- Accueil
- La ch'tite famille
- Histoire locale et traditions
Histoire locale et traditions
Quelques billets, au gré de mes découvertes dans les archives, indépendamment de mon arbre
Quelques billets, au gré de mes découvertes dans les archives, indépendamment de mon arbre
2 Février, Chandeleur, fête des femmes
Le Jeu 02 fév 2023
Lorsque j'étais enfant, dans les années 50/60, dans le Cambrésis, la Chandeleur était définie comme la "fête des femmes" - A ne pas confondre avec la journée des droits de la femme le 8 mars -
la fête des femmes, méritait bien ce nom. Ce jour-là en effet, qu'elles soient mères ou non, les épouses étaient reines ou presque... Je me souviens que mon père souhaitait une bonne fête à ma mère et lui offrait des fleurs. C'était quelque chose comme une St Valentin pour femmes mariés.
Un rite traditionnel juif… devenu fête chrétienne...
Selon l'Ancien Testament, les femmes juives étaient considérées comme impures les 40 jours suivant leur accouchement. A l'issue des 40 jours, la mère pouvait sortir et présenter l'enfant au Temple.
Mais pas que ...
En médecine chinoise, les quarante jours après la naissance sont même baptisés “Mois d'Or” car ils font l'objet d'un traitement adapté.
Chez nous...
Elle est célébrée chaque année 40 jours après Noël. Le nom « Chandeleur » provient à l’origine des « chandelles » , traditionnellement utilisées à cette occasion. Dans les églises, elles sont bénies, viennent remplacer les torches et sont conservées allumées pour signifier la lumière, la pureté et éloigner le mal. Les fidèles en ramènent une chez eux , elle sera allumée au chevet des mourants et lors des accouchements.
Au XIXe siècle, en Cambrésis, on disait que, « si le soleil luit le jour des femmes (Chandeleur), le loup rentre dans sa tanière pour six semaines », c’est-à-dire que les rigueurs de l’hiver dureront encore six semaines. On imposait aux mères venant d'accoucher de ne pas sortir de chez elle durant les quarante jours après l'accouchement. La préconisation a perduré dans le début du XXe siècle, L'objectif etant probablement de protéger la jeune maman, lui permettre de récupérer et éviter d'affaiblir son système immunitaire via des infections extérieures.
Henri Grassart, le garçon brasseur
Le Dim 30 oct 2022
Tragique accident de travail au sein de la brasserie Canonne. A moins que...
Le Dim 17 avr 2022
Après Le carême, cette période d’introspection de 40 jours, qui représente le temps passé par Jésus dans le désert et la semaine de la Passion, arrive Pâques ce dimanche 17 avril.
Dans la Bible hébraïque, les Juifs mentionnent la période de la Pâque sous le nom de « Pessa’h », qui représente l’émancipation des Juifs de l’esclavage égyptien. La religion hébraïque deviendra la religion juive au Vie siècle.
Pour les chrétiens c’est l’évènement le plus important du calendrier. Pâques est connue, comme la fête qui célèbre la résurrection de Jésus-Christ, c’est l’origine du christianisme.
Les Pâques et La Pâque, n’ont adopté des orthographes différentes qu’au XVe siècle, il semble qu’auparavant on utilisait indifféremment les deux.
Dans mon enfance j’entendais régulièrement l’expression « faire ses Pâques » D'après le commandement de l'Eglise, Tout fidèle parvenu à l'âge de raison doit confesser, au moins une fois par an, les péchés graves dont il a conscience, et ajoute son corollaire: Tout fidèle est tenu par l'obligation de recevoir la Sainte Communion au moins chaque année à Pâques.
Cet examen de conscience permet de réorganiser sa vie et de repartir d’un bon pied. D’ailleurs Jusqu’à la fin du moyen-âge, l’année commençait le jour de Pâques dans toute la chrétienté. C’était à cette époque là que l’on prenait les bonnes résolutions que l’on prend maintenant au premier janvier.
Le dimanche de Pâques était souvent associé à la coutume de porter de nouveaux vêtements, symbole de nouveauté et de nouveaux départs ! En d’autres termes, c’est le moment d’abandonner enfin ces lourds vêtements d’hiver et d’embrasser les jours plus longs avec une tenue appropriée. Le must des années 50/60, le tailleur bleu marine associé au blanc. Le bleu marine et vert était à l’époque considéré comme de très mauvais goût.
