Cetait au temps ...

Les aventures d'Olivier FARE

Captaine fracasse

L’histoire se déroule entre le XVIe et le XVIIe siècle. Olivier est « notre » héros de cape et d’épée.

Je n’ai pas les talents d’un Alexandre Dumas ou d’un Théophile Gautier, aussi, pour le côté romanesque, je vous laisse replonger mentalement dans l’atmosphère des films de notre enfance. Plus prosaïquement voici sa vie telle qu'on a pu la reconstituer par les archives.

 

Olivier FARRE est l’un des fils de Jehan FARRE et d’Inconnue épouse FARRE, dont je vous ai parlé dans mon précédent article : Il était une fois les FAREZ.

 Il nait vers le 1er octobre 1560. Je n’ai pas trouvé la preuve de cette date, pas plus que son lieu de naissance, quelque part dans l’Est-Cambrésis, peut-être à Selvigny dont La Seigneurerie de Sorval est très puissante.

 Ses parents sont probablement des laboureurs aisés. Dans le cas contraire on n’imaginerait pas qu’il ait des prétentions à épouser une demoiselle PILLOIX, de la riche cense de Besain.

Lieu naissance olivier farez

Une egbert van heemskerck le mai tre de cole1687

Olivier grandit avec son plus jeune frère Jehan et sa sœur Marie Jeanne. Les enfants reçoivent de l’instruction. Ils savent lire, écrire et compter. C’est le grand changement de la renaissance, par rapport au moyen-âge, où l’écrit restait le monopole bien gardé d’une élite religieuse. Maintenant l’église instruit ses ouailles, par l’intermédiaire des clercs appelés coustes dans le Nord, ou par le curé.

Le jeune homme maîtrise également l’art de l’équitation. L’habilité à monter à cheval et indissociable de l’adresse au maniement des armes, pour qui veut poursuivre une carrière d’officier.

Alors qu’il approche la trentaine, il est temps pour lui de s’établir. De s’allier à une famille aussi honorable que la sienne. Il épouse Marie PILLOIX, vers 1588, et s’installe à la ferme de Besain. 

Marie est la fille ainée de Jean PILLOIX et Jeanne Catherine BRICOUT. Jean s’est remarié à Françoise HUSTIN en 1573 au décès de sa première épouse. Il continuera d’exploiter la cense dont il est le fermier jusqu’à son décès vers l’an 1600.

Pendant ces années, entre 1597 et 1599, Olivier et son frère Jean sont chargés de percevoir le terrage de Besain pour les Sœurs de St Lazare. Le terrage est le droit féodal qui consiste à percevoir une partie des récoltes chez les vassaux, au profit du Seigneur.

Cense bezain

Olivier est également un homme d’arme, un soldat qui travaille à protéger son employeur, l’église et la ville évêché de Cambrai. La milice communale compte plusieurs centaines de soldats chargés de la sécurité et de la répression des troubles engendrés par l’éclosion du protestantisme.

Le jeune homme jouit rapidement d’un immense prestige dans la région, en raison de sa valeur militaire. Olivier se fait rapidement remarquer pour ses qualités de meneur d’hommes. Très vite il devient officier de la milice du Cambrésis. Ces officiers, lèvent des troupes par l’intermédiaire de sergents recruteurs puis se mettent au service d’un roi. Ce sont des professionnels de la guerre, des mercenaires.

Son autorité naturelle, sa prestance, font de lui un homme recherché, à qui l’on confie des fonctions d’homme fort.

 

Il n’est donc pas surprenant de le retrouver élevé à la dignité de Bailli d’Esnes. Cette charge lui a été confiée par le baron Jean de BEAUFREMEZ lorsqu’il a acheté la seigneurerie d’Esnes, quelques temps avant 1615.

Le bailli est le représentant du seigneur ou du roi. Lui sont délégués les pouvoirs d’administration et de justice. (On pourrait comparer le rôle du bailli à celui de préfet actuel) Il est responsable des finances du domaine. Dans le cas présent, ce n’est pas une mince affaire. Le pays est exsangue après les combats et les multiples sièges menés tour à tour par les Français et les Espagnols. Après de si longues périodes de dévastations et de misères, les impôts rentrent difficilement.

Cuirassier 1620Le bailli est également un chef militaire. C’est donc tout naturellement qu’Olivier FARRE et sa troupe, composée de 100 cuirassiers, se met au service de l’Archiduc Albert, représentant du roi qui est le nôtre à l’époque : le roi d’Espagne. Il s’agit de circonscrire les troubles qui agitent les Pays-Bas.

 

Chateau d'Esnes

 

Bailli

Depuis l’an 1581, sept provinces septentrionales, à dominance protestante, ont fait sécession pour échapper au joug du très catholique roi d’Espagne. C’était le début d’une guerre d’indépendance qui durera près de 80 ans et se terminera en 1648 par le traité de Westphalie.

Dans ces circonstances, en 1625, Olivier et ses cavaliers, lourdement équipés d’armures et de lances, partent renforcer les troupes espagnoles du Général Spinola contre Les Provinces-Unies, au siège de Bréda. Notre homme est une force de la nature, il a alors 65 ans. Il faut imaginer ce long périple de 200 kilomètres, qui avance au pas de la logistique et du ravitaillement.

