F comme France

 

Sur la pierre tombale d'Hégésippe Bracq et d'Aurore Louvet, une inscription en français témoigne de cet attachement :

« Nés en France, ils reposent sur une terre étrangère, attendant l'éternelle patrie. »

 

 

 

Lettre f 1

Une terre étrangère ? Voilà qui surprend. Hégésippe et Aurore avaient pourtant choisi l'Amérique pour y construire leur avenir, y élever leurs enfants et y passer le reste de leur existence.

Faut-il y voir la nostalgie du pays natal ? Peut-être. Mais l'expression prend surtout une autre dimension à la lumière de leur foi protestante. Dans la tradition chrétienne, la vie terrestre n'est qu'un passage et la véritable patrie est celle de l'éternité.

F comme Ferdinande

Ferdinande Bracq (1870-1942), qui traverse l'Atlantique à 21 mois avec sa mère, ses frères et ses sœurs, épouse William Wilder à Boston, à 27 ans. Le couple connaît un drame : leur seul enfant, né prématurément, ne vivra qu'une demi-heure.

Tombe ferdinande

F comme Florence

Fille unique de Jean-Charlemagne Bracq et d'Emma Wood, Florence naît à Poughkeepsie, dans l'État de New York, à proximité de Vassar College où enseigne son père.

Elle y fréquente l'école, et une photographie de classe nous permet même de retrouver son visage parmi ses camarades.

Album souvenir vassar

Elle épouse Robert Selton Moulton, qui fut cadet à la Poughkeepsie Riverview Academy.

Le couple aura quatre enfants :

Katherine Selden Moulton (1921-2009)

Stephen Woods Moulton (1925-1993)

Pierre Bracq Moulton (1927-2012)

Hugh Geoffrey Moulton (1933-2024)

Le troisième prénom attire évidemment notre attention : Pierre Bracq Moulton.

Le nom Bracq, transmis jusque-là comme patronyme, devient ici un deuxième prénom. Une manière de conserver dans la famille américaine le souvenir de ses racines françaises.

F comme Fatalisme

Terminons sur une note plus philosophique, avec cette réflexion de Jean-Charlemagne Bracq :

« Ceux qui regardent les deux langues, les deux religions, comme éternellement séparées par un “fatalisme” ethnique font une erreur profonde. »

Cette phrase illustre sa conviction que les différences linguistiques, religieuses ou culturelles ne constituent pas des frontières infranchissables.

Dans une société canadienne traversée par les tensions entre communautés francophones et anglophones, catholiques et protestantes, Bracq refuse l'idée d'une séparation inscrite dans la nature même des peuples.

Pour lui, les préjugés ne sont pas une fatalité. Les communautés peuvent évoluer, dialoguer et apprendre à se comprendre.

Une pensée qui prend un relief particulier lorsqu'on songe à son propre parcours : né à Bertry, émigré aux États-Unis, devenu professeur de langues romanes, il a lui-même vécu au carrefour de plusieurs cultures.

Date de dernière mise à jour : Mon 02 Nov 2026

★ ★ ★ ★ ★
Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire