917, il est blessé une première fois. Mais quelques semaines plus tard, il repart au combat.

Le 15 août 1918, il reçoit une seconde citation à l’ordre du régiment : « Soldat plein d’allant et de sang-froid qui s’est particulièrement fait remarquer à l’attaque du 22 juillet 1918.»

Cette même année, il reçoit également l'insigne en or attestant de son appartenance à l'unité d'élite des grenadiers. Ces distinctions sont des récompenses officielles ; elles disent surtout qu'au cœur des combats, il était devenu l'un de ces hommes sur lesquels les autres pouvaient compter.

 

Insigne flamme

Puis vient la fin, brutale, à quelques semaines seulement de l’armistice. Le 27 septembre 1918, près de Tahure, dans la Marne, Ulysse Raoul Farez est grièvement blessé.

Il meurt le lendemain des suites de ses blessures à l'hôpital militaire de Boissy le Château. Il avait vingt et un ans. Vingt et un ans seulement. Il repose aujourd’hui à la nécropole nationale de Jonchery-sur-Suippe, parmi tant d’autres vies fauchées avant d’avoir vraiment commencé.

Tombe farez

Conclusion

Que reste-t-il aujourd'hui d'Ulysse Raoul Farez ? Quelques lignes d'état civil, des mentions militaires, deux citations, un lieu de sépulture. C'est peu, en apparence. Pourtant, à travers ces fragments surgit encore une présence : celle d'un jeune homme courageux de vingt et un ans,  dont la guerre interrompit l'avenir. Comme tant d'autres, Il n'eut pas le temps de connaître la paix retrouvée, de bâtir un foyer ou de vieillir auprès des siens. 

En ce jour des Raoul, son prénom revient un instant à la lumière. Et, avec lui, toute une vie que le temps n'a pas complètement effacée.

Date de dernière mise à jour : Thu 09 Jul 2026

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