A la recherche du temps perdu....

Octavie, la petite cousine peu fréquentable !

Philosomé Lecompte                              
Toussaint LECOMPTE Archange LECOMPTE
jean-Baptiste LECOMPTE Archange FURGEROT
Octavie LECOMPTE Eugène DELEPINE 

 Photo

Les grands-parents d'Eugène DELEPINE ( mon grand-père)  et ceux d'Octavie LECOMTE sont frères et soeurs, ce sont donc des petits cousins.

Octavie a défrayé la chronique locale en janvier 1914. Les horreurs de la guerre, qui arrive immédiatement après, ont peut-être renvoyé Octavie et son crime dans l'oubli.  En ce qui concerne ma proche famille personne ne s'en souvient.

La jeune femme, 35 ans au moment des faits, elle est mère célibataire de deux enfants  : Zoé qu'elle a eu à l'âge de 17 ans, et Félix né en 1907, qu'elle a tenté d'abandonner dans une église à la naissance, ce qui lui a valu une condamnation par le tribunal de St Quentin en mars 1908.

Octavie, ainsi que ses deux enfants, agés de 18 et 7 ans, vit avec son père dans une fermette au lieu-dit "la raperie" route de Caullery à Clary (Nord). Sa mère, Octavie Laetitia WARGNIEZ est décédée depuis 5 ans, son frère, Jules, de deux ans son cadet  a quitté le domicile familial depuis quelques années, après qu'Octavie qui avait volé son père, ait tenté de faire endosser la responsabilité du vol à son frère.

Le 11 janvier 1914 : le père va au village  payer ses notes. Elles s'élèvent à un montant beaucoup plus élevé que prévu, à son retour à la ferme il a une vive discussion avec sa fille sur ces dépenses inconsidérées.

Le 14 janvier, Jean-Baptiste, surnommé "Baptiste gai" , décrit par les témoins comme un colosse dans la force de l'âge, meurt subitement,après quelques heures de souffrance. Il a 60 ans, la mort est attribuée à des causes naturelles, une congestion provoquée par le froid. Jules revient à la ferme, pour diriger l'exploitation.

La jeune femme ne supporte pas cette reprise en mains, par conséquent, le 21 janvier, soit une semaine plus tard, elle empoisonne Jules avec un bol de café au lait à la mort aux rats. La proximité des dates et les circonstances similaires, attirent l'attention de la gendarmerie, une enquête est diligentée. 

Le tableau qui est brossé de la jeune femme n'est guerre flatteur : dépensière qui n'hésite pas à avoir recours à l'escroquerie. Frivole, paresseuse, débauchée, on lui reproche d'être une femme de mauvaise vie. La preuve : ses deux enfants hors mariage. Lors de son transfert de Clary à Cambrai une foule énorme est massée sur le passage du convoi. La police aura bien du mal à la protéger contre la fureur populaire.

Dans un premier temps, Octavie nie formellement toute implication dans la mort de sa famille, mais elle finit par avouer, son achat d'arsenic dans une pharmacie à l'extérieur du village ayant été découvert. Pour sa défense elle tente d'expliquer que son père maltraitait ses deux enfants naturels, puis que son frère l'avait également menacée.

Examinée par un médecin expert, le Docteur Timal de Cambrai, elle est reconnue responsable de ses actes, avec "atténuation en raison de certaines anomalies mentales et physiques". 

Ses arguments n'ont pas convaincu les jurés de  la cour d'assise du nord. 

 Le 04 mai 1914, elle est déclarée coupable, sans circonstance atténuante et condamnée à mort. Octavie devra être exécutée sur la place de Cambrai, avec le cérémonial d'usage pour les parricides : en chemise, pieds nus et voile noir sur la tête.

Octavie est expédiée a la prison pour femmes de Rennes, l'une des plus dures du pays. Un bagne en métropole.Exterieur cour d entree prison rennes

La peine de mort sera commuée en peine de prison à perpétuité par le Président de la République, Monsieur Raymond Poincarré. Grâce au jeu des remises de peines successives, elle sera libérée en 1945. Elle termine sa vie au chateau de la Ferté -Vidamme, au sein de l'oeuvre Ste Marie Madeleine, qui s'ocupe de la réinsertion d'anciennes détenues. Octavie est décédée le 24 janvier 1948 à La Ferté-Vidamme (28).

Le "cas" Octavie, a fait l'objet d'un chapitre dans un livre de Bernard Schaffer "Les grandes affaires criminelles du Nord" ainsi que d'un chapitre dans un traité de médecine légale dont je joins en annexe les pages sous forme d'album photo.

Coupures de presse retrouvées grace à l'aide de Philippe Bourlet, webmaster du site clary en Cambrésis.

Petit journal 1   Octavie echo de paris  Petit journal 3

 

 

 

 

Octavie condamnee

 

Date de dernière mise à jour : 07/03/2021

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Commentaires

  • philippe cattelin
    • 1. philippe cattelin Le 03/01/2021
    Bonjour Madame,
    Membre de Cambrésis Terre d'Histoire, je suis en train de compléter mes recherches sur l'histoire d'Octavie Lecompte.
    Je "bloque" sur quelques précisions !
    - Où se trouvait exactement la Ferme de la Râperie ? Qu'est-elle devenue après l'affaire ? En existe-t-il une photo ?
    -Je n'arrive pas à trouver son (ou ses) lieu d'incarcération entre 1914 et 1945.
    Pourriez-vous me dire vers qui je dois me tourner pour avoir satisfaction ?
     
    Merci d'avance de votre (vos) réponse(s).
    Si vous désirez que nous nous rencontrions, je ferais le déplacement avec grand plaisir.
    Philippe Cattelin - kpage.pao@wanadoo.fr - 06 73 42 28 03
    • Dominique LENGLET
      • Dominique LENGLETLe 04/01/2021
      Bonjour Monsieur Cattelin, Il nous sera difficile de nous rencontrer puisque j'habite maintenant Perpignan mais je vais vous contacter par tMP pour orienter vos recherches. En ce qui concerne la ferme, elle se trouve à la sortie de Clary sur la droite face à un lotissement de quelques maisons, je vous envoie une photo par ailleurs. Cordialement

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