J’en termine avec ce petit rappel historique et je vous souhaite de très heureuses fêtes de Pâques.
Une pensée émue pour mon arrière-grand-mère de Montigny Marie TAMBOISE, née le 17 avril 1873.
NB : Comment est déterminée la date de Pâques :
Pâques, c'est le premier dimanche qui suit la pleine lune, qui suit elle-même l'équinoxe de printemps dans l’hémisphère nord.
Le Ven 08 avr 2022
.
Dimanche prochain 10 avril 2022, se déroulera le premier tour des élections présidentielles. Cet évènement occulte une fête traditionnelle chrétienne : Les Rameaux.
La fête célébrée ce jour, appelé dimanche des "Rameaux et de la Passion", marque l'entrée dans la Semaine sainte. Elle célèbre à la fois l’arrivée triomphale de Jésus dans Jérusalem où il est acclamé, la foule agitant des palmes comme au passage d’un roi, puis sa déchéance marquée par la crucifixion et la résurrection le dimanche de Pâques.
Cold Case Achille LENGLET 1850-1874
Le Jeu 09 déc 2021
Quimper 11 décembre 1874 :
Par une nuit sans lune, un militaire homme du rang du 118e Régiment d’Infanterie de Ligne, encore engourdi par le sommeil et saisi de froid, vient prendre la relève de quart à la guérite du factionnaire de la préfecture de Quimper. Il entre au préalable dans le corps-de-garde afin de se signaler au sous-officier de service. À sa grande surprise, il n’y a personne dans le bureau. Seuls signes visibles : un schako (kepi) posé sur le bureau et un fusil de service. Son supérieur ne doit pas être bien loin. Probablement parti "satisfaire un besoin naturel". Le temps passe, le planton s'inquiète.
L’alerte est donnée, des recherches sont entreprises. Au 118e, deux mots circulent : Achille LENGLET.
Une inspection en règle est réalisée au sein de la caserne et dans la préfecture… Rien. Le Caporal Lenglet, 24 ans, célibataire, originaire de Bertry, dans le departement du Nord, demeure introuvable.
L’enquête :
Un nouveau jour se lève sur Quimper, mais une ombre sinistre plane sur les rives de l’Odet. Au 118e de ligne, ainsi qu’à la préfecture, la nouvelle s’est répandue comme un trainée de poudre. Un militaire est porté manquant. Toutes les hypothèses sont envisagées, fugue, accident, désertion. Les langues vont bon train. Une certitude : l’arme n’a pas servi. L’inquiétude se lit sur les visages. Les conditions de la disparition du Caporal sont tout aussi obscures que l’était le ciel quimpérois la nuit passée.
Dès l’aube, les gendarmes débutent les investigations, et les premiers interrogés sont les camarades de Lenglet, avec qui il a passé la soirée dans une auberge de la rue Sainte-Catherine. « Achille Lenglet est un bon vivant », c’est en ces termes que ses amis le décrivent. Il aime à boire avec eux, le soir après sa journée de service à la caserne du quartier Saint-Mathieu. François Tréguer explique qu’ils étaient cinq attablés dans un cabaret, pour dîner. Guillaume Cozic mentionne qu’ils n’ont consommé qu’une bouteille de cidre pour accompagner leur soupe, ce qui est confirmé par Hervé Mahé. Joseph Donval, quant à lui, précise les horaires : ils sont arrivés à 5 heures du soir et sont repartis à 9 heures. Ils sont rentrés à la caserne du 118e et se sont couchés, y compris le Caporal Lenglet.
Après les militaires, vient le tour du voisinage de se plier aux questions des enquêteurs.
Les cabarets de la rue Sainte-Catherine, et ils sont nombreux, sont passés au crible. Les blanchisseuses du « Pont Pissette » sont également questionnées… Elles n’ont rien vu. Les jours passent et le Caporal reste introuvable. Achille a disparu.
Un signalement :
Le 13 décembre, les Gendarmes sont appelés par un riverain du quartier du Halage.
