La jeune femme avait épousé Pierre FORRIERE en 1681, un contrat de mariage avait scellé leur union. Le couple vivait plutôt confortablement, laboureurs, ils n’étaient pas les plus mal lotis du monde paysan. Pierre avait lui aussi eu l’honneur d’endosser la fonction d’Echevin entre 1697 et 1699.
Mais voilà Pierre est mort et les malheurs s’accumulent. Les créanciers, tels des vautours, se déchaînent. La veuve encore jeune se retrouve seule avec cinq enfants mineurs. En Novembre dernier elle a dû, sous la tutelle de son beau-frère Antoine FORRIERE, consentir à vendre une parcelle de terre pour faire face :
« Vente de MARIE SEGARD à Jean Hutin le 18/11/1701 Remontre en toute humilité Marie SEGARD veuve de feu Pierre FORRIERE habitante de Cattenières, ont, qu'étant pressée par ses créditeurs de satisfaire aux dettes par elle et son feu mari contractées et pour éviter des gros intérêts dont elle est menacée par ses créditeurs en défaut de paiement n'ayant pas cependant de plus présent moyen pour y satisfaire qu'en disposant de quelques terres délaissées par son feu mari, et ne le pouvant sans permission. Fut à Philippe âgé de 20ans ou environ, Mathieu âgé de 17ans ou environ, Marie Jeanne âgée de 14 ans , Grégoire de 12 ans, Anne Jeanne âgée de 10 ans ou environ, enfants mineurs d'ans de feu PIERRE et d'encore vivante Marie SEGARD demeurant à Cattenières, créé et établi tuteur pour cette fois seulement de la personne d' Antoine FORRIERE demeurant audit Cattenières leur oncle paternel... »
Marie craint pour son avenir et celui de ses enfants. Cela suffirait-il à éponger la dette ? De quoi seraient faits les lendemains ?
Sur ces mots elle me tourne le dos et pénètre dans l’église….