A la recherche du temps perdu....

Histoire locale

 

Quelques billets, au gré de mes découvertes dans les archives, indépendamment de mon arbre

  • A Clary Medaille d'or Famille Française

    Native

    "Ô mères françaises, faites donc des enfants, pour que la France garde son rang, sa force et sa prospérité, car il est nécessaire au salut du monde que la France vive, elle d’où est partie l’émancipation humaine, elle d’où partiront toute vérité et toute justice !" - Emile Zola -

     

    26 Mai 1920 :

     

    Sous la présidence de Paul Deschanel, est créée la "Médaille d'honneur de la famille française".

    «C'est une distinction honorifique décernée aux personnes qui élèvent ou qui ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leurs mérites, et de leur témoigner la reconnaissance de la nation ». Elle compte trois échelons d' attribution : pour quatre ou cinq enfants : médaille de bronze, pour six ou sept enfants : médaille d'argent et pour huit enfants et plus: médaille d'or.

     

    Février 1926 :

     

      Annonce lempereurLe Grand Echo du Nord de la France communique à ses lecteurs la liste des récipiendaires départementaux 

     C'est dans la catégorie "médaille d'or" qu'est mise à l'honneur une famille de Clary

    Jean-Baptiste LEMPEREUR et Julia RICHARDGrands parents lempereur 0

     

    Le couple s'est uni devant Dieu et les Hommes le 7 octobre 1893 à Clary. Quelques moi plus tard, naît une petite fille, Germaine, qui ne survivra pas. Suivront onze autres naissances jusqu'en 1915. Un seul des suivants trépassera, Fernand. C'est donc dix enfants que Jean-Baptiste et Julia élèveront.

    Enfin, surtout Julia, puisque Jean-Baptiste rend l'âme le 13 mai 1917 à 51 ans, sa petite dernière, Denise, a tout juste deux ans, six enfants ont moins de quinze ans.

    Information de son petit-fils :Jean-Baptiste Lempereur n'était pas parti au front en raison de sa nombreuse famille mais avait été réquisitionné par l'occupant pour travailler dans un dépot. il est décédé suite à un coup de froid.

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    La photo daterait de 1916 environ, en bas de gauche à droite : Suzanne, Maurice (bébé), Fernand, Julia et Mathilde. en haut Jean-Baptiste, l'aîné des garçons, et les parents.

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    Descendance lempereur

    Vous pouvez retrouver un embryon d'étude patronymique LEMPEREUR, sur la page Clary : ICI

    Merci à Paul LEMPEREUR pour les illustrations photographiques.

     

     

     

  • Ducrot Louis, accidenté

    Un délit de fuite à Bertry, village berceau de ma famille (Cambrésis - Nord)

    En cette soirée du  jeudi 26 avril 1889,  il n'est pas loin de 22 heures,  il fait bien sombre dans la Ruelle à Baudets (aujourd'hui rue Jean de la Fontaine). Point de trottoir, ni d'éclairage public. La rue, comme son nom l'indique, n'est pas très fréquentée. C'est un raccourci pour passer de la rue du Cateau à la rue de Cambrai.Plan bertry

     Au numéro 7 vit un couple de tisseurs, Louis Jh DUCROT et son épouse Louise Séraphine FRUIT.   Louis s'est absenté du domicile pour rendre visite à un voisin.

    C'est au retour que le drame se produit : il "rencontre une voiture" qui lui roule sur le corps. Ces circonstances sont pour le moins extraordinaires. Il ne s'agit très vraisemblablement pas d'une voiture automobile, en 1889, nous en sommes encore aux balbutiements de l'industrie et l'hypothèse qu'un "carrosse motorisé" circule dans une petite ruelle de notre village est plus qu'improbable. Nous avons donc affaire à un attelage hyppomobile.

    Le conducteur de l'équipage a-t-il pu poursuivre son chemin sans ressentir le choc violent ?  La victime a-t-elle pu ne pas l'entendre arriver ?

    Il m'est venu à l'esprit une hypothèse, Louis DUCROT n'aurait pas été totalement en possession de ses moyens, voire aurait eu un malaise le laissant étendu sur la chaussée au passage de la carriole.

    Le Médecin du village, dépêché d'urgence auprès du blessé, ne manque pas de faire part de son pessimisme quant à la gravité de ses blessures.  Le pronostic vital est engagé en raison de nombreuses blessures internes. Son diagnostic était juste. Louis DUCROT, 48 ans, succombe le lendemain à une heure de l'après-midi. Ses deux beaux-frères , Rémy LEFEBVRE et Louis FRUIT, s'aquitteront de la douloureuse déclaration en mairie.