Un corps flotte entre deux eaux en aval des quais du Cap Horn. Les enquêteurs se « transportent » sur place, accompagnés du procureur de la République. Il s'agit du corps d'un homme, vêtu d’un uniforme de fantassin. Le docteur Gaumé, médecin du 118e, est appelé en urgence ainsi que le docteur Debout, médecin civil. Le corps est remonté sur la berge, et transporté à l’hospice.
Si l’homme porte son uniforme complet, son schako est introuvable, et de surcroît, sa main gauche est dans la poche du pantalon.
Une autopsie est réalisée qui met en évidence une large blessure ouverte sur le crâne, de la nuque au front.
Épilogue :
Les experts identifient la victime, il s'agit bien du Caporal Achille Lenglet. Eu égard à la nature des blessures ils concluent à une agression. L'homme semble avoir reçu un violent coup asséné au moyen d'un instrument contondant comme une grosse pierre. Toutefois il n'était pas mort lorsqu'il est tombé ou a été jeté dans l'eau.
L'enquête ne révèlera rien de plus, aucune piste sérieuse ne peut être retenue. Si tant est que l'administration ait vraiment pu ou voulu creuser. Le 118e RI ce sont quelques 850 conscrits qui à l'occasion de permissions de minuits sont susceptibles de créer des tapages nocturnes et des troubles à l'ordre public. Face à eux, le commissaire de police ne dispose que de six hommes. Effectifs réduits la nuit à seulement à une patrouille de deux hommes. Le conscrit sous influence éthylique figure parmi les troubles-paix les plus craints des agents de polices, peu nombreux, qui doivent régulièrement faire face au cours de leur patrouille nocturne à des groupes de militaires hostiles qui parfois baïonnettes à la main refusent d'obtempérer à leurs sommations. (source : Archives municipales de Quimper)
De nombreuses interrogations demeurent : Pourquoi ? Comment ? et surtout Qui ?
Comment ne pas penser à cette phrase de Dumas tellement célèbre qu'elle a fait le tour du monde « Cherchez la femme, pardieu ! Cherchez la femme ! »
Autant de questions sans réponse auxquelles la famille restera à jamais confrontée.
Le 19 avril 1904, un autre Achille Lenglet, son neveu, adolescent de 17 ans se pend. Le prénom de l'oncle disparu était-il trop lourd à porter ?
Généalogie :
Achille Lenglet né le 8 mai 1850 était le fils aîné de : Achille (1825-1902) et Anne Geneviève LEPRETRE (1825-1861)
Ce sont seize liens de parenté, cousinage, qui nous lient. Il serait trop long et fastidieux d'entrer dans le détail.
Annexes :
Les articles de presse à la base de ce récit :
Le rapport de Gendarmerie retrouvé aux archives départementales du Finistere.
Un très grand MERCI à mon ami Gilles CARDINAL qui s'est déplacé aux archives pour obtenir ces précieux documents
Le Jeu 19 août 2021
Cette année est particulièrement difficile pour nos agriculteurs des Hauts de France, la météo pourrie perturbe la moisson.
J'étais partie avec l'idée de faire un petit billet, en guise clin d'oeil d'encouragement.
Jadis
En commencant par la photo d'une paysanne, dite de Bertry. La voici, mais j'ai trouvé exactement le même cliché dans le département de l'Eure et Loir, une moissoneuse de la Beauce.
Je serai infiniement reconnaissante à toute personne qui pourra me fournir des informations complémentaires.
Naguère
photo extraite d'un album familial :
sur Montigny en Cambresis en 1908 à la ferme Tamboise, avec, au premier plan, Grand Auguste (celui qui était réputé boire un litre de gnole par jour pour se tenir en forme)
Hier
Sur Clary : vers 1960, Lucien Foulon, le papa de mon époux, à l'époque où les "moiss-bat" n'étaient pas encore climatisées
On pense à vous les amis.
Le Sam 14 août 2021
Marie, décliné sous toutes ses variantes serait le prénom le plus porté au monde... voilà bien un sujet de thème original ! "Racontez-nous vos Marie, avec des statistiques, des biographies, des anecdotes"
Ce sont les vacances, ce sera un survol du sujet.
Un rapide coup d'œil à ma base de données ( 12025 individus) indique 1880 Marie, la statistique ramène le chiffre à 1355, en fait elle ne prend pas en compte les noms composés avec trait d'union.
