Solange Alphonsine Lienard naît le 28 mai 1914 à Leval, près de Maubeuge, dans ce coin verdoyant de l’Avesnois, juste avant que le fracas du monde ne vienne troubler les campagnes.
Fille d’Alphonse Lucien Lienard et d’Angèle Marie Meurant, elle grandit avec ses sœurs dans une famille modeste. Très jeunes, les filles sont placées comme employées de maison dans des familles bourgeoises. Solange, quant à elle, est sans doute envoyée à Montigny-en-Cambrésis — bien loin de son pays natal. C’est là qu’elle rencontre Raymond Tamboise, fils de François et de Sylvia Rousseau, boucher de profession.
Elle a tout juste vingt ans lorsqu’elle l’épouse, le 8 janvier 1934 à Montigny. Un court détour par le Cambrésis avant de regagner l’Avesnois, où le jeune couple s’installe pour bâtir son foyer.
Mais le destin ne leur laissera guère de répit. En 1951, Raymond meurt prématurément, laissant Solange veuve avec cinq jeunes enfants. Le fond de commerce sera vendu. Courageuse et discrète, elle élèvera seule, sans tapage, son fils unique Jacques ainsi que ses quatre filles, Yvonne, Sylviane, Virginie et Françoise.
C’est en 2004, à 90 ans, que Solange ferme les yeux après avoir traversé ce vingtième siècle et ses bouleversements.
Pourquoi m’être arrêtée sur elle ? Prosaïquement parce qu’elle était la seule « Solange » de mon arbre à célébrer un 10 mai. Et aussi parce que je m’interrogeais sur un possible lien avec les Liénard de Bertry… mais non, rien que le hasard. Un nom commun, des vies différentes.
J'en profite pour rectifier une coquille dans la généalogie de Montigny-en-Cambrésis, publiée par l'abbé Abel DUTHOIT. En page 256, le cinquième enfent de la fratrie est bien Françoise, une fille, et non François.