Vers 1650, le monde de Marie Anselme était celui d’une société profondément structurée par l’économie vivrière et la religion.
On y mangeait trois fois par jour : on déjeunait le matin, on dînait à midi, et on soupait le soir. Le premier repas consistait souvent en une soupe, un gruau de céréales, parfois du pain rassis trempé dans un liquide chaud. Le dîner et la soupe du soir étaient plus consistants, mais restaient simples.
Les jours maigres, imposés par le calendrier religieux, étaient innombrables : près de la moitié de l’année. Pas de viande les vendredis, les vigiles, les quarante jours de Carême, l’Avent... On se contentait alors de poisson, œufs, laitages. Dans notre région, cela signifiait souvent du hareng salé ou fumé. L’eau étant souvent impropre à la consommation, la bière était la boisson courante, à tous les âges, faible en alcool mais riche en calories. Nos villages disposaient de nombreuses brasseries, et dans les familles on fabriquait la bière de ménage. La bière nourrissait autant qu’elle désaltérait.
Dans les familles paysannes et artisanes, on consommait du pain de seigle ou de méteil, des légumes du jardin (choux, fèves, oignons), des fromages blancs et occasionnellement du lard ou de la volaille. Le meunier, dans ce monde, occupait une place centrale.