A la recherche du temps perdu....

Histoire locale

 

Quelques billets, au gré de mes découvertes dans les archives, indépendamment de mon arbre

  • Loin des yeux, loin du coeur

    Loin des yeux loin du coeur

    L'amoureux égaré :

     

    Eugène HERLEM voit le jour le lundi 8 octobre 1883 à Clary (59), il est le fils d'Eugène et de Prospérine CORBISEZ. Il exerce comme beaucoup le double métier de tisseur et d'ouvrier agricole occasionnel.

    Eugène est un petit blond (1m62) aux yeux bleux sans caractéristique particulière.

     

    De 1905 à 1907, il effectue son service militaire, il en sortira avec un certificat de bonne conduite et passera dans la réserve. Il sera nommé sergeant en 1910 suite à des périodes militaires effectuées régulièrement.

     

    Eugène épouse à Bertry le 31 juillet 1907, Léonie LAMOURET (1887/1977), épeutisseuse, fille de Modeste Lamouret et Elise COET

     

    De cette union vont naître 4 enfants : Eugène 1908, Lucien 1910, Marcel 1912 et enfin Georgette 1913.

    La guerre éclate,  Eugène ne sera pas blessé, il sera juste évacué du front pour maladie entre le 7 juin et le 21 juin 1916. Cependant, son épouse ne reçoit aucune nouvelle de lui pendant la durée du conflit.

    En 1917 il est posté à au dépot du 147è RI à Saint-Nazaire (Loire Inférieure) en tant que sous-officier instructeur.

    C'est là qu'il "perd la tête" pour une jeune demoiselle Marie Grandin , 22 ans, qu'il épouse le 16 octobre de la même année. Eugène Herlem s'est fait établir de faux papiers au nom de Eugène WATREMEZ, célibataire.

    La Guerre terminée, et les communications rétablies, l'épouse délaissée qui vit à Bertry dans le plus grand dénuement, se met en recherche de l'époux volage, dont on finit par retrouver la trace. Léonie dépose plainte et son époux est arrêté le 17 décembre 1919, arrêté pour bigamie et faux en matière d'état civil.

    Il sera jugé et condamné à 3 ans de prison et 100 Francs d'amende. Cependant il sera amnistié en 1921.

    Le divorce du couple sera prononcé le 23 avril 1932.

    Eugène décèdera le 27 novembre 1961 à Pontchâteau (44)

    Eugene herlem watremez

     

     

     

     

  • François le Polonais

    Francois wizniewswki

    François WIZNIEWSKI est né à Gnojnik au sud de la Pologne près de Brzesko en 1904.

    Gnojnik eglise pologne

    Il fait partie de la diaspora polonaise du début du XXè siècle. Dans les années 20, ce sont environs 700 000 polonais qui arrivent en France, paysans, ouvriers, recrutés par la "mission française pour le recrutement de la main d'oeuvre. Le bassin minier du Nord Pas de Calais représente la principale destination de ces immigrés.

    François se marie à Jeanne  OLZICK, leur fille Marie-Jeanne a épousé Jean LEFORT de Montigny en Cambrésis. François quittera ce monde en 2004, à 100 ans.

    J'ai bien connu François, je me souviens de  sa célèbre choucroute qu'il venait préparer dans le laboratoire de charcuterie de mes parents et qu'il entreposait dans un grand tonneau.

    Les terribles évènements récents, la décapitation de Samuel Paty, et l'attentat terroriste de la basilique de Nice ont inspiré cette lettre à Sylvère Lefort,enseignant, petit fils de François WIZNIEWSKI et de Maurice LEFORT 

    Francois wizniewski 001

     

    le document étant peu lisible en l'état en voici la transciption :

    Lettre ouverte et posthume à François le Polonais.

    Mon cher grand-père, tu as quitté ce bas monde en 2004, quelques mois après ton 100ème anniversaire.

    Arrivé de Pologne, donc émigré et immigré, tu es venu dans les années 1920, fuyant la misère, ayant enterré toi-même ta sœur de 8 ans morte de la grippe espagnole, trouvant en France un espoir de vie, de travail, d'avenir.

    Et ainsi, tu es venu, as travaillé, tellement heureux d'être admis dans une nation qui t'accueillait et que tu as épousée en te naturalisant Français puisque tu l'étais désormais.

    Puis, la barbarie du nazisme, la guerre, donc maintenant Français, tu es parti te battre, normal pour toi, puisque intégré à part entière.