    Il laisse une veuve de 48 ans et trois enfants:

    Louise (1868-1939) qui épousera Célestin MERESSE en 1892.

    Catherine (1871-1946) qui épousera Jacques André HERBET en 1893.

    Louis (1880-1937) qui épousera Hélène MERESSE en 1909.

    A ce jour, je ne suis pas parvenue à savoir si l'auteur de l'accident a été identifié et interpellé. La réponse est peut-être enfouie dans un dossier judiciaire des archives départementales. Ci-dessous les ramifications familiales. On retrouve les patronymes les plus fréquents de mon arbre : FRUIT et TAINE, mais aussi BASQUIN et HENNINO

    Arbre ducrot x fruit inpixio

    Ducrot ecrase voiture

     

     

  • Loin des yeux, loin du coeur

    Loin des yeux loin du coeur

    L'amoureux égaré :

     

    Eugène HERLEM voit le jour le lundi 8 octobre 1883 à Clary (59), il est le fils d'Eugène et de Prospérine CORBISEZ. Il exerce comme beaucoup le double métier de tisseur et d'ouvrier agricole occasionnel.

    Eugène est un petit blond (1m62) aux yeux bleux sans caractéristique particulière.

     

    De 1905 à 1907, il effectue son service militaire, il en sortira avec un certificat de bonne conduite et passera dans la réserve. Il sera nommé sergeant en 1910 suite à des périodes militaires effectuées régulièrement.

     

    Eugène épouse à Bertry le 31 juillet 1907, Léonie LAMOURET (1887/1977), épeutisseuse, fille de Modeste Lamouret et Elise COET

     

    De cette union vont naître 4 enfants : Eugène 1908, Lucien 1910, Marcel 1912 et enfin Georgette 1913.

    La guerre éclate,  Eugène ne sera pas blessé, il sera juste évacué du front pour maladie entre le 7 juin et le 21 juin 1916. Cependant, son épouse ne reçoit aucune nouvelle de lui pendant la durée du conflit.

    En 1917 il est posté à au dépot du 147è RI à Saint-Nazaire (Loire Inférieure) en tant que sous-officier instructeur.

    C'est là qu'il "perd la tête" pour une jeune demoiselle Marie Grandin , 22 ans, qu'il épouse le 16 octobre de la même année. Eugène Herlem s'est fait établir de faux papiers au nom de Eugène WATREMEZ, célibataire.

    La Guerre terminée, et les communications rétablies, l'épouse délaissée qui vit à Bertry dans le plus grand dénuement, se met en recherche de l'époux volage, dont on finit par retrouver la trace. Léonie dépose plainte et son époux est arrêté le 17 décembre 1919, arrêté pour bigamie et faux en matière d'état civil.

    Il sera jugé et condamné à 3 ans de prison et 100 Francs d'amende. Cependant il sera amnistié en 1921.

    Le divorce du couple sera prononcé le 23 avril 1932.

    Eugène décèdera le 27 novembre 1961 à Pontchâteau (44)

    Eugene herlem watremez

     

     

     

     

  • François le Polonais

    Francois wizniewswki

    François WIZNIEWSKI est né à Gnojnik au sud de la Pologne près de Brzesko en 1904.

    Gnojnik eglise pologne

    Il fait partie de la diaspora polonaise du début du XXè siècle. Dans les années 20, ce sont environs 700 000 polonais qui arrivent en France, paysans, ouvriers, recrutés par la "mission française pour le recrutement de la main d'oeuvre. Le bassin minier du Nord Pas de Calais représente la principale destination de ces immigrés.

    François se marie à Jeanne  OLZICK, leur fille Marie-Jeanne a épousé Jean LEFORT de Montigny en Cambrésis. François quittera ce monde en 2004, à 100 ans.

    J'ai bien connu François, je me souviens de  sa célèbre choucroute qu'il venait préparer dans le laboratoire de charcuterie de mes parents et qu'il entreposait dans un grand tonneau.

    Les terribles évènements récents, la décapitation de Samuel Paty, et l'attentat terroriste de la basilique de Nice ont inspiré cette lettre à Sylvère Lefort,enseignant, petit fils de François WIZNIEWSKI et de Maurice LEFORT 

    Francois wizniewski 001

     

    le document étant peu lisible en l'état en voici la transciption :

    Lettre ouverte et posthume à François le Polonais.

