Le 31 octobre 1914, Charles, d’abord affecté au service auxiliaire pour raisons médicales, est reclassé service armé par la section spéciale de Mayenne-Laval.
À partir de là, il plonge dans le chaos des hôpitaux de campagne. Pour imaginer ce qu’il vit, il suffit de relire le carnet de guerre d’Émile Déchirot, infirmier dans sa même unité :
«"De 1 heure jusqu’au soir, plus de 200 blessés nous arrivent. iIs ont été fauchés par la mitraille ou dans les tranchées de Boussois, ou dans la plaine entre Boussois et Erquelines. Quel spectacle lamentable et que de sang versé ! Jambes et bras fracturés, têtes en bouillie, pantalons, capotes et képis troués de balles et d’éclats d’obus, douleur peinte sur tous les traits.
On fait rapidement les premiers pansements et la troupe des infirmiers se précipite pour caser tout ce monde qui, sans crier gare, nous envahit . La nuit naturellement se passe dans l’insomnie complète, j’étais en effet obligé de courir d’un lit à un autre lit, d’une salle à une autre salle. Des malheureux que je soignais et qui souffraient atrocement me demandaient en suppliant de les achever, pour immédiatement mettre un terme à leurs tortures et moi, je les consolais de mon mieux, leur disant de penser à leur femme, à leurs enfants, à leur mère, pour lesquels il devait vivre..." -» - source Carnet de guerre d'Emile Dechirot