    Puis, prisonnier 5 ans dans les stalags, etc..... Resté en vie par chance et courage.

    Retour enfin à ton activité d'ouvrier agricole.......paix revenue.

    Cependant, dans ton village, qui est aussi le mien, tu fus jusqu'à sa fin, le porte-drapeau des anciens combattants, fier et reconnaissant de la nation qui t'avait accueilli.

    Alors donc, quelle leçon ?

    Je me garderai bien de donner à quiconque des leçons, n'étant pas moi-même exemplaire.

    Je me demande simplement ce que toi, François le Polonais penserais de cette période trouble et anxiogène, à tant d'égards.

     

    François le Polonais tu t’es intégré à la France, tu as été intégré immédiatement par la France, puisque telle était ta volonté, tel était ton état d’esprit. Tu as bénéficié de ses droits, tout en t'acquittant de ses devoirs...je vous laisse imaginer quels furent les devoirs en 1940...

    Bon, je n'ai pas la prétention de refaire l’histoire...juste un dernier souvenir d'enfance. Hormis les clichés de famille chez mes grands-parents, il y avait Jean Paul 2 (ben oui, Polonais) et aussi le Général de Gaulle.

    Bon courage et bien à vous tous.

    Sylvère Lefort

    29 octobre 2020

     

  • Henri Lenglet le Mandrin bertrésien

    Mercredi 27 juin 1906, le 2è classe Henri LENGLET n' a pas réintégré son casernement au 69è RI à Nancy. Il faut se rendre à l'évidence, Henri LENGLET  a pris la poudre d'escampette, en langage militaire, il a déserté.

    Henri a obtenu une permission pour le mariage de sa sœur Joséphine dite "Marie", elle a épousé Jean-Jacques Poulain, le 9 juin à Bertry (Nord).

    Henri et Josephine sont orphelins de mère, leur maman Joséphine LEFEBVRE est morte à l'age de 26 ans. Elle est décédée à Puteaux où résidait le couple. Tisseurs à l'origine, ils avaient quitté le village pour tenter une vie meilleure dans les Hauts de Seine, Henri père s'était reconverti, il  était devenu cocher et s'était remarié.

    Les enfants ont été élevés à Bertry, rue du Moulin, chez leurs grands-parents maternel Louis LEFEBVRE x Rosalie LOUVET

    Josephine marie lenglet 1906

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mais où est donc passé Henri ? 

    Dans la plaine les pandores mènent l'enquête Les pandores , mais personne ne sait rien, personne n'a rien vu.

    Les pandores :

    le bicorne et les bottes noires attributs de virilité  indispensables aux gendarmes de l'époque, « ces anciens guerroyeurs de la vieille France, souples et membrus, à l’air martial, qui faisaient résonner le terrain comme s’ils portaient la tempête » (Georges d'Esparbes)

     "La moustache, c’est l’objet de coquetterie du soldat, il la montre avec orgueil, il la caresse avec complaisance, il ne la coupe qu’avec douleur" extrait du journal de la gendarmerie.

     

    Le képi d'Henri est  retrouvé en juin, dans un champ sur Busigny.

    C'est en Août, lors de la moisson, que seront retrouvés épars, la tunique, et le pantalon garance dans ce même champ1900 soldat francais 

    Comment est-ce possible que des pièces aussi voyantes aient pu échapper à l'oeil exercé de nos gendarmes ?

    Lenglet henri deserteur

     

     

    Et surtout, pourquoi notre oiseau a-t-il dispersé ainsi, tel un petit poucet, les éléments de son costume ? Il eut été si simple de les enterrer au pied d'un arbre dans le bois de Gattigny. Si l'on avait voulu semer des indices on ne s'y serait pas pris autrement.

    "Mazette ! les pandore se sont bien fait farcer", pas de nouvelles de notre oiseau pendant deux ans.

    Et puis,coup de tonnerre  le 10 juin 1908, Henri se présente à son régiment  pour se constituer prisonnier. Il justifie sa disparition par le fait qu'il aurait travaillé afin d'aider sa maîtresse à élever leur enfant (dont on n'a pas trace)...C'est le conseil de guerre qui l'attend.

     

    Il a le temps de "gamberger" dans les géôles de l'armée, et visiblement la gamberge ne lui réussit pas : il profite de l'inattention du caporal de garde pour fausser compagnie au personnel disciplinaire le 23 juillet 1908.

