A la recherche du temps perdu....

L'amour en mots,14 février.

 

Amours 001Impossible de passer outre, la Saint Valentin doit aussi inspirer le généalogiste.

Généatech,, dans son défi d'écriture mensuel :  #lemoisGeneatech  nous propose quelques pistes à explorer : "Parlez nous des histoires d’amour, des mariages réussis ou malheureux de votre généalogie, des mariages arrangés, des divorces et des histoires d’amour qui finissent mal …."

 Après plusieurs tentatives de statistiques infructueuses, je n'ai pas trouvé, dans les 11182 individus que comporte mon arbre actuellement, matière à un billet. J'ai bien trois personnages masculins qui se sont mariés quatre fois, la vie des femmes ne tenait souvent qu'à un fil, un cordon (ombilical).

Pas de couples mariés  très jeunes, ni très vieux, sur lesquels j'aurais pu broder. Et, bien évidemment, Pas de noces de Chêne sur lesquelles m'extasier. A ce sujet, En 1783, dans un ouvrage intitulé "Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde", on trouve mention de la coutume des noces d'argent (25 ans) et  des noces d'or (50 ans) -témoignage d'une bonne dose d'optimisme compte tenu de l'espérance de vie moyenne.-

"des histoires d’amour qui finissent mal …." Effectivement j'en ai une à vous raconter, mais voilà : je l'ai écrite et programmée pour le #RDV Ancestral de ce mois, elle sortira donc la semaine prochaine, le samedi 20 février, je ne voulais pas casser l'ambiance et fair pleurer dans les chaumières.

En l'absence d'amoureux à vous présenter, je vais évoquer les mots de l'amour.

En général, avant le XVIIIè siècle, nos ancêtres parlent peu, ils s'expriment plus par le langage du corps que par de longs discours, Ni bavards ni baratineurs ils expriment souvent leur intérêt pour une fille en la taquinant, la chahutant.

Dans le sud l'amoureux  va lui lancer des petits cailloux à la belle (Qui lance de petites pierres fait l'amour. Proverbe béarnais ).  Plus au nord il va la bousculer et tenter de lui dérober, un ruban, un mouchoir. Aucune inquétude, la fille reçois ces messages "cinq sur cinq" et y répond sur le même registre.

L'amour courtois, le lyrisme romantique, sont plus affaire de littérature que réalité dans le monde de nos ancêtres paysans ou tisserands. Les expressions de la vie amoureuse sont très imagées.

Ainsi la jeune fille peut dans un premier temps "laisser le chat aller au fromage", elle aura "vu le loup", ie couple fera "la bête à deux dos"  (expression qui daterait du XVè siècle dans le langage courtois)

 Si elle tombe enceinte, le curé lui reprochera d'avoir "fêté Paques avant les Rameaux"

Si elle a connu plus d'un gars, elle est un peu légère, elle a "jeté son bonnet par dessus les moulins" ou pire , elle a "roti le balai" (allusion aux sorcières qui, chevauchant leur balai pour se rendre au sabbat, lieu propice à toutes les débauches, se rapprochent des flammes de l'enfer). En picardie on dirait aussi qu'elle "fait voler son dragon"

Pourvu que le gars ne soit pas un "talon rouge" (libertin) ou un "dénicheur de fauvette" (coureur de jupons) mais au contraire, un homme qui «s’enivre de sa bouteille», expression courante au XVIIe et XVIIIe siècles, qui désigne un «mari ardent et fidèle». Ce gentleman ne ménage point ses caresses conjugales, "bouchant volontiers la bouteille"  sans omettre les "bagatelles de la porte" (préliminaires).

Bonne fête de Saint Valentin à toutes et à tous, et, pour terminer un petite pensée pour Proust, dont le héros Swann sait si bien "arranger les Catleyas"

Jpg orchidee230 2

 

 

 

 
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