L'impact de Blois sur la généalogie est immense, à plusieurs niveaux.
1. Une vie d'ancêtre enfin « complète » sur le papier.
Avec les mariages et les sépultures désormais enregistrés, on peut reconstituer l'ensemble du parcours d'un individu : naissance (baptême), union (mariage), fin de vie (sépulture). Pour le généalogiste, c'est un saut qualitatif énorme : on ne se contente plus de retrouver une naissance isolée, on peut relier les générations entre elles.
2. Les actes de mariage deviennent une mine d'or.
Grâce à l'obligation des bans, des témoins et de l'accord parental, les actes de mariage de cette période mentionnent souvent :
- les noms et parfois professions des parents des époux,
- la paroisse d'origine de chacun,
- la présence de témoins, qui sont fréquemment des membres de la famille,
- parfois l'âge ou le statut (majeur, mineur, veuf, veuve)
3. Les sépultures, des indices précieux.
Les actes de sépulture, eux, permettent de :
- fermer une lignée proprement,
- éviter les confusions entre homonymes,
- estimer une date approximative de naissance lorsque l'âge au décès est indiqué,
4. Le casse-tête de la généalogie protestante.
Pour la généalogie protestante, l'ordonnance de Blois a une conséquence très concrète. Pendant de longues périodes, vos ancêtres réformés peuvent apparaître soit dans des registres pastoraux protestants (lorsqu'ils existent et ont été conservés), soit dans les registres catholiques, sous la forme de baptêmes, mariages ou sépultures imposés par les circonstances. Croiser les deux sources est souvent indispensable. Il faut aussi composer avec le grand vide de 1685–1787, période durant laquelle les protestants n'ont plus d'état civil légal : on parle alors de la « période du Désert », un véritable casse-tête pour le généalogiste.