Jacqueline Taisne (1924-2022)

Osyne cadre

Le défi « Photo du mois », lancé chaque 10 par le groupe Raconter sa Généalogie, invite à faire parler un cliché : souvenir, émotion ou mystère…

Parce qu’une photo, c’est le début d’une histoire à raconter.

 

Jacqueline Taisne

Paris, rentrée des classes 1930.

Derrière la photographie d’une petite écolière parisienne se cache une histoire d’exil, d’arrachement et de transmission.

Jacqueline taisne enfant 1

Un nom venu de l’Est Wojsławice 1879

Tout commence par un nom que nous ne savons pas très bien prononcer : Wojsławice. C’est là, en Ukraine, alors intégrée à l’Empire russe, que naît Rebecca Stein, le 16 juillet 1879. Elle est donc de nationalité russe. Selon les pays, les langues et les personnes qui inscriront son nom, Rebecca deviendra parfois Rebekka, Rivka ou Rifka, ce dernier étant un diminutif courant en yiddish.

De ses parents, nous ne savons rien. Ce silence inscrit son histoire dans celle de nombreux Juifs d’Europe orientale qui, à la fin du XIXᵉ siècle, prirent la route de l’Ouest dans l’espoir d’y trouver une existence meilleure.

En 1899, Rebecca est à Paris. Elle habite au 25, rue des Rosiers, au cœur du Pletzl, dans ce quartier du Marais où se retrouvent alors de nombreuses familles venues de Pologne, de Roumanie ou de Russie. Elle a vingt ans, ne parle pas français, paraît ne pouvoir compter sur aucun proche et attend un enfant.

La naissance, Paris 26 juillet 1899

Le mercredi 26 juillet 1899, à l’hôpital de Port-Royal, Rebecca met au monde une fille : Anne. Le registre de l’hôpital indique que la mère est célibataire et de religion israélite. L’enfant, déclarée par le personnel de l’établissement, reçoit officiellement le prénom d’Anne.

L’acte de naissance fait apparaître le nom d’un père : Adolphe Stein, tailleur. Mais quelle valeur donner à cette indication ? Rifka, qui ne parlait pas français, a-t-elle correctement compris la question qui lui était posée ? A-t-elle donné le nom du père de son enfant, celui de son propre père, ou celui d’un homme ayant réellement existé dans sa vie ? En l’absence d’autre document, le mystère demeure.

Le 4 août, Rebecca quitte la maternité, sa fille dans les bras. Quinze jours plus tard, le 19 août 1899, elle confie Anne, âgée de vingt-quatre jours, à l’Assistance publique. Sur le dossier, un seul mot résume la raison de ce geste : « indigence ». Deux autres mentions disent toute sa solitude : elle ne parle pas français et elle est israélite.

Arrêtons-nous un instant sur ce geste. Le mot abandon appartient au langage administratif ; il ne dit rien du déchirement de cette jeune mère étrangère, isolée et démunie. En se séparant de son enfant, Rebecca choisit sans doute la seule manière qui lui reste de lui assurer un toit, des soins et de quoi vivre.

Deux jours plus tard, le 21 août, Anne quitte Paris à destination d’Ébreuil, où se trouve l’agence locale de l’Assistance publique chargée de son placement. Dans son dossier, qui porte le numéro 139185, l’enfant est désormais appelée Fanny. Ce changement de prénom est-il né d’une mauvaise compréhension lors de son admission ? Quoi qu’il en soit, Anne devient Fanny pour les vingt années suivantes.

Anne dite Fanny. L’Allier 1899 -1921

Encore nourrisson, Fanny est confiée à Antoine et Victorine Billaud, cultivateurs au hameau de Fontviole, à Bellenaves. C’est là, dans la campagne bourbonnaise, qu’elle va grandir.

Tel est alors le sort de la plupart des enfants confiés à l’Assistance publique : ils quittent la capitale pour être placés dans des familles rurales. Les plus petits y sont mis en nourrice ; en grandissant, beaucoup participent aux travaux de la ferme et constituent parfois une main-d’œuvre peu coûteuse. Tous ne connaissent pas le même sort. Fanny semble avoir trouvé auprès d’Antoine et Victorine Billaud une véritable affection, dont son attachement durable à Bellenaves porte peut-être le témoignage.

