Georges n'a que 19 ans lorsqu'éclate la grande guerre. Il est incorporé au prestigieux 22è Régiment de Dragons.Ce régiment créé en 1630 est considéré comme le plus ancien des régiments de cavalerie.
Pour les férus d'histoire, l'historique ici :Tableau d'honneur 22è RD
Le 22è RD est stationné à Reims. les 27 et 28 juillet 1914, les permissionnaires sont rappelés et les commissions de réquisition fournissent les chevaux nécessaires. Le 30, tout est prêt, les fourgons chargés. II n'y a plus qu'à attendre l'ordre de départ. Le moral est excellent et c'est dans le plus grand calme que les dernières opérations de détail sont exécutées.

D'août à octobre 1914, le régiment sera engagé sur les frontières du Nord, en Belgique, il participera aux Batailles de l'Ourq et de la Marne. Mais surtout il combattra à proximité de son village natal (voir ci-contre)
Le 15 Septembre, le 22ème Dragons traverse PÉRONNE, rend les honneurs au Général BRIDOUX qui, sur la grande place, regarde passer les Escadrons, et se porte au Nord de PÉRONNE dans la région accidentée de Longavesnes. Avant d'arriver à LONGAVESNES, long arrêt sur la route de PÉRONNE à CAMBRAI : coups de fusil à l'avant-garde qui règle le compte d'un détachement du Génie allemand ayant des vues sur les ponts de PÉRONNE. En Octobre le 22è RD se portera sur la région de Lens, Arras, avant de repartir pour la Belgique et participer à la bataille de l'Yser.
Le tout début de la guerre, sur le front occidental, se caractérise par une guerre de mouvement d'août à novembre 1914, même si les premières tranchées apparaissent dès les premières semaines. Pendant cette période, la cavalerie peut théoriquement jouer son rôle : au niveau tactique elle est plus mobile que l'infanterie, au niveau opérationnel elle renseigne le commandement et reste en "flanc-garde", prête à explorer le terrain de long en large pour éviter toute surprise ou à renforcer une attaque par le flanc.
De Novembre 1914 à 1918, il faudra s'adapter à la guerre de tranchées, de nombreux cavaliers rejoignent l'infanterie, cependant le 22è RD continue de se moderniser, tant au niveau outillage qu'au niveau tenue vestimentaire.
"Ici s'arrête pour le 22ème, la première phase de la campagne. Le Régiment en sortait apparemment épuisé, ayant subi des pertes sensibles, avec des effectifs incomplets, des chevaux et des hommes amaigris, des uniformes en lambeaux et disparates, mais il avait développé au plus haut point au cours de ces trois mois et par ses sacrifices mêmes, outre l'expérience et le savoir-faire, les forces morales les plus précieuses"
En décembre est formé l'escadron à pied du 22è RD, l'abandon du cheval sera une constante de ces prochaines années "Vos Escadrons à pied, dans une tâche nouvelle pour eux, ont fait preuve des plus solides qualités. Je compte que dans l'avenir, cette Troupe d'Élite continuera à maintenir le beau renom qu'elle s'est acquis. A tout le 2ème Corps de Cavalerie, je témoigne mon entière satisfaction".
En Août 1915, enfin doté d'un masque à gaz, le régiment entrera en action dans les secteurs de Souchez, Notre Dame de Lorette. C'est à ce moment là que Georges apprendra le décès de son frère dans un hôpital parisien. puis ce sera la Champagne.
Au débu de l'année 1917, Georges et son unité sont retirés des combats du 4 février au 23 avril : ils effectuent un rapide séjour à Paris où ils assurent, suite aux mutineries, le maintien de l’ordre en gare et dans divers dépôts sensibles.
Ensuite, ils se battront en Lorraine avant de revenir dans l'Aisne pour la reconquête du territoire.
Georges traversera toutes ces épreuves sans être blessé. Ici à Paris avec sa marraine de guerre Sophie Goupil lors d'une permission en 1916.
