Dans les années qui suivront, l'état de santé de Philippe s'améliore mais il ne recouvrera jamais la pleine santé mentale. Il est définitivement réformé pour "troubles psychiques légers ayant débuté en captivité, céphalées, perturbation de l'humeur, obnubilation passagère et alcoolisme chronique". Une pension lui est allouée.
Dans l'entre deux guerres, Philippe CIRIEZ sera plusieurs fois interné à l'hôpital Ste Anne de Paris. Puis c'est l'hopital psychiatrique de VILLEJUIF qui l'accueillera à partir du 13 mai 1940. Il y succombera le 22 janvier 1943, officiellement d'une tuberculose pulmonaire. Toutefois "le dossier ne renferme pas d'observation relatant la symptomatologie"...


C'est là que l'on rejoint l'un des grands faits méconnus, non-dits, de la seconde guerre mondiale en France : "l'hécatombe des fous" ou encore "extermination lente" : expression forgée pour dénoncer l'abandon et la mort lente, de faim, de froid et de carence de soins, des malades mentaux dans les hôpitaux psychiatriques français durant l'Occupation..
Ce sont entre 40 000 et 50 000 malades qui périront ainsi dans les "asiles". Philippe CIRIEZ qui pesait 88 kg à son entrée dans l'établissement en mai 40, ne pesait déjà plus que 46 kg en novembre 1942. Il aura été doublement victime, de la première guerre et de la seconde guerre mondiale.
Non, ce ne sont pas des survivants d'Auschwitz mais des rescapés, après la seconde guerre mondiale, de l'hôpital psychiatrique de Clermont-de-l'Oise.
Cette photo figure dans le rapport de la direction de l’hôpital de Clermont-de-l’Oise, en 1945, où il est précisé que l’état squelettique des malades ici représentés n’est pas exceptionnel.
Il faudra attendre le XXIe siècle pour que cette affaire soit enfin évoquée auprès du public.
Si vous êtes interessé par le sujet, je vous renvoie vers ce blog spécialisé en psychiatrie : http://psychiatrie.histoire.free.fr/psyhist/heca.htm