Il est très probable que cette représentation soit inférieure à la moyenne générale , la raison principale est que la paroisse de Bertry (Nord) "point zéro" de ma généalogie est placée sous la protection de Sainte Anne. Aussi bon nombre de mes aïeules et collatérales portent le prénom d'Anne plutôt que Marie.
Mon ancêtre ainsi prénommée, la plus éloignée à ce jour, à la seizième génération, est Marie Jacqueline BONIFACE, censière, née à Boussières en Cambrésis vers 1490, décédée vers 1550, épouse de Philippe Renon BRICOULT.
Trente et un personnages féminins de mon arbre s'appellent "Louvet Marie", ou Louvet Marie quelque chose. Joli casse-tête d'homonymes.
Aucune "Marie Salope" dans ma base, je vous rappelle que c'est un bateau, et qu'aucun cours d'eau ne passe à Bertry.
Pas non plus, bien sûr, de "Marie-couche-toi-là" : L’expression apparaît au 17ème siècle et en 1876, dans L'Assommoir, Emile Zola fait s’exclamer à l’un de ses personnages : "Les fleuristes ? Toutes des Marie-couche-toi-là (...) Vous savez, je ne suis pas une chienne, je ne mets pas les pattes en l’air quand on me siffle". Le décor est planté, l’expression est sans pitié pour les femmes à la jambe légère. Elle désigne même les loueuses de charmes, les prostituées. Hier comme aujourd’hui, la liberté des mœurs a mauvaise presse.
Connaissez vous la "Marie j'ordonne" terme employé pour qualifier une femme autoritaire, et la "Marie-bon-bec", qui désigne une bavarde ?
Une de mes arrière-grand-mère, Marie TAMBOISE est dite "Marie l'économe", non pas qu'elle fût radine, mais elle était fille d'Auguste dit l'économe, parce qu'il gérait un domaine agricole.
Et pour terminer, juste avant de retourner au farniente, un des sobriquet de ma base concerne une Marie dite "Marie gros cul" mais vous ne la trouverez pas 
A Clary Medaille d'or Famille Française
Le Ven 21 mai 2021
"Ô mères françaises, faites donc des enfants, pour que la France garde son rang, sa force et sa prospérité, car il est nécessaire au salut du monde que la France vive, elle d’où est partie l’émancipation humaine, elle d’où partiront toute vérité et toute justice !" - Emile Zola -
26 Mai 1920 :
Sous la présidence de Paul Deschanel, est créée la "Médaille d'honneur de la famille française".
«C'est une distinction honorifique décernée aux personnes qui élèvent ou qui ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leurs mérites, et de leur témoigner la reconnaissance de la nation ». Elle compte trois échelons d' attribution : pour quatre ou cinq enfants : médaille de bronze, pour six ou sept enfants : médaille d'argent et pour huit enfants et plus: médaille d'or.
Février 1926 :
Le Grand Echo du Nord de la France communique à ses lecteurs la liste des récipiendaires départementaux
C'est dans la catégorie "médaille d'or" qu'est mise à l'honneur une famille de Clary
Jean-Baptiste LEMPEREUR et Julia RICHARD
Le couple s'est uni devant Dieu et les Hommes le 7 octobre 1893 à Clary. Quelques moi plus tard, naît une petite fille, Germaine, qui ne survivra pas. Suivront onze autres naissances jusqu'en 1915. Un seul des suivants trépassera, Fernand. C'est donc dix enfants que Jean-Baptiste et Julia élèveront.
Enfin, surtout Julia, puisque Jean-Baptiste rend l'âme le 13 mai 1917 à 51 ans, sa petite dernière, Denise, a tout juste deux ans, six enfants ont moins de quinze ans.
Information de son petit-fils :Jean-Baptiste Lempereur n'était pas parti au front en raison de sa nombreuse famille mais avait été réquisitionné par l'occupant pour travailler dans un dépot. il est décédé suite à un coup de froid.
La photo daterait de 1916 environ, en bas de gauche à droite : Suzanne, Maurice (bébé), Fernand, Julia et Mathilde. en haut Jean-Baptiste, l'aîné des garçons, et les parents.
Vous pouvez retrouver un embryon d'étude patronymique LEMPEREUR, sur la page Clary : ICI
Merci à Paul LEMPEREUR pour les illustrations photographiques.
