Cetait au temps ...

Berthilde Lansiaux (1857-1946)

21 février 1946, Bertry

Lansiaux berthilde

Il y a tout juste quatre-vingts ans, disparaissait Berthilde Lansiaux.

Elle était la sixième enfant d’une fratrie de onze — une de ces familles nombreuses, fréquentes, au mileu du XIXᵉ siècle, alors l'industrialisation naissante faisait appel à une forte main d'œuvre enfantine.

Ses parents, Henri Lansiaux et Anne Bastien, formaient un couple de tisseurs, lui originaire de Clary, elle de Bertry : deux villages, un même canton, et le textile pour horizon commun.

En 1882, Berthilde épouse Eugène Eustache Taine. Ils sont petits-cousins, parents au quatrième degré, comme il arrivait souvent dans nos communes, parce qu’on n’allait guère chercher ailleurs. Sortir du village, choisir « une étrangère » ou « un étranger », était mal vu, parfois vivement contesté, et pouvait même engendrer des rixes.

Une famille humble et pieuse

Artisans tous deux, ils tiennent un petit atelier de tissage, humble mais vivant. Le couple est profondément pieux ; l’une de leurs filles, entrera d'ailleurs en religion — un autre chemin, tout aussi exigeant, que j’ai évoqué sur ce blog : Jeanne Taine.

Dix enfants naîtront de cette union. Quatre ne verront pas le jour, ces « bourgeons » que les registres notent d’un terme sec : sans vie . Le cinquième ne vivra que deux jour. Vue avec nos yeux de contemporains, une telle succession d’épreuves donne le vertige. Il fallait alors une foi chevillée au corps pour continuer, pour "accepter".

Les autres enfants grandiront, formeront à leur tour des rameaux. J’ai déjà consacré une page à l’aîné des fils, et son épouse : Angèle Langet et Eugène Taine.

La vie, pourtant, ne fut pas clémente. En 1901, Eugène s’éteint prématurément, à quarante-six ans. Berthilde se retrouve veuve, avec plusieurs enfants encore en bas âge — le dernier n’a que sept ans. Elle poursuivra la route seule, sans éclat ni plainte apparente, portée, entourée, par une famille aimante : ses enfants, puis ses petits-enfants,

 

Famille taine lansiaux

Une photo précieuse

Quoi de plus émouvant que cette photo de famille, dense, presque compacte, où chacun semble avoir trouvé naturellement sa place. Les membres de la famille se touchent, font corps autour de l’aïeule, centre discret mais évident de la composition.

La jeune génération, elle, est mise en avant. Assise au premier rang, exposée à l’objectif.  Les plus petits ne perçoivent pas encore la portée de cette mise en scène. L’avenir de la famille.

Cette image raconte la continuité plus que l’instant. Elle dit la transmission. C'est un document précieux pour les généalogistes, parce qu’elle résume en un regard ce que des pages de registres ou des lignes d'explications  peineront toujours à faire comprendre.

Berthilde lansiaux sa fille jeanne et petits enfants 1

 

 

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Date de dernière mise à jour : Lun 23 fév 2026

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Commentaires

  • herbin
    • 1. herbin Le Mar 24 fév 2026
    Dominique,
    C'est toujours émouvant de se rappeler les années de bonheur, nous étions plein de soucis de toutes sortes, surtout pécuniers .
    C'est maintenant une idée de la vie qu'il ne sera plus possible d'envisager.
    MERCI POUR TOUS TES RECITS
    DANIEL

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