Flore Gury ( 1873-1902)
Née à Clary en novembre 1873, Flore Gury grandit au cœur d’une fratrie nombreuse : sept frères, une sœur, Rose, son aînée de onze ans.
Enfant du milieu, elle apprend tôt à se faire une place, entre les plus grands déjà lancés dans la vie et les plus jeunes encore à protéger.
À vingt-et-un ans, Flore donne naissance à un fils, Gaston, né de père inconnu.
Trois ans plus tard, en 1897, Flore épouse Arsène Capuciny, cordonnier à Clary. À cette occasion, l’enfant est légitimé et prend le nom de Capuciny. Arsène le reconnaît comme sien, lui donnant un nom, une place et un avenir.
De cette union naît une fille, Catherine, en 1901. Le bonheur est bref : Flore s’éteint prématurément en octobre 1902, à seulement vingt-huit ans, laissant deux enfants en bas âge.
Son veuf se remariera dix ans plus tard avec Aurélie Montay.
Flore demeure une silhouette discrète de l’histoire familiale, passée trop vite. Sur la photographie, pourtant, rien ne laisse présager ce sombre avenir : elle y apparaît rayonnante de santé J’ai tenté de me renseigner auprès de la famille sur les circonstances de sa disparition — maladie, accident — mais aucun souvenir ne subsiste. Les faits sont trop anciens désormais, et le silence s’est refermé.
Après Flore, l’histoire se poursuit à travers le destin de ses enfants.
Gaston Capuciny
Engagé volontaire pour trois ans en 1912, Gaston Capuciny entre dans l’armée avant même que l’Europe ne bascule. La Première Guerre mondiale fera de lui un soldat éprouvé : trois citations, des combats, et une blessure invisible mais durable — l’intoxication par les gaz.
Après l’armistice, il passera l’essentiel de sa vie militaire au Maroc, où il poursuit sa carrière. Il la termine avec le grade de lieutenant de réserve de cavalerie, au 1er régiment de chasseurs d’Afrique. Pour l’ensemble de sa carrière, il est nommé, en 1936, chevalier de la Légion d’honneur.
Gaston se marie une première fois — une union dont nous ignorons encore tout. En secondes noces, il épouse Suzanne Laurent. Je ne lui connais pas d’enfant.
La table des successions et absences indique qu’il avait rédigé un testament en février 1957 : y sont citées son épouse et sa sœur, Catherine Capuciny.
À la retraite, le couple s’installe à Montreuil-sur-Seine. Gaston meurt en septembre 1957, dans un hôpital du 15ᵉ arrondissement de Paris.
Catherine Capuciny
Si Gaston Capuciny s’est peu à peu effacé des mémoires locales, son parcours l’ayant tenu loin du pays durant de longues années, Catherine, sa sœur, est restée, elle, présente dans le souvenir des Bertrésiens. Non par éclat, mais parce qu’elle y a fondé une famille, inscrit un nom, transmis une histoire.
En 1925, elle épouse le Bertrésien François Adrien Dozière, menuisier-charpentier. De leur union naît un fils, Gaston, en 1926, qui épousera plus tard Nicole Maudens.
Veuve en 1953, Catherine lui survivra trente et une années.
Conclusion
Ainsi se dessine, discrètement, le destin de Flore Gury. Partie trop tôt, à peine visible dans les registres, elle laisse pourtant bien plus qu’un nom : deux enfants, deux vies. L’un prendra la route, emporté par l’uniforme et les horizons lointains ; l’autre restera, fondra une famille, et finira par incarner, pour le village, ce qui reste de Flore.
Repères généalogiques
Pour clore ce portrait, j’ai replacé Flore dans sa famille d’origine, en présentant Rigobert Gury et Angélique Lecompte suivis de leurs neuf enfants.
À ce jour, une seule zone d’ombre subsiste : je n’ai pas encore retrouvé la date de décès de Rose Gury, l’aînée de la fratrie — la seule à échapper encore aux repères chronologiques.
Deux des fils, Louis et Henri, sont morts pour la France, rappelant combien cette famille, comme tant d’autres, a payé son tribut à l’histoire.
Enfin, Je tiens à adresser mes plus vifs remerciements à mon ami Paul Lempereur, pour la communication des photographies, sa disponibilité, et la générosité avec laquelle il a partagé informations et souvenirs.
Sans ces échanges, certaines silhouettes resteraient définitivement dans l’ombre.

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Date de dernière mise à jour : Jeu 12 fév 2026
Commentaires
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- 1. Liliane Dubord Le Jeu 12 fév 2026
C'est trés gentil à vous, cela est formidable de connaitre la vie des personnes , merçi Beaucoup Cordialement -
- 2. Delattre Le Mer 11 fév 2026
J aime vous lire -
- 3. VERONIQUE ESPECHE Le Mar 10 fév 2026
Gustave ou Gaston ??-
- Dominique LENGLETLe Mar 10 fév 2026
Gaston, je corrige la coquille
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- 4. SEGERS Christiane Le Mar 10 fév 2026
Bonjour, j'ai lu votre message avec intéret, je vous en remercie. J'ai cherché si nous avions des ancêtres communs, en vain. C'est toujours émouvant de retracer l'histoire d'une vie.
J'ai souvent lu votre nom et j'imaginais un homme, je me trompais.
Amicalement.
Christiane SEGERS -
- 5. Jean-Luc DUMOULIN Le Mar 10 fév 2026
Merci pour cette belle narration et merc à Paul pour sa contribution.
Je vais chercher des traces de tous ces personnages dans mon arbre, sait-on jamais.
D'autre part, comme le monde est petit ... Lors de mon arrivée à Lanouaille en mars 1999 pour y commander la brigade de gendarmerie en tant qu'adjudant, j'ai eu pour adjoint le MDL/Chef CAPUCINY dont j'ai oublié le prénom, et qui, si mes souvenirs sont exacts avait été affecté à la brigade de Thenon (24). Va savoir s'il pourrait exister un lien avec ceux de ton histoire ... ?
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