    Le voilà déserteur et fugitif.

    Ce n'est que 3 longues années plus tard, le 4 avril 1911, qu'Henri Lenglet se fait arrêter dans le Nord, son département, par les gendarmes.

    Pendant toutes ces années, Henri s'est livré à la contrebande avec la Belgique.

    En effet, à une époque où les frontières étaient encore une réalité, de nombreux frontaliers français et belges pratiquaient le libre-échange... à leur manière, au nez et à la barbe des "gabelous"  qui, munis d’un sac de couchage en peau de mouton et d’un lit pliant, se tenaient la nuit en embuscade dans les champs à l’affût des contrebandiers.

    Contrebande de tabac et, plus curieusement à nos yeux, contrebande d'allumettes.

    Au cours de sa longue et aventureuse histoire, la contrebande ne se pratiqua pas uniquement sur des marchandises de très grande valeur, mais également sur tous les produits frappés d'un impôt indirect. C'est ainsi que les allumettes, si indispensables à la vie quotidienne, n'avaient pas manqué d'attirer l'attention d'un ministre des Finances qui en octroya le monopole de fabrication et de vente à l'Etat, par une loi en date du 2 août 1872. Les taxes sur les allumettes ne firent qu'augmenter jusqu'à leur suppression en 1914.

    La "douane volante"  au début du siècle dernier.

    Douane volante

     

     

     

           Henri lenglet deserteur

     

     

     

    Henri sera condamné à une peine relativement légère: 6 mois de prison.

    Je perds sa trace pendant le conflit 14/18, pour le retrouver en 1920, il se marie à Frasnoy, le 21 janvier 1920, avec la jeune Louise LEBRUN, dont il aura deux enfants .

    Henri LENGLET meurt à Frasnoy le 26 février 1961.

     

    Merci à mon compère André Douay, qui m'aide régulièrement dans la recherche de documentation.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Angèle Delamare

    D'après une série d'articles de presse découverts sur Retronews 

    Justice

    Chronique de la misère quotidienne.

    La victime :

    Angèle Delemare etait une petite fille  agée de 7 ans en 1884. Nous ne connaissons pas son lieu de naissance. Elle habitait Clary, avec sa maman Florine Marie Delamare, dont nous ignorons tout également. 

    Trouvés sur le le site de Clary en Cambrésis :

    Inhumation le 10/02/1884 de Delamare Céline 4 ans.

    Baptême 14/12/1884 Baptême de Demonchy Céline Augustine, fille de Demonchy Marie Célina. Marraine Delamare Marie

    Inhumation le 25/11/1884 de Delamare Angèle 7 ans.

    Baptême le 23/09/1888 de Pierre Delamare fils de Florine Marie Delamare

    Baptême le 26/01/1890 de Jules Demonchy fils illégitime de Celina Demonchy veuve Delamare.

    Angèle quittait chaque jour le domicile familial pour aller mendier dans les villages environnants. Elle rentrait le soir en rapportant à sa mère les aumônes qu'elle avait reçues, mais depuis le 17 novembre elle n'était pas rentrée.

    Faits divers : Assassinat d'une petite mendiante.

    Cette terrible histoire aura un écho important et sera reprise par plusieurs journaux de la presse nationale, j'en fais ici une compilation.

    "Dans la journée du 23 novembre 1884, un garde-chasse, Monsieur Lamouret, trouvait dans le "bois des Dix" ( bois situé sur la route de Clary-Bertry, appartenant au territoire de Montigny), le cadavre d'une petite fille affreusement mutilé : La victime était couchée sur le dos. La tête etait presque détachée du tronc et n'y etait plus retenue que par la colonne vertebrale. La peau de sa joue droite semblait avoir été rongée par les animaux du bois. Elle tenait dans sa main droite crispée deux pièces de 10 et 5 centimes. à un mètre d'elle se trouvait sa besace, vide et trouée".

    Cette petite mendiante, nommée Angèle Delemare, agée de 7 ans, n'était pas rentrée chez elle depuis le 17 novembre.

    Ce jour là on l'avait vu en compagnie d'un nommé Auguste Courtin, dans le village de Bertry, se dirigeant du côté du bois des Dix. Depuis elle n'avait pas reparu.

    Courtin, arrêté quelques jours plus tard, à Walincourt, nia être l'auteur de l'assassinat. 

     

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