    Mon cher grand-père, tu as quitté ce bas monde en 2004, quelques mois après ton 100ème anniversaire.

    Arrivé de Pologne, donc émigré et immigré, tu es venu dans les années 1920, fuyant la misère, ayant enterré toi-même ta sœur de 8 ans morte de la grippe espagnole, trouvant en France un espoir de vie, de travail, d'avenir.

    Et ainsi, tu es venu, as travaillé, tellement heureux d'être admis dans une nation qui t'accueillait et que tu as épousée en te naturalisant Français puisque tu l'étais désormais.

    Puis, la barbarie du nazisme, la guerre, donc maintenant Français, tu es parti te battre, normal pour toi, puisque intégré à part entière.

    Puis, prisonnier 5 ans dans les stalags, etc..... Resté en vie par chance et courage.

    Retour enfin à ton activité d'ouvrier agricole.......paix revenue.

    Cependant, dans ton village, qui est aussi le mien, tu fus jusqu'à sa fin, le porte-drapeau des anciens combattants, fier et reconnaissant de la nation qui t'avait accueilli.

    Alors donc, quelle leçon ?

    Je me garderai bien de donner à quiconque des leçons, n'étant pas moi-même exemplaire.

    Je me demande simplement ce que toi, François le Polonais penserais de cette période trouble et anxiogène, à tant d'égards.

     

    François le Polonais tu t’es intégré à la France, tu as été intégré immédiatement par la France, puisque telle était ta volonté, tel était ton état d’esprit. Tu as bénéficié de ses droits, tout en t'acquittant de ses devoirs...je vous laisse imaginer quels furent les devoirs en 1940...

    Bon, je n'ai pas la prétention de refaire l’histoire...juste un dernier souvenir d'enfance. Hormis les clichés de famille chez mes grands-parents, il y avait Jean Paul 2 (ben oui, Polonais) et aussi le Général de Gaulle.

    Bon courage et bien à vous tous.

    Sylvère Lefort

    29 octobre 2020

     

  • Angèle Delamare

    D'après une série d'articles de presse découverts sur Retronews 

    Justice

    Chronique de la misère quotidienne.

    La victime :

    Angèle Delemare etait une petite fille  agée de 7 ans en 1884. Nous ne connaissons pas son lieu de naissance. Elle habitait Clary, avec sa maman Florine Marie Delamare, dont nous ignorons tout également. 

    Trouvés sur le le site de Clary en Cambrésis :

    Inhumation le 10/02/1884 de Delamare Céline 4 ans.

    Baptême 14/12/1884 Baptême de Demonchy Céline Augustine, fille de Demonchy Marie Célina. Marraine Delamare Marie

    Inhumation le 25/11/1884 de Delamare Angèle 7 ans.

    Baptême le 23/09/1888 de Pierre Delamare fils de Florine Marie Delamare

    Baptême le 26/01/1890 de Jules Demonchy fils illégitime de Celina Demonchy veuve Delamare.

    Angèle quittait chaque jour le domicile familial pour aller mendier dans les villages environnants. Elle rentrait le soir en rapportant à sa mère les aumônes qu'elle avait reçues, mais depuis le 17 novembre elle n'était pas rentrée.

    Faits divers : Assassinat d'une petite mendiante.

    Cette terrible histoire aura un écho important et sera reprise par plusieurs journaux de la presse nationale, j'en fais ici une compilation.

    "Dans la journée du 23 novembre 1884, un garde-chasse, Monsieur Lamouret, trouvait dans le "bois des Dix" ( bois situé sur la route de Clary-Bertry, appartenant au territoire de Montigny), le cadavre d'une petite fille affreusement mutilé : La victime était couchée sur le dos. La tête etait presque détachée du tronc et n'y etait plus retenue que par la colonne vertebrale. La peau de sa joue droite semblait avoir été rongée par les animaux du bois. Elle tenait dans sa main droite crispée deux pièces de 10 et 5 centimes. à un mètre d'elle se trouvait sa besace, vide et trouée".

    Cette petite mendiante, nommée Angèle Delemare, agée de 7 ans, n'était pas rentrée chez elle depuis le 17 novembre.

    Ce jour là on l'avait vu en compagnie d'un nommé Auguste Courtin, dans le village de Bertry, se dirigeant du côté du bois des Dix. Depuis elle n'avait pas reparu.

    Courtin, arrêté quelques jours plus tard, à Walincourt, nia être l'auteur de l'assassinat. 

     

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