À vingt et un ans, Anne est enfin majeure. Pour la première fois de sa vie, elle est libre de ses mouvements, libre surtout de décider elle-même de la direction à donner à son existence. En 1921, elle travaille à Gannat, route de Vichy, comme domestique chez Charles et Eugénie Savignat, négociants. Elle gagne sa vie au service d’une autre famille, mais elle peut désormais choisir sa route.

Cette route la ramène bientôt à Paris. Voulait-elle simplement tenter sa chance dans la capitale, revenir dans la ville où elle était née ou retrouver la trace de sa mère ? Peut-être ces raisons se mêlaient-elles. Quoi qu’il en soit, après une enfance durant laquelle les autres avaient toujours décidé pour elle, ce départ lui appartient enfin.

Paris le retour, 1923 1924

À Paris, Anne rencontre François Taisne, gardien de la paix, fils de François Jérémie Taisne et de Marie-Ange Legrand. Elle a grandi sous la tutelle de l’Assistance publique ; lui est originaire de Montigny-en-Cambrésis, dans le Nord. Leur rencontre réunit deux histoires et deux géographies qui, jusque-là, semblaient ne devoir jamais se croiser.

Ils se marient le jeudi 8 novembre 1923. Ce jour-là, Fanny redevient officiellement Anne, le prénom inscrit sur son acte de naissance. Pour ses parents, elle déclare sous serment ignorer ce qu’ils sont devenus. Peut-être ne sait-elle réellement rien ; peut-être évite-t-elle ainsi de se lancer dans d’interminables démarches pour retrouver des papiers qui, à supposer qu’ils existent encore, se trouvent quelque part entre Paris et l’Europe orientale.

Le 12 avril 1924, Anne donne naissance à Jacqueline dans le Ve arrondissement de Paris.

Durant l’entre-deux-guerres, la famille Taisne-Stein vit au cœur de la capitale, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Celui-ci n’est pas encore le quartier prestigieux que nous connaissons aujourd’hui. Les hôtels particuliers y côtoient les logements modestes, les petits commerces, les ateliers et les cafés fréquentés par des artistes qui ne roulent pas sur l’or.

Francois a droite

François exerce le métier de gardien de la paix sous l’autorité de la Préfecture de police.

Avec ses collègues,  à bicyclette, il appartient à cette police familière des rues parisiennes, chargée de la circulation, des  rondes et de la tranquillité quotidienne des habitants.

Anne, de son côté, tient le foyer et élève Jacqueline, leur unique enfant.

Les premières années du couple se déroulent dans le Paris des Années folles, porté par le désir de vivre retrouvé après la Grande Guerre. Puis viennent les années 1930, la crise économique, les inquiétudes politiques et une Europe qui s’assombrit. Pour Anne cependant, cette vie ordinaire a quelque chose de précieux : après les déplacements, les placements et les incertitudes de son enfance, elle possède enfin une adresse, un foyer et une place reconnue dans la société.

Leur vie quotidienne est parisienne, mais les attaches de François avec le Cambrésis restent vivantes. La famille revient régulièrement dans le Nord, où Anne découvre ce qu’elle n’avait jamais véritablement connu : une parenté nombreuse, enracinée et accueillante. Jacqueline y retrouve de multiples cousins et y vient souvent pour les visites et les vacances. Elle grandit ainsi entre deux mondes affectifs : le Paris de ses parents et cette terre familiale de Montigny où l’on revient, où l’on est attendu, où l’on appartient.

(Ci-contre à Bertry vers 1925, à la communion de Léonie Louvet)

 

Rebecca retrouvée

Après août 1899, Rebecca disparaît. Plus aucune adresse, plus aucun événement, plus aucune trace permettant de suivre sa route. Il faut attendre 1933 pour la retrouver à Rotterdam, aux côtés d’Otto Elias. Trente-quatre années se sont écoulées : presque une vie entière dont nous ne savons rien. Où a-t-elle vécu ? Quand a-t-elle rencontré Otto ? À quelle date ont-ils uni leurs destinées ? Ce long silence constitue aujourd’hui l’une des principales énigmes de son histoire.

À un moment que nous ne savons pas encore situer, le fil se renoue pourtant entre la mère et la fille. Le contact fut très probablement épistolaire : Jacqueline ne rencontra jamais Rebecca ni Otto, mais deux photographies sont parvenues jusqu’à Anne, puis jusqu’à elle.

