Aujourd’hui, j’ai choisi de braquer mon projecteur sur Sabine Hibou, une enfant de Bertry, née en 1850. Fille aînée de Théophile Hibou, tisseur originaire de Reumont, et de la bertrésienne Anne Euphrasie Haimel, Sabine grandit dans un foyer modeste où le fil du coton se mêlait à un trame de misère.
Son enfance fut marquée par la mort. Entre 1852 et 1857, quatre petits êtres éphémères — Zoé, Clémence, Angélique et Théophile — vinrent au monde, pour repartir presque aussitôt, laissant autour de Sabine un vide que son jeune cœur ne pouvait certainement pas comprendre.. En 1858, une nouvelle Clémence vit le jour. Pour Sabine, qui avait alors huit ans, ce fut comme un rayon de lumière après tant d’ombres. Elle tenait enfin une petite sœur qui partagerait ses rires, ses jeux et, plus tard, son chemin de vie.
À 21 ans, Sabine épouse Henri Lamouret. Quelques années plus tard, la soif d’une vie meilleure pousse Sabine et Henri à quitter leur village natal. Avec Clémence et son époux, les deux couples prennent la route de Paris, comme tant d’autres à cette époque, espérant trouver dans la capitale de nouvelles promesses, peut-être un avenir plus doux.
Aujourd’hui, j’ai retrouvé la trace de son dernier jour : Sabine s’est éteinte le 8 janvier 1914 à Puteaux. Le couple avait au moins deux enfants, Jean-Baptiste et Henri Lamouret, les deux fils qui ont déclaré son décès… mais ceci est une autre histoire. Pour l’heure, je referme seulement le chapitre consacré à la rubrique #GeneaSaint de Sabine.
Plus d’un siècle a passé, cette évocation nous permet de la revoir un instant, fillette bertrésienne au sourire discret, que la vie a menée jusqu’à la Capitale, avant qu’elle ne retrouve doucement sa place dans la mémoire du village.