Nous plongeons dans les souvenirs d'une école qui n'existe plus,
le tableau, l'ardoise, la craie qui grince, l'éponge qui...pue. Oui il faut bien le dire.
L'estrade, les bureaux, les bancs , les encriers qu'il nous fallait nettoyer une fois l'an.
Les récompenses, une image pour dix bons points, les punitions allant du coup de règle sur les doigts, à la "mise au coin".
L'encre violette et le porte-plume, qui tache les doigts, la colle blanche et son petit goût de noisette..
Point n'est besoin d'en rajouter, vous êtes dans l'ambiance.
Photo de ma collection personnelle, école de Clary. Le jeune instituteur deviendra plus tard le Proviseur du Collège François Villon. Jean-Pierre LEFEBVRE.
Puis, quelques années plus tard, à 10 ans, c'est le départ en pension à Cambrai au Lycée Fenelon.
C'est l'uniforme bleu marine, jupe obligatoire, le pantalon est interdit, et le berêt qui nous fait ressembler à des tartes alors que c'est l'âge où l'on rêve de devenir hôtesse de l'air.
C'est l'alternance des blouses, une bleu France une bleu marine.
Ce sont les grands dortoirs, les lavabos alignés côte à côte, et la "ciragerie" où nous briquons les chaussures. Interdit de se lever la nuit pour aller aux toilettes situées en dehors du dortoir.
C'est l' immense réfectoire, qui n'a jamais connu les batailles de petits pois, ça c'est bon pour les films ! le goûter de 16h avec la pâte de fruit ou le carré de chocolat ,en alternance, et le verre de thé.
la discipline stricte, notamment en ce qui concerne la nourriture, on se devait de tout manger, et pourtant....avec l'expérience que j'ai maintenant de la "cuisine", c'est à se demander si cela ne s'apparentait pas à de la maltraitance tant certains plats étaient scandaleusement mauvais.
Ah oui ! j'oublais... la sempiternelle "promenade" du jeudi, en rang par trois, rue du champ de tir ou le long du canal...de quoi susciter des vocations de randonneurs en pagaille !

Le magnifique hall, art déco, par lequel nous entrions, nous les internes, et dans lequel les surveillantes procédaient à la fouille des valises. imaginez qu'on ait pu cacher, un paquet de bonbons ou de biscuits ! imaginez qu'on fasse entrer une fraude une bande-dessinée ! Imaginez, comble de l'insolence, qu'adolescente on ait pu vouloir apporter une tube de creme Clearasil teintée pour cacher quelques petits boutons....
C'était colle, colle colle... Une année, J'ai réussi, ainsi qu'une amie, l'exploit d'être collée tout un trimestre. Notre crime : nous avions "parlé" par dessus la grille de la cour ; un jeune papa qui sortait de la maternité voisine, nous demandait de prévenir sa soeur, interne également, de la bonne nouvelle de la naissance.
Ci dessous l'un des dortoirs des petites, 6è et 5è. Pour les plus grandes nous partagions un box, deux lits superposés, un lavabo, un placard.

Mais, j'ai gardé de bonnes amies de cette époque, nous nous sommes retrouvées via Facebook .
l'une des punitions en vigueur etait de ramasser les papiers dans la cour... activité citoyenne avant l'heure.