La première montre Rebecca, dans une tenue qui pourrait être celle d’une mariée. Les éléments vestimentaires permettent de situer vraisemblablement ce portrait dans les années 1910-1915. La seconde représente Otto Elias, celui que Jacqueline considérait comme son grand-père, peut-être photographié aux Pays-Bas sur un bateau. Ces portraits ne sont pas de simples souvenirs demeurés par hasard dans une boîte : ils portent la trace d’un lien retrouvé par-delà les années et les frontières.

Sur son portrait, la jeune étrangère indigente de la rue des Rosiers semble avoir laissé place à une femme élégante et posée. Boucles d'oreilles et pendentif autour du cou, elle tient un bouquet à la main, une montre épinglée au chemisier. Après les épreuves de sa jeunesse, sa vie paraît avoir enfin trouvé une certaine stabilité  et un peu d'aisance matérielle.

Rebecca

Rebecca partage alors la vie d’Otto Elias, représentant de commerce, fils de Julius Elias et de Lina Leeser. Lui aussi est juif. Il est né le 15 mars 1881 à Hamm an der Sieg, en Allemagne. Ils sont mariés. L'arrivée du couple est enregistrée à Rotterdam, aux Pays-Bas, le 17 mai 1933, quelques mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Aucun enfant issu de leur union ne nous est connu.

Bien des choses nous échappent encore : la date et le lieu de leur rencontre, leur vie commune avant Rotterdam, les circonstances exactes de leur installation aux Pays-Bas. Mais pendant quelques années au moins, Rebecca semble avoir connu auprès d’Otto cette vie plus paisible que Paris lui avait refusée en 1899.

Otto Elias.

Le 27 octobre 1938, Otto meurt prématurément. Moins de deux semaines plus tard, dans la nuit du 9 au 10 novembre, la Nuit de cristal déchaîne dans toute l’Allemagne une immense vague de violences contre les Juifs. Otto avait compris dès 1933 qu’il fallait quitter son pays ; il mourut sans savoir à quel point il avait eu raison de partir, ni jusqu’où irait la persécution.

La guerre, le piège se referme 1939 -1942

À cinquante-neuf ans, Rebecca se retrouve veuve, seule et sans ressources. Elle gagne Arnhem et s’installe au 5 Marktstraat, dans un foyer accueillant des réfugiés juifs. Les Pays-Bas avaient paru offrir un abri à ceux qui fuyaient l’Allemagne nazie ; cet abri ne résiste pas à la guerre.

En mai 1940, l’armée allemande envahit les Pays-Bas. Peu à peu, les mêmes interdictions et les mêmes humiliations que celles qu’Otto avait voulu fuir s’imposent à la population juive : recensement, exclusions, port de l’étoile, arrestations. En 1942 commencent les déportations massives. Le piège s’est refermé sur Rebecca.

Le 18 novembre 1942, elle est arrêtée. Internée à Westerbork, elle est déportée vers Auschwitz le 24 novembre. Le convoi y arrive trois jours plus tard. Le vendredi 27 novembre 1942, Rebecca Stein est assassinée. Elle avait soixante-trois ans.

Quelle cruelle ironie dans le destin de cette femme. Rebecca avait sans doute quitté l’Empire russe pour fuir les pogroms et les persécutions, mettant plus de deux mille kilomètres entre elle et son village natal. Après Paris, elle avait encore cherché refuge aux Pays-Bas. Pourtant, c’est à Auschwitz, à quelques centaines de kilomètres seulement de Wojsławice, que sa longue marche vers l’Ouest s’est achevée. L’Histoire l’avait presque ramenée à son point de départ.

En France aussi, la situation s’assombrit. Après la défaite de juin 1940 et l’occupation d’une partie du territoire, les mesures antisémites se multiplient. Les Juifs sont recensés, exclus de nombreuses professions, puis viennent les arrestations et les rafles.

Dans le même temps, le mariage d’Anne et de François se défait. Des jugements de non-conciliation interviennent en janvier puis en juillet 1942. Quelle que soit la protection que la fonction de policier de son mari avait pu lui apporter jusque-là, Anne ne peut désormais plus compter sur elle. Bien au contraire, la séparation la laisse seule avec sa fille et plus vulnérable encore. Dans ce Paris où les persécutions s’intensifient, Anne et Jacqueline sont directement menacées. Elles doivent fuir, se cacher.

