Maurice Tamboise (1889-1914)

Racines à Montigny

Maurice Alcide Léon Tamboise naît au Cateau-Cambrésis en janvier 1889. Comme les autres membres de cette branche Tamboise, ses racines familiales le ramènent à Montigny. Il est l’un des arrière-arrière-petits-fils d’Amand Tamboise et de Julie Fontaine.

Troisième d’une fratrie de cinq enfants — quatre garçons et une fille —, il est le fils d’Alcide Gustave Tamboise et de Berthe Vandenbroucque, qui tiennent une épicerie place Sadi-Carnot, au Cateau.

Sa fiche matricule lui attribue une profession au libellé singulier : « dessinateur photographe ». Une expression qui intrigue encore aujourd’hui et laisse entrevoir un jeune homme doté d’un savoir-faire précis, déjà tourné vers l’image et la technique — peut-être aussi pourvu d’une certaine sensibilité artistique.

Trente-cinq jours sans relève

Comme tant d’autres hommes à l’été 1914, Maurice quitte Le Cateau lors de la mobilisation. Il rejoint à Verdun le 9e régiment du génie, dans lequel il sert comme sapeur-mineur.

En novembre, il se trouve en Woëvre. Sa compagnie y exécute d’urgents travaux de sape et creuse des tranchées dans un secteur constamment exposé aux bombardements allemands. Autour de lui, des hommes tombent. Pourtant, il faut poursuivre le travail, creuser, consolider, tenir encore, malgré la fatigue qui épuise les corps autant que les esprits.

Le 14 novembre, dans la dernière carte postale que recevra sa famille, Maurice laisse enfin paraître son épuisement :

« Vivement que l’on parte d’ici ; cela fait trente-cinq jours sans arrêt que nous fatiguons : on a bien besoin de relève ! »

Ce ne sont pas les mots d’un homme qui renonce, mais ceux d’un soldat arrivé au bout de ses forces, usé par le froid, la boue, la peur et trente-cinq jours sans repos.

Ce même jour, Maurice est pris d’une violente fièvre. Après quelques jours d’observation, le diagnostic tombe : fièvre typhoïde.

Évacué le 17 novembre de l’infirmerie d’Haudicourt vers l’hôpital temporaire no 3 de Verdun, il y meurt le 23 novembre 1914, après avoir reçu les derniers sacrements.

Avant de quitter ses parents, il leur avait fait promettre de partir si l’ennemi s’approchait de la ville. Avec une lucidité troublante, il leur avait dit : « Probablement et même certainement, vous verrez les Allemands avant moi. » Puis il achevait sa pensée par ces mots, simples et bouleversants : « Au revoir. Si je ne reviens pas, nous nous retrouverons au Ciel. »

À Verdun, un industriel accueille provisoirement sa dépouille dans le caveau de sa famille. Plus tard, Maurice sera ramené au Cateau, auprès des siens.

Conclusion

Le destin de Maurice Tamboise rappelle que la guerre ne tuait pas seulement sous les obus. Elle emportait aussi les hommes loin du champ de bataille, dans le silence des infirmeries et des hôpitaux temporaires.

Maurice n’avait que vingt-cinq ans. Il n’est pas mort au cours d’un assaut, mais victime de cet autre visage de la guerre : l’épuisement, la promiscuité, l’insalubrité et la maladie. Ses cartes et ses dernières paroles nous permettent pourtant d’entendre encore sa voix : celle d’un fils inquiet pour ses parents, d’un jeune homme aspirant à une relève qui ne viendra jamais, et d’une vie interrompue à l’orée de l’âge adulte.

Note : la fièvre typhoïde

Dès les premiers jours d’août 1914, alors que la mobilisation impose de rassembler à la hâte un grand nombre d’hommes dans des locaux souvent trop étroits, une épidémie de fièvre typhoïde se déclare. Cette maladie, que l’on appelait volontiers « la maladie des mains sales », frappe durement une armée déjà soumise à l’épuisement, au manque d’hygiène et à la promiscuité. Les soldats atteints sont durablement mis hors de combat, et la mortalité est élevée. Dans la zone des armées, pour les cinq derniers mois de l’année 1914, on déplore 45 078 cas de fièvre typhoïde et 5 479 morts. Ces chiffres rappellent à quel point la guerre ne tuait pas seulement sous les obus : elle emportait aussi les hommes par la maladie, dans le silence des infirmeries et des hôpitaux temporaires.

Maurice tamboise 1889 1914

 Crédit photo : Erik Basquin 14/18 en Cambrésis 

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Date de dernière mise à jour : Mon 20 Jul 2026

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Commentaires

  • CK

    1 CK Le 20/07/2026

    Merci. Depuis que je me suis penchée sur le sort de mes ancêtres au front durant la grande guerre, j'ai décidé de lire toutes les biographies de soldats 14-18 qui me passent devant les yeux. Pour les sortir de l'oubli.
    cetaitautemps

    cetaitautemps Le 21/07/2026

    merci pour votre intérêt
  • Zélie Jumel

    2 Zélie Jumel Le 20/07/2026

    Article très intéressant. Il est vrai qu'il n'y a pas que les morts violentes a la guerre. Cest bien d'en avoir parlé.
    cetaitautemps

    cetaitautemps Le 21/07/2026

    merci beaucoup pour ces encouragements

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