Comme tant d’autres hommes à l’été 1914, Maurice quitte Le Cateau lors de la mobilisation. Il rejoint à Verdun le 9e régiment du génie, dans lequel il sert comme sapeur-mineur.
En novembre, il se trouve en Woëvre. Sa compagnie y exécute d’urgents travaux de sape et creuse des tranchées dans un secteur constamment exposé aux bombardements allemands. Autour de lui, des hommes tombent. Pourtant, il faut poursuivre le travail, creuser, consolider, tenir encore, malgré la fatigue qui épuise les corps autant que les esprits.
Le 14 novembre, dans la dernière carte postale que recevra sa famille, Maurice laisse enfin paraître son épuisement :
« Vivement que l’on parte d’ici ; cela fait trente-cinq jours sans arrêt que nous fatiguons : on a bien besoin de relève ! »
Ce ne sont pas les mots d’un homme qui renonce, mais ceux d’un soldat arrivé au bout de ses forces, usé par le froid, la boue, la peur et trente-cinq jours sans repos.
Ce même jour, Maurice est pris d’une violente fièvre. Après quelques jours d’observation, le diagnostic tombe : fièvre typhoïde.
Évacué le 17 novembre de l’infirmerie d’Haudicourt vers l’hôpital temporaire no 3 de Verdun, il y meurt le 23 novembre 1914, après avoir reçu les derniers sacrements.
Avant de quitter ses parents, il leur avait fait promettre de partir si l’ennemi s’approchait de la ville. Avec une lucidité troublante, il leur avait dit : « Probablement et même certainement, vous verrez les Allemands avant moi. » Puis il achevait sa pensée par ces mots, simples et bouleversants : « Au revoir. Si je ne reviens pas, nous nous retrouverons au Ciel. »
À Verdun, un industriel accueille provisoirement sa dépouille dans le caveau de sa famille. Plus tard, Maurice sera ramené au Cateau, auprès des siens.