Anna st

Tout porte à croire qu’Anne conduit alors Jacqueline à Bellenaves, en zone libre. Elle connaît intimement ce village où elle a grandi et y conserve de solides attaches. Nous savons également que la commune accueille des réfugiés juifs pendant la guerre. Plus de quarante ans après avoir recueilli le nourrisson confié à l’Assistance publique, Bellenaves semble donc avoir offert un nouvel abri à Anne et à sa fille.

Le 27 janvier 1945

Le 27 janvier 1945, le divorce d’Anne et de François est prononcé « à la requête et au profit du mari, avec toutes ses conséquences de droit ». À cette époque, le divorce demeure fondé sur la faute attribuée à l’un des époux : le jugement donne donc raison à François. Mais la formule juridique ne raconte ni les années de guerre, ni les dangers auxquels Anne avait été exposée, ni ce qui, dans l’intimité du couple, avait rendu son départ nécessaire.

Ce même jour, à plus d’un millier de kilomètres de là, les soldats soviétiques ouvraient les portes d’Auschwitz, où Rebecca avait été assassinée vingt-six mois plus tôt. Tandis qu’une décision de justice refermait officiellement un chapitre de la vie d’Anne, l’Europe commençait à découvrir l’ampleur du crime qui avait emporté sa mère.

L’heure de la retraite venue, François revient vivre à Montigny-en-Cambrésis, où il finira ses jours. Anne, elle, n’y reviendra pas. Elle s’efface de la famille Taisne et poursuit son existence dans la région parisienne, auprès de Jacqueline et de sa descendance.

Anne la longue suite, 1945 -1995

Après la guerre, Anne poursuit sa route loin du Cambrésis. Nous ne possédons aucune photographie de cette seconde partie de son existence. Comme si, après avoir échappé aux dossiers de l’Assistance publique et traversé les années de guerre, elle avait choisi de reprendre possession de sa vie loin des regards. François Taisne meurt le 18 juin 1984. Anne lui survit encore plus de dix ans.

Le samedi 8 avril 1995, elle s’éteint à Paris, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Pourtant, ce n’est pas dans la capitale qu’elle choisit de reposer. Selon sa volonté, elle est inhumée dans le petit cimetière de Bellenaves. Au terme d’une vie commencée dans l’arrachement, elle revient définitivement vers cette terre qui lui avait donné une enfance et, sans doute, offert une seconde fois sa protection pendant la guerre.

Jacqueline, notre petite cousine 1924 -2022

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Il faut, pour finir, revenir à Jacqueline, car c’est pour elle que tout ce chemin a été remonté.

Enfant unique, elle grandit dans le Paris des rues anciennes, tout en séjournant régulièrement à Montigny-en-Cambrésis, au milieu de la nombreuse famille Taisne.

Dans le Nord, elle retrouve des oncles, des tantes et quantité de cousins.

Jacqueline a bertry

             Lors d'une procession à Bertry

Jacqueline a paris

 Paris. Au jardin du Luxembourg avec Fenelon Waxin et Claire Vandermoeten

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François, Anne et Jacqueline à Montigny

Elle épouse Jean-Paul André Godart le samedi 3 août 1946. Deux fils, Patrick et Philippe, naissent de cette union. Le 28 novembre 1959, à Paris, elle épouse en secondes noces Jacques Cadas, avec lequel elle aura une fille, Véronique.

Jacqueline savait que la famille de sa mère avait été frappée par la Shoah. Elle croyait Rebecca et Otto disparus tous les deux en 1942 ; les archives permettent aujourd’hui de préciser cette mémoire familiale : Otto était mort en 1938, tandis que Rebecca fut assassinée à Auschwitz en novembre 1942. Pour Jacqueline, Otto était son grand-père. Peut-être ignorait-elle que sa place dans la lignée restait incertaine et que, derrière son portrait soigneusement conservé, se cachait encore une question sans réponse.

Comme sa mère, Jacqueline demeura profondément attachée à Bellenaves. Elle avait elle aussi évoqué le souhait d’y être un jour inhumée, preuve de la place singulière que ce village occupait dans la mémoire des deux femmes.