La ville de Bréda, située entre Anvers et Rotterdam, au Nord des Pays-Bas dans la République des Provinces Unies, est assiégée depuis août 1694. Elle résiste au Général Spinola : Les réserves de vivres de la ville encerclées sont plus importantes que prévues. A contrario, la prise de la ville coute cher aux assaillants, Il faut nourrir les 18000 hommes en pays hostile. Il faut veiller à leur assurer une solde suffisante pour limiter les désertions. Spinola a sans cesse besoin de renforts. C’est dans ce contexte qu’intervient Olivier sa « Compagnie des élus du Cambrésis ». Bréda tombe le 5 juin 1625.

Marche sur les pays bas

 

 

Texte pharet 1

Du huictiesme jour du mois de febvrier l'an seize cens vingt cinq, a esté ordonné à honnorable homme Gilles LEBRA recepveur des Etats de compter et délivrer prestement à Olivier PHAREZ capitaine de cent cinquante hommes esieuz à Cambray et ^pays de Cambresys la somme de cincq cens quarante florins dix pattars pour quinze jours de paiment que son Alteze at ordonné estre avanché à ladite Compagnie laquelle rapportant coste et quittance dudit PHARET lui sera passer et alloué en compte.

 

Texte pharet 2

Que sera payé par ledit sieur LEVRA au sieur Philippes SART, seigneur de POTELLES la somme de 80 florins pour rembourser en partie des frais par luy employez a l'achapt d'une nouvelle enseigne au lieu de celle que ledit de POTELLES avoit délivré à la réquisition des sieurs députés au Capitaine Olivier FARET partant de ceste ville avec la compagnie des Esieuz de ce pays de Du pénultième de décembre 1626.

L’année suivante les chanoines de la collégiale Saint Géry font appel à ses services, ils lui confient pour trois ans la fonction de dîmeur : il est chargé de collecter l’impôt de 10 % au profit de l’institution religieuse. (Cet impôt sera abandonné la nuit du 4 août 1789 lors de l’abolition des privilèges).

Pendant toutes ces années le couple aura un certain nombre d’enfants. J’imagine que nous ne les connaissons pas tous. Certains sont très probablement morts en bas âge, puisqu’au début du XVIIe siècle Le taux de mortalité infantile est de l’ordre de 350 ‰. Je m’en tiendrai donc aux éléments qui figurent dans le testament de Marie PILLOIX.  Il est fait état de 3 filles : Jeanne, Françoise et Anthoinette ainsi que trois garçons : Pierre, Anthoine et Claude.

 

Fontaine au pire 59 l eglise sainte croix cpa

 

Après une vie faite de péripéties, l’intrépide Olivier FARRE, 72 ans, s’endort dans la paix du seigneur, le 15 février 1633. Sa notoriété est immense, il reçoit des funérailles de notable :

 Il est inhumé au chœur de l’église paroissiale de Fontaine au Pire, sous une dalle de marbre portant l’épitaphe : ‘ «  Icy gist Noble homme Olivier FARE, Capitaine de cent hommes cuirassiers au service de Sa Majesté Catholique, mort le 15 février 1633, âgé de 73 ans » .

Marie, son épouse, lui survivra encore dix ans, à son décès le 4 décembre 1643, elle sera inhumée auprès de son mari. Elle a, au préalable, pris soin de rédiger ses dernières volontés. On compléta l’épitaphe « A ses cotés étoit inhumée Demoiselle Marie PILLIAUTE sa femme laquelle trépassa l’an 1643 »

De l'église il ne reste aujourd'hui que la tour du clocher.

 

C'est tout pour aujourd'hui en ce qui concerne cet ancêtre qui m'est apparenté par cinq branches à la treizième, quatorzième et quinzième génération.

Je vous parlerai de la descendance de Marie et Olivier dans un prochain billet. Bien entendu vous pouvez m'adresser les compléments d'informations dont vous avez connaissance, notamment en ce qui concerne les diverses dates !

Testament de Marie PILLOIX

Date de dernière mise à jour : Ven 11 mars 2022

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Commentaires

  • Danièle Dufourt
    • 1. Danièle Dufourt Le Dim 20 mars 2022
    un grand merci pour ce document
    • Dominique LENGLET
      • Dominique LENGLETLe Dim 20 mars 2022
      Merci beaucoup
  • DEFRAIN Jacques
    • 2. DEFRAIN Jacques Le Lun 14 mars 2022
    Très intéressant. Très bel article. Bravo!
  • Jean-Luc DUMOULIN
    • 3. Jean-Luc DUMOULIN Le Dim 13 mars 2022
    Très intéressante histoire de cet ancêtre commun, par Jehanne FAREZ épouse de LEMAIRE Blaise. qui m'amène à DRON Anne Geneviève épouse de DELAUNAY Napoléon, et la suite.
  • LENGLET François
    Bravo
    Comment as tu fait pour remonter si loin?
    Quelles sont tes sources
    François
    • Dominique LENGLET
      • Dominique LENGLETLe Sam 12 mars 2022
      Bonjour François, j'explique mes sources dans l'article précédent, "Il était une fois les Farez". Je m'appuie sur le groupe Cambrésis Terre d'Histoire et sur le Groupe Généalogistes Amateurs du Cambrésis (GGAC). J'ai relancé les recherches auprès d'eux, sur certaines incohérences publiées il y a une 20è d'années. De nouvelles précisions devraient être publiées cet été
  • VERONIQUE ESPECHE
    Superbe article
    J'ai été obligée de faire un petit saut sur Wikipédia
  • Christiane Bruneau
    Bravo, belle recherche !

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