Marecaille

Certaines branches de notre arbre, discrètes, presque invisibles, le petit-bois, cachent des vies qui ont tissé, sans bruit, le fil de notre histoire familiale.
Ce dossier est dédié à ces "rameaux cachés", ces ancêtres moins connus, dont les traces s’estompent au fil des siècles, parfois effacées par la rareté des archives, d’autres fois par le silence de l’histoire.
Origine du nom
Marecail, Marecaille, Marcail, Marécalle, Marescaille…
Le nom hésite, glisse, se déforme selon les accents et la patience des scribes. Il appartient à cette famille de patronymes bien implantés dans le Nord et en Belgique, issus du vieux fonds picard ou wallon. À l’origine, il renvoie au maréchal, plus précisément au maréchal-ferrant, celui qui soigne les sabots et forge le fer — un métier attesté dès le XIᵉ siècle.
Dans mon arbre

Dans mon arbre, le nom Marecail(le) n’apparaît qu’une seule fois parmi mes ancêtres. Une unique porteuse : Marie Françoise Marecaille, Sosa 1013, née avant 1699 et décédée après 1744. Elle fut l’une des deux épouses de Médard Farestz (Farez), originaire de Clary.
De cette union naît mon aïeul Pierre “Charles” Farez, maître tisserand, qui s’installera à Caullery.
Puis le nom disparaît. Pas de sœurs connues, pas de frères identifiés, pas de rameaux secondaires. Un patronyme qui traverse mon arbre comme une comète discrète : une apparition brève, mais essentielle.
Elle est donc la fille de mon "Sosa 2026", celui que le défi de ce début d’année m’invite à rencontrer — et dont je ne sais rien. Aucun prénom assuré, aucune profession, aucun acte pour lui donner chair. Et pourtant, il est là. Presque palpable. Il n'existe qu'à travers elle.
Où vivaient ils
Question à la fois frustrante et stimulante !
Je ne sais pas où Marie Françoise Marecail(le) est née. Aucune trace de ce patronyme à Clary ni dans les environs immédiats avant le XIXᵉ siècle.
Une piste existe toutefois du côté de Saint-Aubert, à une petite vingtaine de kilomètres. Ce n’est pas proche au sens moderne du terme, mais ce n’est pas non plus un exil. À pied, à charrette, par nécessité ou par alliance, la distance restait franchissable.
Hypothèse fragile, donc — mais en généalogie, les hypothèses sont parfois les seuls cailloux blancs laissés sur le chemin... un jour peut-etre...
Dans quel monde vivaient ils
Marie Françoise Marecail(le) appartient à ce monde où les femmes sont présentes partout et visibles nulle part. Elles enfantent, travaillent, tiennent les maisons, transmettent les lignées… mais ne laissent derrière elles que des mentions furtives : épouse de, mère de.
si les actes nous permettent de situer Médard Farez — qui signe Médar Faret, preuve qu’il sait écrire, et donc exister aux yeux de l’administration — ils ne disent presque rien d’elle. Son invisibilité n’est pas une exception ; elle est la norme de son temps. Des générations entières de femmes dont nous ne savons presque rien — sinon qu’elles ont existé, aimé, transmis, et permis que nous soyons là.

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Date de dernière mise à jour : Lun 05 jan 2026
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