Léonard Fruit n’est pas seulement un tisseur et un père de famille ; il est aussi engagé politiquement. Il rejoint le Comité Libéral, où il fait valoir ses convictions républicaines et sociales. Impliqué dans la vie publique, son militantisme trouve son prolongement dans son rôle de conseiller municipal, un poste qu’il occupe avec dévouement jusqu’à une période avancée de sa maladie.
En février 1907, alors que le conseil municipal de Bertry se réunit sous la présidence du maire, Léonard participe activement à la discussion sur des sujets administratifs, comme la location du presbytère, un sujet particulièrement sensible à l’époque, dans le contexte de la loi de séparation de l’Église et de l’État, votée en 1905. Ce rôle dans la commune montre l’implication de Léonard dans les affaires publiques, au moment où la République cherche à imposer des réformes sociales de grande ampleur, notamment dans le domaine du travail et des droits des ouvriers.
Le gouvernement de Clemenceau, pourtant porteur de réformes visant à améliorer la condition des travailleurs, est loin de faire l’unanimité. Dans la presse locale, on peut lire des critiques acerbes des réformes, notamment à travers la mention « les idées haineuses d'un gouvernement de francs-maçons », ce qui montre une opposition forte des cercles conservateurs, hostiles aux réformes sociales de Clemenceau. Bien que Léonard Fruit ne soit pas directement lié à ces querelles, il doit sans doute naviguer dans un climat politique tendu où les nouvelles réformes sont source de divisions.