Le Ven 30 avr 2021
« Il y a quelque part, sur le pavé de Fourmies, une tâche de sang innocent qu'il faut laver à tout prix. »
Ces mots seront prononcés par Georges Clemenceau, dans un discours en date du 8 mai 1891, soit une semaine après les événements.
Fourmies est une petite cité ouvrière de l'Avesnois, dans le Nord de la France. C'est un fleuron de l'industrie textile au XIXe siècle, période à laquelle la ville connaît son apogée :
En 1810, une première filature de coton est créée par MM. Lebègue et Legrand. En 1825, Théophile LEGRAND ouvre la première filature de laine dans laquelle il utilise dès 1828 une machine à vapeur.
Au terme d’une progression vertigineuse, Fourmies devient le premier centre mondial de laine fine peignée filée. En 1869, la ville est desservie par le chemin de fer. De 1830 à 1890, la population passe de 2 000 à 15 000 habitants.
Voilà des mois que le feu couve sous la cendre. Du fait de la crise qui frappe durement le textile dans les années 1880, les rémunérations ont drastiquement baissé (parfois de moitié !) dans les usines insalubres de la ville. Craignant des débordements, le maire de la ville, A. Bernier, lui-même directeur d'une usine, a demandé au préfet d'envoyer l'infanterie, histoire de dissuader les fauteurs de trouble.
Et pourtant : le programme de la journée, ce vendredi 1er mai, n'a rien de subversif. Le mois symbole de renouveau est célébré par la coutume des rameaux fleuris par les amoureux. Dans l'arrondissement d'Avesnes, pays de bocages, de vergers, cette coutume est très suivie. Ce sont des branches de charme, de jeunes bouleaux, des rosiers, des lilas, symboles d' amour naissant, de passion ardente. A Fourmies sont programmés spectacles, repas fraternel, délégation en mairie, pour porter les doléances, et même un bal, pour lequel il a été demandé une permission de minuit. Sans oublier, bien sûr, un défilé pour réclamer la journée de 8 heures et une hausse des salaires.
Le 1er Mai, n’est pas encore un jour férié et chômé : il s’impose peu à peu comme une journée internationale de revendication ouvrièrece é. Le Parti Ouvrier de Jules Guesde en a fait, l'année précédente, une journée internationale de revendication. Le patronat a contesté cette initiative. Dès le matin, quelques échauffourées éclatent entre gendarmes et piquets de grève qui sont arrêtés. À partir de 11h30, les délégations des différentes usines en grève sont reçues à la mairie où elles remettent leurs revendications. Pour calmer les esprits, le maire annonce que les ouvriers arrêtés seront libérés à 17h.
En début d'après-midi, des ouvriers se rassemblent de nouveau devant la mairie. Quelques familles se dirigent cependant vers le théâtre où le spectacle prévu attend toujours son public. Les gendarmes à cheval dispersent les manifestants et procédent à de nouvelles arrestations. La fête n'est plus d'actualité, la représentation est annulée.
À 15 h 30, les renforts du 145e régiment d'infanterie arrivent en gare de Fourmies, ils rejoignent les gendarmes sur la place, les forces de l'ordre se font d'abord chahuter puis bousculer. La tension monte d'un cran.
18 h 15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face à trente soldats équipés du nouveau fusil Lebel. Les manifestants jettent des pierres, Le commandant Chapus ordonne à ses hommes de tirer en l'air. La foule ne recule pas. C'est l'embrasement, moins de dix minutes plus tard, le commandant s'écrie : « Feu ! feu ! feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! ».
Le bilan est de neuf morts (dont deux victimes de 11 et 14 ans) et trente-cinq blessés.
L'un de ces deux enfants est Émile CORNAILLE, né à Saint-Quentin le 31 mai 1880. Il reçoit une balle perdue en pleine poitrine alors qu'il se trouve au café de la "Bague d'or". On retrouvera une toupie dans sa poche.
Ci-dessous un graphe récapitulatif de l'arbre généalogique d'Emile CORNAILLE apparenté à notre ami Philippe CATTELAIN.
Pour plus de précisions sur les généalogies concernées et d'autres informations complémentaires sur la fusillade de Foumies, je vous invite à visiter le site de Philippe. J'en profite pour le remercier de la mise à disposition des documents.
