Un point mérite d'être souligné, car il éclaire toute la suite de l'histoire de l'état civil : en 1539, le mariage échappe encore largement au droit royal. Il relève quasi exclusivement du droit canonique de l'Église catholique, et celui-ci est, à nos yeux contemporains, étonnamment souple.
L'âge minimal pour se marier est très bas : 12 ans pour les filles, 14 ans pour les garçons, conformément au droit canon hérité du droit romain.
Il faudra attendre l'édit de Henri II en 1556, puis l'ordonnance de Blois en 1579, pour qu'une majorité matrimoniale apparaisse dans le droit royal : 25 ans pour les filles, 30 ans pour les garçons. En 1539, rien de tout cela n'existe encore.
Surtout, le consentement des parents n'est pas juridiquement requis pour la validité du mariage. Ce qui compte, c'est le consentement mutuel des deux époux. Il est même possible, dans certaines conditions, qu'un simple échange de consentement, sans prêtre et sans témoins, soit considéré comme un mariage valide. C'est précisément ce vide juridique qui rendra possibles les mariages clandestins, les rapts de séduction et les unions imposées ou contestées que l'ordonnance de Blois s'efforcera de combattre quarante ans plus tard.
En 1539, donc, on prouve les naissances, mais on ne contrôle pas encore les unions.