Blot, Belot

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Certaines branches de notre arbre, discrètes, presque invisibles, le petit-bois,  cachent des vies qui ont tissé, sans bruit, le fil de notre histoire familiale.

Ce dossier est dédié à ces "rameaux cachés", ces ancêtres moins connus, dont les traces s’estompent au fil des siècles, parfois effacées par la rareté des archives, d’autres fois par le silence de l’histoire.

 

Belot et Blot, c’est le même nom !

Blot est en effet une forme contractée de Belot, Bellot lui-même diminutif de Beau. Nous avons conservé le terme "bellotte"  un adjectif familier qui signifie "mignon, aimable, gentil" lorsqu'il s'agit d'une enfant

1 — D’où vient ce nom

Toutefois,  une autre piste existe : le patronyme peut aussi être breton et signifier « mou », peut-être comme sobriquet donné à un homme jugé indolent.

C’est un patronyme relativement fréquent. On le rencontre volontiers dans le Nord et en Picardie, mais ils sont également nombreux dans l’ouest de la France.

Blot en france

2 — Dans mon arbre

Joseph Blot, né vers 1664, est le plus lointain ancêtre identifié portant ce nom. Il se marie à Élincourt en 1692 avec Marie Jeanne Taisne.

Sa vie prend place dans un moment de bascule : il naît dans un Cambrésis qui n’est pas encore français, et c'est autour de ses quatorze ans que la province est rattachée à la France. S'il est important de le souligner, il n'est pas  pour autant certain que ceux qui l'ont vécu l'aient ressenti.

 Leur fille Marie Agnès Blot, née en 1705 et morte à une date indéterminée après 1755, épousera Nicolas De Fontaine, mulquinier. Le couple aura au moins deux enfants connus, Amand et Albertine ; c’est par cette dernière que descend ma lignée. Ainsi, chez moi, le nom Blot ne traverse que peu de générations avant de s’effacer derrière d’autres patronymes.

3 — Où vivaient ils

Mes Blot sont bien installés à Élincourt, petit village du sud du Cambrésis, proche de Clary, à la frontière de l’Aisne, entre Maretz, Walincourt et Prémont. Je n’y retrouve pourtant pas leur trace avant Joseph, qui semble s’y fixer après son mariage : tout porte donc à croire qu'il venait d’un village voisin, peut-être de l’Aisne toute proche. Je note d’ailleurs l’existence d’une souche présente dès le début du XVIIᵉ siècle à Seboncourt, à une quinzaine de kilomètres seulement d’Élincourt. 

Quant aux Blot si nombreux plus tard à Caudry, ils n’y apparaissent qu’à la fin du XVIIᵉ siècle, souvent sous les formes Belot ou Bellot. Ce sont leurs descendants que l'on retrouvera aussi bien à Bertry qu'à Clary.

Elincourt, ce village où s’installent mes Blot n’est pas sans passé. Connu dès le XIᵉ siècle — son nom apparaît en 1046 — Élincourt fut autrefois un lieu plus important qu’on ne l’imagine aujourd’hui : il possédait un château fortifié, pourvu d’une garnison, et les seigneurs du lieu y frappaient même monnaie au XIVᵉ siècle. Plus tard, Élincourt vivra aussi du textile, du tissage, de la lingerie et de la broderie, dans une position favorable entre Cambrésis et Saint-Quentinois. Au XIXᵉ siècle, Élincourt compte près de trois fois plus d’habitants qu’aujourd’hui. Puis, peu à peu, cette importance s’efface.

 

4 — Dans quel monde

Dans un pays rude, vulnérable au climat et aux maladies.

Marie Agnès Blot est une jeune mère de famille d' une trentaine d’années, lorsque l’hiver 1740 s’abat sur le Cambrésis avec une violence inouie. C'est une véritable épreuve pour la famille. Imaginez ces masures où le froid se glisse partout : sur le sol de terre battue, sous les portes mal closes, à travers les fenêtres mal isolées, tandis que la cheminée ne suffit pas et enfume souvent davantage qu’elle ne réchauffe.

Puis quand le gel dure, il ne laisse pas seulement des malades derrière lui : il compromet les récoltes et prépare la disette.

Comme si cela ne suffisait pas, six ans plus tard, en 1746, un autre choc frappe leur horizon familier : le clocher s’effondre sur l’église et le feu gagne une quarantaine de maisons voisines. c’est tout Élincourt qui vacille. Ceux dont la maison est restée debout doivent faire face au désastre du village entier, accueillir, secourir, prêter, partager un peu de pain, un coin d’étable, quelques draps ou du linge avec ceux qui n’ont plus rien.

La misère des uns est l’affaire de tous.

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Date de dernière mise à jour : Wed 03 Jun 2026

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