: http://www.taions.com/courtil/fourmies.htm
Pour mémoire, la famille CORNAILLE a été longtemps implantée à Clary, plus exactement à la ferme d'Iris, entre Clary et Elincourt.
Plusieurs familles bertrésiennes vivent à Fourmies au moment des faits, des membres de la famille CIRIEZ et de la famille LOUVET notamment.
Le Mar 27 avr 2021
Un délit de fuite à Bertry, village berceau de ma famille (Cambrésis - Nord)
En cette soirée du jeudi 26 avril 1889, il n'est pas loin de 22 heures, il fait bien sombre dans la Ruelle à Baudets (aujourd'hui rue Jean de la Fontaine). Point de trottoir, ni d'éclairage public. La rue, comme son nom l'indique, n'est pas très fréquentée. C'est un raccourci pour passer de la rue du Cateau à la rue de Cambrai.
Au numéro 7 vit un couple de tisseurs, Louis Jh DUCROT et son épouse Louise Séraphine FRUIT. Louis s'est absenté du domicile pour rendre visite à un voisin.
C'est au retour que le drame se produit : il "rencontre une voiture" qui lui roule sur le corps. Ces circonstances sont pour le moins extraordinaires. Il ne s'agit très vraisemblablement pas d'une voiture automobile, en 1889, nous en sommes encore aux balbutiements de l'industrie et l'hypothèse qu'un "carrosse motorisé" circule dans une petite ruelle de notre village est plus qu'improbable. Nous avons donc affaire à un attelage hyppomobile.
Le conducteur de l'équipage a-t-il pu poursuivre son chemin sans ressentir le choc violent ? La victime a-t-elle pu ne pas l'entendre arriver ?
Il m'est venu à l'esprit une hypothèse, Louis DUCROT n'aurait pas été totalement en possession de ses moyens, voire aurait eu un malaise le laissant étendu sur la chaussée au passage de la carriole.
Le Médecin du village, dépêché d'urgence auprès du blessé, ne manque pas de faire part de son pessimisme quant à la gravité de ses blessures. Le pronostic vital est engagé en raison de nombreuses blessures internes. Son diagnostic était juste. Louis DUCROT, 48 ans, succombe le lendemain à une heure de l'après-midi. Ses deux beaux-frères , Rémy LEFEBVRE et Louis FRUIT, s'aquitteront de la douloureuse déclaration en mairie.
Il laisse une veuve de 48 ans et trois enfants:
Louise (1868-1939) qui épousera Célestin MERESSE en 1892.
Catherine (1871-1946) qui épousera Jacques André HERBET en 1893.
Louis (1880-1937) qui épousera Hélène MERESSE en 1909.
A ce jour, je ne suis pas parvenue à savoir si l'auteur de l'accident a été identifié et interpellé. La réponse est peut-être enfouie dans un dossier judiciaire des archives départementales. Ci-dessous les ramifications familiales. On retrouve les patronymes les plus fréquents de mon arbre : FRUIT et TAINE, mais aussi BASQUIN et HENNINO
1921 année de crise, année charnière.
Le Sam 27 mars 2021
1921 : Cette période est intéressante du point de vue de ma généalogie familiale parce qu'elle constitue une époque charnière. Elle a déterminé, bon gré mal gré, les choix de vie de mes grands-parents.
Après quatre années d'une guerre brutale qui a sacrifié toute une génération et détruit beaucoup de ses richesses, la France se réorganise.
Les bouleversements liés au passage d'une économie de guerre à une économie de paix ont contribué à la dépression de 1920 - 1921. Les régions Nord et Est, situées en zone de front et d'occupation, ont été plus durement touchées : L'occupant a méthodiquement démantelé l'industrie et les champs de bataille ont ravagé l'agriculture. Dans ces deux régions se relever prendra plus de temps qu'ailleurs.
A Paris, le 28 janvier est enfin inhumé, sous l'Arc de Triomphe, le soldat inconnu choisi deux mois plus tôt, afin de commémorer l'ensemble des soldats français morts. Comme pour toute sortie de guerre, les mois qui ont suivi l'armistice ont été complexes. La démobilisation a pris de longs mois. A leur retour les combattants doivent se refaire une place dans la société. Ils ont besoin de reconnaissance et parfois de compensations pour les souffrances endurées.
