Artisans tous deux, ils tiennent un petit atelier de tissage, humble mais vivant. Le couple est profondément pieux ; l’une de leurs filles, entrera d'ailleurs en religion — un autre chemin, tout aussi exigeant, que j’ai évoqué sur ce blog : Jeanne Taine.
Dix enfants naîtront de cette union. Quatre ne verront pas le jour, ces « bourgeons » que les registres notent d’un terme sec : sans vie . Le cinquième ne vivra que deux jour. Vue avec nos yeux de contemporains, une telle succession d’épreuves donne le vertige. Il fallait alors une foi chevillée au corps pour continuer, pour "accepter".
Les autres enfants grandiront, formeront à leur tour des rameaux. J’ai déjà consacré une page à l’aîné des fils, et son épouse : Angèle Langet et Eugène Taine.
La vie, pourtant, ne fut pas clémente. En 1901, Eugène s’éteint prématurément, à quarante-six ans. Berthilde se retrouve veuve, avec plusieurs enfants encore en bas âge — le dernier n’a que sept ans. Elle poursuivra la route seule, sans éclat ni plainte apparente, portée, entourée, par une famille aimante : ses enfants, puis ses petits-enfants,