C'est bien "l'Edouard", qui est mort, l'un des fils Afchain. Il avait une cinquantaine d'années (en réalité 52). Vieux garçon. Il habitait chez la veuve Delaby.
J'interviens auprès de mes voisins pour connaître les circonstances de l'accident. On me raconte :
Ce jeudi 27 juin, il est parti au champ de sa logeuse pour sarcler des chicorées. Mais vers cinq heures du soir, le ciel s’est fâché : l'orage avait éclaté et une pluie torrentielle, mêlée de grêle, s'est abattue, qui l'a obligé à quitter précipitemment son travail.
Pour rentrer au village il lui fallait passer sous le Pont de Busigny, mais comme d'habitude, et plus encore cette fois, le chemin etait devenu impraticable, submergé par la boue. Prendre un autre chemin était impensable, cela revenait à faire un détour de deux kilomètres dans le déluge. Edouard a donc décidé de prendre la ligne droite : il est monté sur la voie ferrée pour traverser.
Il n’a pas vu venir le train express venant de Belgique, filant vers Paris à toute vitesse et parce qu'il était sourd, il ne l'a pas entendu non plus. Il a été percuté de plein fouet, renversé et broyé par la locomotive. C'est un employé des chemins de fer, un certain Hugues Petit, qui a trouvé le corps au bord de la voie, au niveau du Pont de Busigny
Le drame a été consigné à la mairie par acte officiel. Deux témoins, Émile Poincet et Adolphe Ternois, ont reconnu le corps et raconté ce qu’ils savaient.