En Cambrésis : Unité de temps, unité de lieux : tous les "personnages" du tableau vivent à trois kilomètres les uns des autres, dans le même canton : le Canton de Clary en Cambrésis.
Le Ven 12 fév 2021
Impossible de passer outre, la Saint Valentin doit aussi inspirer le généalogiste.
Généatech,, dans son défi d'écriture mensuel : #lemoisGeneatech nous propose quelques pistes à explorer : "Parlez nous des histoires d’amour, des mariages réussis ou malheureux de votre généalogie, des mariages arrangés, des divorces et des histoires d’amour qui finissent mal …."
Après plusieurs tentatives de statistiques infructueuses, je n'ai pas trouvé, dans les 11182 individus que comporte mon arbre actuellement, matière à un billet. J'ai bien trois personnages masculins qui se sont mariés quatre fois, la vie des femmes ne tenait souvent qu'à un fil, un cordon (ombilical).
Pas de couples mariés très jeunes, ni très vieux, sur lesquels j'aurais pu broder. Et, bien évidemment, Pas de noces de Chêne sur lesquelles m'extasier. A ce sujet, En 1783, dans un ouvrage intitulé "Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde", on trouve mention de la coutume des noces d'argent (25 ans) et des noces d'or (50 ans) -témoignage d'une bonne dose d'optimisme compte tenu de l'espérance de vie moyenne.-
"des histoires d’amour qui finissent mal …." Effectivement j'en ai une à vous raconter, mais voilà : je l'ai écrite et programmée pour le #RDV Ancestral de ce mois, elle sortira donc la semaine prochaine, le samedi 20 février, je ne voulais pas casser l'ambiance et fair pleurer dans les chaumières.
En l'absence d'amoureux à vous présenter, je vais évoquer les mots de l'amour.
En général, avant le XVIIIè siècle, nos ancêtres parlent peu, ils s'expriment plus par le langage du corps que par de longs discours, Ni bavards ni baratineurs ils expriment souvent leur intérêt pour une fille en la taquinant, la chahutant.
Dans le sud l'amoureux va lui lancer des petits cailloux à la belle (Qui lance de petites pierres fait l'amour. Proverbe béarnais ). Plus au nord il va la bousculer et tenter de lui dérober, un ruban, un mouchoir. Aucune inquétude, la fille reçois ces messages "cinq sur cinq" et y répond sur le même registre.
L'amour courtois, le lyrisme romantique, sont plus affaire de littérature que réalité dans le monde de nos ancêtres paysans ou tisserands. Les expressions de la vie amoureuse sont très imagées.
Ainsi la jeune fille peut dans un premier temps "laisser le chat aller au fromage", elle aura "vu le loup", ie couple fera "la bête à deux dos" (expression qui daterait du XVè siècle dans le langage courtois)
Si elle tombe enceinte, le curé lui reprochera d'avoir "fêté Paques avant les Rameaux"
Si elle a connu plus d'un gars, elle est un peu légère, elle a "jeté son bonnet par dessus les moulins" ou pire , elle a "roti le balai" (allusion aux sorcières qui, chevauchant leur balai pour se rendre au sabbat, lieu propice à toutes les débauches, se rapprochent des flammes de l'enfer). En picardie on dirait aussi qu'elle "fait voler son dragon"
Pourvu que le gars ne soit pas un "talon rouge" (libertin) ou un "dénicheur de fauvette" (coureur de jupons) mais au contraire, un homme qui «s’enivre de sa bouteille», expression courante au XVIIe et XVIIIe siècles, qui désigne un «mari ardent et fidèle». Ce gentleman ne ménage point ses caresses conjugales, "bouchant volontiers la bouteille" sans omettre les "bagatelles de la porte" (préliminaires).
Bonne fête de Saint Valentin à toutes et à tous, et, pour terminer un petite pensée pour Proust, dont le héros Swann sait si bien "arranger les Catleyas"
Le Ven 25 déc 2020
Le Lun 02 nov 2020
L'amoureux égaré :
Eugène HERLEM voit le jour le lundi 8 octobre 1883 à Clary (59), il est le fils d'Eugène et de Prospérine CORBISEZ. Il exerce comme beaucoup le double métier de tisseur et d'ouvrier agricole occasionnel.
