Un peu avant la soixantaine, la vieille femme fut progressivement envahie par un état de trouble psychique. Ses conversations devenaient de plus en plus souvent confuses, ponctuées de plaintes sur des douleurs incessantes dans la tête et un épuisement moral qu'elle attribuait à la lassitude de vivre. À cette époque, les troubles mentaux, souvent réduits à des défaillances de caractère ou des faiblesses spirituelles, étaient mal compris et rarement traités efficacement. Un diagnostic précis, avec nos connaissances actuelles, aurait peut-être détecté une dépression nerveuse, un commencement d’Alzheimer, voire éventuellement une tumeur au cerveau.
Le mercredi 6 avril 1892, jour tragique, marqua la fin de ses tourments. Au petit matin, sans éveiller les soupçons de son époux, Placidie disparut de leur domicile. François pensa initialement qu'elle rendait visite à leur fils, résidant à l'autre bout du village. Ce n'est que lorsque leur fils arriva, inquiet de ne pas trouver sa mère chez lui, que la famille prit conscience de l'étrangeté de son absence. Après des recherches frénétiques, ils la découvrirent finalement dans le grenier, où elle s'était donné la mort.