A la recherche du temps perdu....

Clary

Armoiries clary

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  • Eugène et Marie Antoinette

    "pépère Eugène et Grand-mère Marie",  habitent à l'entrée de Clary , au chemin du bois, plus précisément au 36 bis rue Henri Bourlet. la petite fenêtre sur le "pignon à rue, est la fenêtre de leur chambre. Bien qu'il y ait une porte d'entrée latérale, on entre toujours par l'arrière, à travers la véranda, domaine de grand-mère, surmontée d'une terrasse.

    maison-ancienne-clary.jpg

     Grand-père est effrayant, ses petits enfants le craignent. Il nous paraît bourru et avare de gestes d'affection. Nous ne l'avons jamais connu exerçant une activité professionnelle, En fait il a exercé, avant la retraite,  la profession d'agent d'assurances pour la Caisse Fraternelle, ancêtre du GAN. Il visitait ses clients à domicile , juché sur sa moto, Eugene moto 1937et rangeait ses dossiers dans un bureau américain à rideau que nul n'aurait osé ouvrir. Bureau americain a rideaux original

    L'image qu'il me reste de grand-père c'est celle ci :

      Eugene a clary  La pipe et le bérêt  cachant Une belle crinière toute blanche Aout 1956 pepe eugeneSans oublier la canne dont il nous menace parfois lorsque nous ne sommes pas sages.

    Le matin, grand-père se rase avec un rasoir "coupe choux", qu'il aiguise soigneusement , lentement, sur une lame d'affutage en cuir. Cuir afutage

     

    Cette opération ne manque pas de produire le plus grand effet sur nous, qui sommes habitués au rasoir électrique - le top de la modernité à l'époque- de notre père . Nous ne sommes pas loin de voir là, l'ogre qui découpe les enfants en morceaux .

    L'après midi grand-père fait la sieste sur un petit canapé des années 40, dont lui seul a l'usage, en écoutant Radio Luxembourg sur son poste TSF.Tsf 40 50

    Gare à celui qui, par des jeux bruyants ou des bavardages, perturbe la sieste ou l'écoute des nouvelles. Surtout lorsqu'il s'agit de la chronique politique de Geneviève Tabouis "Les dernières nouvelles de demain"  qu'elle entame invariablement par sa célèbre phrase fétiche « Attendez-vous à savoir… », et conclut d'un : « à dimanche prochain, pour les dernières nouvelles de demain. »

    Grand-père bricole dans sa cave parfois, là encore c'est un lieu effrayant,  plein de mystère, pour les jeunes enfants que nous sommes.

    Ce fut pourtant, parait-il ,un joyeux drille, "un fêtard" dans ses années plus jeunes, parties de cartes, parties de dames et sorties avec les copains. On peut l'imaginer en regardant cette photo avec son copain Maurice Plet. D'autres témoins, m'ont rapporté que grand-père leur avait appris à jouer aux dames ou à la belote.

    Eugene et maurice plet Autre témoin d'un passé qui nous échappe : Il y a, dans la salle à manger, un gramophone et des disques dont je n'ai jamais entendu le moindre son.Gramophone la voix de son maitre originalNous savons également que grand-père possède un harmonica. Il n'en joue jamais. Nous n'en comprenons pas la raison. Nous ne savons pas que c'était l'instrument des tranchées pendant la grande guerre.

    Nous n'avons pas connu ce grand-père là, qui n'était pas "un papy" d'aujourd'hui. Peut-être était-il maladroit avec ses petites-filles, avant ma naissance il n'a eu que des petits-fils : Jean Pierre, Jean-François , Yannick, Alain. Il surnomme affectueusement les garçons "mon cadet". Aucun équivalent pour les filles.

    Grand-mère Marie (personne ne l'appelait Marie Antoinette) est toute douceur et sourire. Grand mere marie 1966 67    

    Son domaine : "sa" veranda, pièce à vivre toute emplie de plantes vertes et fleuries qu'elle adore. C'est là qu'elle nous sert le goûter, fait de bon pain, de beurre, de fromage blanc de la ferme et de confiture maison. Des cassis, des groseilles rouges, blanches, des "groseilles à maquereau" également que nous allons cueillir dans le fond du jardin transformé en verger.

    Le verger c'est notre aire de jeu, ma cousine Martine et moi devons avoir entre 6 et 8 ans, nous sommes en vacances chez grand-mère à Clary, nous pouvons courir et jouer dans cette partie non cultivée, grimper dans les cerisiers. Mais avant il faut contourner la niche du chien !  Les chiens ne sont pas les animaux de compagnie tels qu'on le concevra plus tard , tout au moins pas à la campagne. Le chien c'est le gardien, celui qui aboie lorsque s'approche un étranger. Il est à la niche 24h/24 maintenu par une chaîne, et bien évidemment, le chien ne nous reconnait pas comme personne autorisée. Il est de race indéfinissable probablement, plutôt petit, mais nous-même sommes "hautes comme trois pommes", et craignons la morsure.

    Grand-mère veille sur nous,Marie antoinette soigne les bobos, console les petits chagrins, s'attache à nous occuper, nous amuser, tout en préservant la tranquilité de pépère Eugène.

    Nous dormons à l'étage, dans une petite chambre mansardée qui a été celle de notre oncle Marco. Il l'a quittée peu d'années auparavant, elle est encore décorée par des photos d'acteurs, de chanteurs, punaisées aux murs. la chambrette s'ouvre sur le balcon de la veranda, on peut acceder à cette terrasse en passant par la fenêtre de chambre, ce dont nous ne nous privons pas. De là haut nous dominons le monde ! Enfin, un joli périmètre autour de la maison.