Jacqueline s’éteignit le dimanche 6 novembre 2022 dans le XIVᵉ arrondissement de Paris, à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans.

Conclusion, Le fil transmis

Lorsque j’ai choisi cette photographie de Jacqueline prise à l’école en 1930, je ne connaissais d’elle que sa branche paternelle. Par son père, François Taisne, elle appartenait à cette vaste parenté du Cambrésis dont les ramifications, de génération en génération, rejoignent les nôtres par les Pigou, les Lamouret, les Farez et les Beauvillain. Mais je ne savais rien, ou presque, de sa famille maternelle.

En remontant ce fil, j’ai découvert Anne, l’enfant confiée à l’Assistance publique, puis Rebecca — Rifka — . Cette recherche a soudain donné à notre arbre familial des horizons que je ne lui connaissais pas. Derrière les patronymes familiers du Cambrésis sont apparus Wojsławice, la rue des Rosiers, l’Allier, Rotterdam, Arnhem, Westerbork et Auschwitz. Autant de lieux que rien ne semblait devoir relier à notre arbre généalogique.

Selon la tradition juive, qui transmet l’appartenance par la mère, Anne puis Jacqueline étaient juives par Rebecca. Jacqueline connaissait cette origine et savait que ses grands-parents avaient disparu dans la tourmente de la Shoah, même si le temps et les silences avaient brouillé certains détails. Elle n’avait jamais rencontré Rebecca, mais elle en avait conservé le portrait ainsi que celui d’Otto.

Je remercie particulièrement Jean-Claude Taisne, qui a recueilli une partie des souvenirs de Jacqueline et partagé avec moi les photographies qu’elle lui avait confiées. Sans cette transmission, les visages de Rebecca et d’Otto seraient demeurés dans l’ombre. Jean-Claude avait reçu le fil des mains de Jacqueline ; aujourd’hui, nous le reprenons ensemble afin de le transmettre à notre tour.

Cet article ne referme donc pas le dossier. J’espère au contraire qu’il fera naître de nouveaux témoignages et permettra de combler quelques-uns des immenses silences qui subsistent encore. Je vais poursuivre mes recherches, notamment pour tenter d’obtenir le dossier d’Anne à l’Assistance publique, le jugement complet du divorce d’Anne et de François, ainsi que les documents relatifs aux réfugiés juifs accueillis à Bellenaves pendant l’Occupation.

Une dernière énigme demeure : qui était réellement le père d’Anne ?  Et si Otto Elias avait été son père ? L’hypothèse est troublante, même s’il n’avait que dix-sept ans au moment de la conception. Pour rejoindre Paris depuis l’Empire russe, Rebecca a nécessairement traversé l’Allemagne. Son itinéraire l’a-t-il conduite jusqu’à Hamm an der Sieg, où vivait alors Otto ? Se sont-ils rencontrés au cours de ce voyage, bien avant de s’établir ensemble aux Pays-Bas ?

Les archives ne permettront jamais de trancher. Un jour, cependant, des descendants de Jacqueline chercheront peut-être la réponse dans leur ADN. Otto n’a pas eu d’autre enfant connu, mais ses frères et sœurs ont laissé une descendance. D’éventuelles correspondances génétiques entre les deux familles pourraient alors éclairer cette énigme demeurée en suspens depuis 1899.

Ainsi, le fil de Rebecca n’est pas arrivé à son terme. Il attend seulement que d’autres mains le saisissent et poursuivent le chemin.

Annexes

Je dois un grand merci à Arlette et au groupe Généalogie-Paris, sans qui je n'aurais pas accumulé ces informations et ces documents. 

Naissance anne stein 1

Mariage taisne stein 1

Fanny chez les billaud 1911
 

Fanny stein a gannat

Couple a reterdam en 1933

Fanny stein assistance
 

Taisne stein divorce

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Date de dernière mise à jour : Fri 11 Sep 2026

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Commentaires

  • Jo

    1 Jo Le 11/09/2026

    Magnifique texte... com'dab' smiley 14
    cetaitautemps

    cetaitautemps Le 14/09/2026

    Merci Jo
  • traces et petits cailloux

    2 traces et petits cailloux Le 10/09/2026

    On ne sait jamais où peut nous entraîner la généalogie...
  • Marinette

    3 Marinette Le 10/09/2026

    Chapeau Dominique...bravo

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