Cetait au temps ...

Becquet

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Certaines branches de notre arbre, discrètes, presque invisibles, le petit-bois,  cachent des vies qui ont tissé, sans bruit, le fil de notre histoire familiale.

Ce dossier est dédié à ces "rameaux cachés", ces ancêtres moins connus, dont les traces s’estompent au fil des siècles, parfois effacées par la rareté des archives, d’autres fois par le silence de l’histoire.

 

D'où vient ce nom

Le patronyme Becquet, et ses variantes Becq ou Becque, dériverait, d'après les sites généalogiques, très probablement de bec, sobriquet donné à une personne bavarde, avec parfois une nuance péjorative de médisance. On rencontre ce nom principalement dans les familles du Nord, de la Picardie jusqu’à la Normandie.

Certains avancent l’idée d’une souche unique dont descendraient tous les Becquet. L’hypothèse est séduisante, mais rien ne permet de l’affirmer. D’autant que le mot becquet existe aussi comme nom commun et possède plusieurs sens : il peut désigner une saillie de rocher servant de point d’ancrage, un nom populaire du saumon, un accessoire automobile  un élément d’étanchéité sur un toit-terrasse, ou encore un fragment de texte ajouté par un auteur au fil des répétitions.

Je n’exclus pas non plus que, dans certains cas, Becquet puisse être une déformation accidentelle de Bacquet, déjà évoqué.  Avec les graphies fluctuantes des siècles passés, l’hypothèse n’est pas impossible — mais il est probable que nous ne le saurons jamais.

Dans mon arbre

Une seule personne porte ce patronyme : Martine Becquet, mon ancêtre à la 11ᵉ génération. Et oui, Martine n’est pas seulement un prénom des années 1950.

Elle est l’épouse d’Adrien Cauwet. Sa naissance est estimée vers 1639, faute de registres disponibles — s’ils ont jamais existé. Nous sommes pourtant un siècle après l’ordonnance de Villers-Cotterêts, mais le Cambrésis, archevêché relevant encore du Saint-Empire, n’est pas tenu d’appliquer les volontés du roi de France.

Martine s’éteint en octobre 1691, après avoir donné naissance à au moins dix enfants, si l’on ne compte que ceux qui ont atteint l’âge adulte, et donc laissé une trace.

Comme pour son mari Adrien Cauwet, une ombre demeure : les parents de Martine Becquet nous restent inconnus. Ainsi commence — et  s’arrête — ce discret rameau de l’arbre.

 

 

 

Cauwet x becquet

Où vivaient il

Martine Becquet s’est mariée et est morte à Troisvilles, petit village du Cambrésis. Certains généalogistes lui prêtent pourtant une naissance à Haubourdin, près de Lille, sur la foi d’un acte de baptême dont le déchiffrage me laisse bien perplexe. L’information n’est d’ailleurs pas reprise par le Groupement des Généalogistes du Cambrésis (GGAC) — et pour cause : les deux villages sont séparés d’une bonne centaine de kilomètres. Je ne souscris donc pas à cette hypothèse.

Profitons-en plutôt pour évoquer Troisvilles. Dans notre enfance, nous plaisantions en parlant de « trois villes dans un village ». Derrière la boutade se cache pourtant une réalité historique : la localité est issue de la réunion de trois fiefs, relevant des seigneuries d’Euvillers, de Fay et de Sotière. Depuis 1582, le nom s’écrit en un seul mot : Troisvilles.

Troisvilles 1

Dans quel monde

Évoquer une naissance à cent kilomètres invite à rappeler une réalité souvent oubliée : au XVIIᵉ siècle, se déplacer relevait déjà de l’aventure. Les chemins étaient inégaux, parfois impraticables selon les saisons ; les voyageurs craingnaient les attaques de brigands et les différences de langue compliquaient les rencontres. En dehors des pèlerins, des soldats ou des travailleurs itinérants, on quittait rarement son pays.

Les distances, d’ailleurs, se mesuraient en temps de marche. Un bon marcheur parcourait en moyenne une dizaine de lieues par jour. Le kilomètre n’existait pas encore : le système métrique n’apparaîtra qu’un siècle et demi plus tard, à la Révolution française.

Dans ce contexte, imaginer Martine Becquet parcourant une centaine de kilomètres entre Haubourdin et Troisvilles reste, pour le moins, peu vraisemblable. 

 

Voyages

Point généalogique

Pour les amateurs d’écriture ancienne, voici l’acte de baptême en question, du 4 juillet 1638 à Hallennes-lez-Haubourdin. Je dois reconnaître que mon absence de  compétences en paléographie ne me permet pas de l’exploiter avec certitude.

Bapteme becquet

Par ailleurs, certains généalogistes marient Martine Becquet, en secondes noces, à Briastre en février 1672 avec un certain Antoine Leclercq. Mais là encore, incohérence,  l’hypothèse soulève une difficulté évidente : elle ne peut pas être bigame. Le dernier enfant d'Adrien et Martine, nait en 1686. 

La conclusion la plus raisonnable est sans doute la plus simple. De même qu’il existe plusieurs ânes prénommés Martin, il existe aussi plusieurs jeunes femmes nommées Martine Becquet. Et toutes ne sont pas nécessairement les nôtres.

 

 

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Date de dernière mise à jour : Jeu 05 mars 2026

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