Cetait au temps ...

Marie Caille épouse Charles Mora

Rdvancestral osyne

"Toute ressemblance avec des faits et des personnages ayant existé n'est absolument pas fortuite !"

Chaque 3ᵉ samedi du mois, je participe au Rendez-vous ancestral, un défi d’écriture où l’on remonte le temps à la rencontre d’un personnage présent dans notre arbre généalogique. Une fiction basée sur des données réelles. Pour m’y aider, j’ai créé, voici deux ans,  le personnage d’Osyne, chroniqueuse pour la gazette Cetaitautemps.

Mon moyen de transport ? Ce petit pot en verre et métal, du XIXe siècle, autrefois confiturier ou sucrier, aujourd’hui mon fidèle "Portoloin". Tel la lampe d’Aladin, il me relie à mes arrière-grands-parents et m’ouvre la porte du passé.

Une vielle photo

Eugene Ernest  Marie

J’ai sous les yeux une photographie venue du fond des âges.

Trois enfants y posent, graves comme on l’était alors devant l’objectif.

Eugène, à gauche, debout, les traits déjà fermes. Ernest, au centre, assis sur une chaise trop grande pour lui, vêtu comme un petit homme. Et Marie, à droite, la main posée sur l’épaule de son frère, dans un geste protecteur.

Leurs prénoms ont été ajoutés plus tard, au crayon, au-dessus de l’image. Rien de plus, ou presque. Juste assez pour éveiller ma curiosité.

Ce sont les trois enfants d'Elie Caille et Marie Reine Bomal. Je cherche à en savoir davantage. À comprendre qui ils étaient, dans quel monde ils ont grandi, ce que la vie leur a réservé.

Voilà un terrain idéal pour Osyne, mon alter ego virtuel, chroniqueuse pour la gazette Cetaitautemps. À elle d’aller voir. À elle de se glisser dans leur époque. 

Marie épouse Charles

Osyne connaît bien Bertry. Elle n’y est pas dépaysée lorsqu’elle s’y retrouve, en ce mercredi 20 février 1924. Le froid est vif, mordant,  l’hiver n’a pas encore lâché prise. Au loin, elle aperçoit un  attroupement. Onze heure trente. La noce, arrivée à la mairie, s'élance sur le double escalier qui monte vers l'entrée. Les invités attendent au bas des marches, par petits groupes, les épaules serrées dans les manteaux.

Parvenue à proximité, elle en profite pour croquer un dessin souvenir, dans le carnet qui ne la quitte jamais. Elle lève les yeux vers le fronton. Une devise y est gravée : Travail – Justice – Humanité. On ignore à quel moment elle a été apposée ; elle n’apparaît pas sur les photographies les plus anciennes, celles des environs de 1900. En 1924, elle est là pourtant, sans explication.

Les portes sont ouvertes, conformément à la loi. Cela tombe bien : dehors, il fait froid. Osyne se faufile à l’intérieur, discrète, presque invisible. Il est onze heures trente.

Le maire, Gaston Bracq, officie. Il énonce l’identité complète des futurs époux : Charles Jules Joachim Mora, cultivateur, et Marie Adolphine Opportune Caille, sans profession. Tous deux ont trente ans passés. Ils sont largement majeurs, installés dans la vie. Un contrat de mariage a été établi deux semaines plus tôt, à Caudry ; le maire en fait mention. Puis viennent les paroles rituelles, les droits, les devoirs, la déclaration solennelle.

Osyne tente de scruter l’assemblée. Les parents sont-ils là ? Elle ne saurait le dire. De son poste d'observation, elle ne voit pratiquement que des dos. Vient le moment des signatures. Nouvelle déception. Les témoins s’avancent : Fernand Gressier, avocat au Raincy, Arthur Hiet, cultivateur à Molain. Aucun nom ne lui parle. Aucun lien évident avec la fratrie de la photographie. Ni Eugène, ni Ernest.

Osyne comprend alors qu’elle n’en saura pas beaucoup plus aujourd’hui. Elle se retire, sans bruit, laissant la cérémonie suivre son cours. Dehors, le froid la saisit de nouveau.

Elle ressent une légère frustration, vite estompée.  Ce n’était qu’un premier rendez-vous. Il faut accepter que l’histoire ne se livre jamais tout entière d’un seul coup. Eugène et Ernest auront, eux aussi, leur tour. Leur histoire attend simplement des circonstances plus favorables.

 

Epilogue

Ce qu’Osyne ne pouvait pas leur dire, je le sais pourtant.
Après leur mariage, Charles et Marie s’établiront à Viesly. Comme tant d’autres, ils auront sans doute espéré une descendance. Cet espoir ne sera pas couronné de succès : le couple n’aura pas d’enfant. Charles s’éteint en 1950 ; Marie le rejoint en 1976. Ainsi se referme leur histoire.

croquis noce Bertry

 

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Date de dernière mise à jour : Sam 21 fév 2026

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Commentaires

  • Catherine Livet
    • 1. Catherine Livet Le Dim 22 fév 2026
    RDVAncestral bref, mais qui donne envie de connaître les frères de la mariée pour en savoir plus sur la famille.
  • Briqueloup
    Elle est précieuse cette photographie qui permet de connaitre le visage des trois enfants.

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