Est né le 1er février 1867 à Montigny par Clary, qui deviendra Montigny en Cambrésis, au XXe siècle. Le petit village, à vocation essentiellement agricole, est alors à l’apogée de son évolution démographique, il compte près de 1200 habitants, soit le double de la population actuelle.
La France est gouvernée par Napoléon III, nous sommes au milieu du Second Empire. Depuis plusieurs décennies, l’état civil a été retiré au clergé pour être confié aux laïcs. Un « outrage » qui ne passera pas pour certains. Comme en témoignent les écrits que l’on peut lire, près d’un siècle plus tard, en 1965, dans le livre de l’abbé Duthoit( Curé de Montigny) à propos de la mairie : « C’est là qu’on emporta les Archives de l’église paroissiale, devenues, par le vol officiel, propriété de la commune. »
Ses parents, Augustin Lefort et Odile Gave, sont de petits cultivateurs dont les familles sont enracinées au village depuis plus de deux siècles. Le plus grand nombre de maisons du village constitue alors autant de fermettes, composées d’un lopin de terre et de quelques animaux. L’activité agricole suffit rarement à faire vivre correctement les familles. Bien souvent, elle est complétée par le tissage à domicile.
Il est le deuxième enfant d'une fratrie qui en comptera cinq. Deux garçons et trois filles, mais avant tout, Augustin est l’aîné des fils. Sa place est toute trouvée, il travaillera à la ferme. Mais auparavant il fréquentera l’école communale ou il apprendra les bases de l’instruction, lire écrire et compter, mais aussi l’éducation civique et patriotique. La défaite de 1870 a laissé des traces, les garçons pratiquent l’exercice militaire.
Il a tout juste vingt ans, lorsque sa mère décède à seulement 43 ans. Seule l’aînée de la fratrie est mariée, la benjamine est encore une fillette.
Déclaré propre au service, il partira au service armé pendant trois longues années d’octobre 1888 à septembre 1891.
Augustin exerce la profession de "valet de charrue" (ouvrier agricole) lorsqu’il demande la main de Marie Tamboise en 1894 Il se fait appeler Auguste et signe de même, afin qu'il n'y ait pas confusion avec son père. Ce dernier meurt en 1899. Auguste continuera seul le travail à la ferme.
Au-delà de son métier agricole, Auguste se distingue par son implication dans la vie culturelle de son village. Il devient Président de la Société de Musique "La Fraternelle", contribuant ainsi à la vie sociale de Montigny, un rôle qu'il semble avoir assumé avec une certaine dévotion.