Célibataire, Léoncie vivait avant-guerre à Viesly, chez cette sœur Jeanne et son beau-frère Zéphyr Dozière. Une existence simple, sans éclat particulier — de celles que les archives mentionnent à peine, jusqu’au jour où la guerre s’invite brutalement.
Au printemps 1940, comme des millions d’autres, Léoncie prend la route de l’exode. Elle trouve refuge en Seine-Inférieure, dans la commune de Le Thil-Riberpré. Un refuge précaire. Débute alors la première bataille de Normandie.
L’aviation allemande bombarde routes, ponts, villages, cherchant à bloquer l’armée française et à terroriser les civils jetés sur les chemins. Après les bombardements des 7, 19 et 24 juin, l’armée allemande entrera dans Neufchâtel-en-Bray et installera une annexe de la Kommandantur à Forges-les-Eaux, à quelques kilomètres seulement de Thil-Riberpré.
C'est au cours de la première salve de bombardements, le 7 juin 1940, à 18 heures, que Léoncie est mortellement blessée. Son décès est déclaré par un habitant du village, Monsieur Delacroix, gardien de bouverie — témoin ordinaire d’un drame devenu presque quotidien.