Eugène est un petit blond (1m62) aux yeux bleux sans caractéristique particulière.
De 1905 à 1907, il effectue son service militaire, il en sortira avec un certificat de bonne conduite et passera dans la réserve. Il sera nommé sergeant en 1910 suite à des périodes militaires effectuées régulièrement.
Eugène épouse à Bertry le 31 juillet 1907, Léonie LAMOURET (1887/1977), épeutisseuse, fille de Modeste Lamouret et Elise COET
De cette union vont naître 4 enfants : Eugène 1908, Lucien 1910, Marcel 1912 et enfin Georgette 1913.
La guerre éclate, Eugène ne sera pas blessé, il sera juste évacué du front pour maladie entre le 7 juin et le 21 juin 1916. Cependant, son épouse ne reçoit aucune nouvelle de lui pendant la durée du conflit.
En 1917 il est posté à au dépot du 147è RI à Saint-Nazaire (Loire Inférieure) en tant que sous-officier instructeur.
C'est là qu'il "perd la tête" pour une jeune demoiselle Marie Grandin , 22 ans, qu'il épouse le 16 octobre de la même année. Eugène Herlem s'est fait établir de faux papiers au nom de Eugène WATREMEZ, célibataire.
La Guerre terminée, et les communications rétablies, l'épouse délaissée qui vit à Bertry dans le plus grand dénuement, se met en recherche de l'époux volage, dont on finit par retrouver la trace. Léonie dépose plainte et son époux est arrêté le 17 décembre 1919, arrêté pour bigamie et faux en matière d'état civil.
Il sera jugé et condamné à 3 ans de prison et 100 Francs d'amende. Cependant il sera amnistié en 1921.
Le divorce du couple sera prononcé le 23 avril 1932.
Eugène décèdera le 27 novembre 1961 à Pontchâteau (44)
Le Dim 27 sept 2020
D'après une série d'articles de presse découverts sur Retronews
Chronique de la misère quotidienne.
La victime :
Angèle Delemare etait une petite fille agée de 7 ans en 1884. Nous ne connaissons pas son lieu de naissance. Elle habitait Clary, avec sa maman Florine Marie Delamare, dont nous ignorons tout également.
Trouvés sur le le site de Clary en Cambrésis :
Inhumation le 10/02/1884 de Delamare Céline 4 ans.
Baptême 14/12/1884 Baptême de Demonchy Céline Augustine, fille de Demonchy Marie Célina. Marraine Delamare Marie
Inhumation le 25/11/1884 de Delamare Angèle 7 ans.
Baptême le 23/09/1888 de Pierre Delamare fils de Florine Marie Delamare
Baptême le 26/01/1890 de Jules Demonchy fils illégitime de Celina Demonchy veuve Delamare.
Angèle quittait chaque jour le domicile familial pour aller mendier dans les villages environnants. Elle rentrait le soir en rapportant à sa mère les aumônes qu'elle avait reçues, mais depuis le 17 novembre elle n'était pas rentrée.
Faits divers : Assassinat d'une petite mendiante.
Cette terrible histoire aura un écho important et sera reprise par plusieurs journaux de la presse nationale, j'en fais ici une compilation.
"Dans la journée du 23 novembre 1884, un garde-chasse, Monsieur Lamouret, trouvait dans le "bois des Dix" ( bois situé sur la route de Clary-Bertry, appartenant au territoire de Montigny), le cadavre d'une petite fille affreusement mutilé : La victime était couchée sur le dos. La tête etait presque détachée du tronc et n'y etait plus retenue que par la colonne vertebrale. La peau de sa joue droite semblait avoir été rongée par les animaux du bois. Elle tenait dans sa main droite crispée deux pièces de 10 et 5 centimes. à un mètre d'elle se trouvait sa besace, vide et trouée".
Cette petite mendiante, nommée Angèle Delemare, agée de 7 ans, n'était pas rentrée chez elle depuis le 17 novembre.
Ce jour là on l'avait vu en compagnie d'un nommé Auguste Courtin, dans le village de Bertry, se dirigeant du côté du bois des Dix. Depuis elle n'avait pas reparu.
Courtin, arrêté quelques jours plus tard, à Walincourt, nia être l'auteur de l'assassinat.


