    La vue sur le monde n'est pas le 1er atout des lieux, dans ces anciennes maisons, les toilettes sont encore situées dans la cour (vous savez : la fameuse cabane au fond du jardin, chère à Laurent Gerra), lorsqu'un besoin pressant nous prend soir, ou matin, nous faisons pipi sur la terrasse, au point d'évacuation des eaux de pluie. Nous avons bien conscience qu'un tel "méfait" serait puni s'il avait été connu... Il y a 60 ans maintenant, on peut en parler Martine ?

    Les chambres n'ont pas de chauffage, lorsque notre lit est trop froid grand-mère y dépose entourée d'un linge,  une brique qui a chauffé dans le four de la cuisinière. Blotties toutes les deux sous ce gros edredon, Lit edredonnous écoutons terrorisées mille et un bruits provenant de toutes parts. Bruits de déplacement : on court, on gratte,  souvent au dessus de nos têtes, puis dans un coin de la chambre, et si c'était un fantôme ?

    Nous avons la preuve que la chambre est hantée : plusieurs fois de suite d'anciennes photos accrochées sur les murs par tonton Marco disparaissent. Nous redoutons de monter nous coucher. Grand-mère finira par comprendre et nous rassurer, les bruits sont les loirs qui peuplent le grenier et les cloisons, quant aux photos, elles tombent d'elles-même et c'est grand-mère qui s'en débarasse en venant "faire la chambre" dans la journée. Nous pourrons reprendre l'un de nos jeux préférés qui consiste à transformer l'édredon en barque, en s'accrochant aux 4 coins et en se balançant "bateau sur l'eau, la rivière, la rivière..." 

    A cette époque les enfants ne posaient pas de questions aux adultes. Voici donc leur histoire telle qu'ils ne nous l'ont jamais racontée :

     

  • Delépine Furgerot

     

    DELEPINE :

     

     

    Le surnom "de l'épine" aurait été attribué à un ancêtre, vers le 12ème ou 13ème siècle, à l'époque de la formation des noms héréditaires, en raison de son lieu d'habitation. Parce qu'il habitait un endroit caractérisé par la présence d'arbustes épineux.

    Un schema valant mieux qu'un long discours : 

    Patronyme delepine

    Il n'y aurait plus que 3327 personnes portant ce patronyme de nos jours en France.

    Quelques Delépine célèbres, dont aucun ne nous est apparenté. J'avais un doute sur Benoît dont la famille habite près de St Quentin, mais j'ai eu son papa il y a quelques années au tél, la souche de leur famille est le Pas de Calais.

    • L'abbé Delépine (1871-1956), prêtre catholique français, professeur, compositeur, éditeur et maître de chapelle ;
    • Benoît Delépine (1958- ), humoriste, réalisateur et comédien français ;
    • Marcel Delépine (1871-1965), chimiste et pharmacologue français ;
    • Gracie Delépine (1930- ), historienne et conservatrice française de bibliothèque ;
    • Régis Delépine (1946- ), ancien coureur cycliste français.

     

    ​"Notre" famille Delépine est originaire de Popuelles et Cordes, deux petits villages situés à moins de 5 km l'un de l'autre, près de Tournai.  dans le Hainaut en Belgique.

    Pierre Joseph Delepine, est un petit  cultivateur, né à 1784 à Popuelles , marié à Marie Catherine François de deux ans son aînée. le couple a 10 enfants. Tous ne viendront pas en France.

    La famille immigre dans les années 1850.  Le nord de la France est attactif, la révolution industrielle génère une forte demande de main d'oeuvre. Pour donner un ordre d'idée :

    la France estime à 100 000 le nombre d'étrangers en 1800, à 380 000 en 1850 et à près d'un million en 1885. Les immigrés sont surtout des belges, en 1850 ils représentent 1/3 des immigrés, en 1885, près de la moitié (465 000).

    L'un des enfants Adolphe Prosper Delépine, né en 1819 sera le 1er enfant du couple à épouser une  française puisqu'il se marie  en 1852 avec Séraphine Dussaussois de Clary. Ce sont nos trisaïeux (les parents de nos arrière-grand-parents)

    Arrivès à Clary les hommes de la famille seront tisseurs, Adolphe sera egalement briqueteur le site des métiers insolites nous apprend que : le briqueteur est un ouvrier broyant les couleurs dans une manufacture de poterie ou de porcelaine. Il travaillait donc à la poterie de Clary.

    Séraphine Dussaussois, est issue d'une très longue lignée de clarysiens . Elle est l'une des 7 filles de la famille qui compte en outre 4 garçons.

    Curieusement le couple Adolphe Delépine x Séraphine Dussaussois, aura 5 enfants dont 4 seront sans descendance. Seul Porphyre, notre arrière-grand-père aura 12 enfants.

     

    FURGEROT :

     

    Furgerot : Ayant eu la chanse de participer à une émission de radio avec Jean-Louis Beaucarnot , celui-ci me donna l'origine de ce patronyme .

    Furgerot viendrait  de l’ancien français furgier qui signifiait creuser, fouiller dans le but de trouver de l’eau. Archange est donc « la fille du puisatier » à moins que ce ne soit un sobriquet pour moquer celui qui fouille partout.

    C'est un patronyme très peu répandu 

    Patronyme furgerot

     

    La famille est originaire du cambresis : la souche se situe autour de Ligny - Selvigny - Deheries - Clary, où le nom est déjà présent en 1680. Il ne m'a pas été possible, les archives de clary étant détruites, de remonter au delà de la naissance de Jean-Baptiste Furgero , mulquinier né vers 1765 et décédé en 1830 à Clary.

    Curiosité : les parents d'Archange Furgerot, notre arrière-grand-mère, à savoir : Archange Lecomte et Emile Furgerot sont cousins germains. Ils ont dû demander une dispense pour se marier.

     

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