A la recherche du temps perdu....

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Fourmies 1er mai 1891

« Il y a quelque part, sur le Pavé de Fourmies, une tâche de sang innocent qu'il faut laver à tout prix.  » 

 

Ces mots seront prononcés par Georges Clemenceau, dans un discours en date du 8 mai 1891, soit une semaine après les événements.

Fourmies est une petite cité ouvrière de l'Avesnois, dans le Nord de la France. C'est un fleuron de l'industrie textile au XIXè siècle, période à laquelle la ville connaît son apogée :

En 1810, une première filature de coton est créée par MM. Lebègue et Legrand. En 1825, Théophile LEGRAND ouvre la première filature de laine dans laquelle il utilise dès 1828 une machine à vapeur.

 Au terme d’une progression vertigineuse, Fourmies devient le premier centre mondial de laine fine peignée filée. En 1869, la ville est desservie par le chemin de fer. De 1830 à 1890, la population passe de 2 000 à 15 000 habitants.

Voilà des mois que le feu couve sous la cendre. Du fait de la crise qui frappe durement le textile dans les années 1880, les rémunérations ont drastiquement baissé (parfois de moitié !) dans les usines insalubres de la ville. Craignant des débordements, le maire de la ville, Auguste Bernier, lui-même directeur d'une usine , a demandé au préfet d'envoyer l'infanterie, histoire de dissuader les fauteurs de trouble.

Et pourtant : le programme de la journée, ce vendredi 1er mai, n'a rien de subversif. Le mois symbole de renouveau est célébré par la coutume des rameaux fleuris par les amoureux. Dans l'arrondissement d'Avesnes, pays de bocages, de vergers, cette coutume est très suivie. Ce sont des branches de charme, de jeunes bouleaux, des rosiers, des lilas,  symboles d' amour naissant, de passion ardente. A Fourmies sont programmés spectacles, repas fraternel, délégation en mairie, pour porter les doléances, et même un bal, pour lequel il a été demandé une permission de minuit. Sans oublier, bien sûr, un défilé pour réclamer la journée de 8 heures et une hausse des salaires.

Musee fourmies avis travail 1 mai

Le 1er Mai, le concept de  "fête du travail" en est à ses balbutiements, ce n'est pas encore un jour férié et chomé. Le Parti Ouvrier de Jules Guesde en a fait, l'année précédente, une journée internationale de revendication. Le patronat a contesté cette initiative. Dès le matin, quelques echauffourées éclatent entre gendarmes et piquets de grève qui sont arrêtés. À partir de 11h30, les délégations des différentes usines en grève sont reçues à la mairie où elles remettent leurs revendications. Pour calmer les esprits, le maire annonce que les ouvriers arrêtés seront libérés à 17h.

En début d'après-midi, des ouvriers se rassembent de nouveau devant la mairie. Quelques familles se dirigent cependant vers le théâtre où le spectacle prévu attend toujours son public. Les gendarmes à cheval dispersent les manifestants et procédent à de nouvelles arrestations. La fête n'est plus d'actualité, la représentation est annulée.

À 15 h 30, les renforts du 145e régiment d'infanterie arrivent en gare de Fourmies, ils rejoignent les gendarmes sur la place, les forces de l'ordre se font d'abord chahuter puis bousculer. La tension monte d'un cran.

18 h 15 : 150 à 200 manifestants arrivent sur la place et font face à trente soldats équipés du nouveau fusil Lebel. Les manifestants jettent des pierres, Le commandant Chapus ordonne à ses hommes de tirer en l'air. La foule ne recule pas. C'est l'embrasement moins de dix minutes plus tard, le commandant s'écrie : « Feu ! feu ! feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! ».Fourmies photo place

Le bilan est de dix morts (dont deux victimes de 11 et 14 ans) et trente-cinq blessés.

L'un des deux enfants est Emile CORNAILLE, né à Saint Quentin le 31 mai 1880. Il a reçu une balle perdue en plein coeur alors qu'il se trouve au café de la "Bague d'or". On retrouvera une toupie dans sa poche.

Ci-dessous un graphe récapitulatif de l'arbre généalogique d'Emile CORNAILLE apparenté à notre ami Philippe CATTELAIN.

Pour plus de précisions sur les généalogies concernées et d'autres informations complémentaires sur la fusillade de Foumies, je vous invite à visiter le site de Philippe.  J'en profite pour le remercier de la mise à disposition des documents.

http://www.taions.com/courtil/fourmies.htm  

 

Emile cornaille

Pour mémoire, la famille CORNAILLE a été longtemps implantée à Clary, plus exactement à la ferme d'Iris, entre Clary et Elincourt.

Plusieurs familles bertrésienness vivent à Fourmies au moment des faits, des membres de la famille CIRIEZ et de la famille LOUVET notamment.

N emile cornaille

    Cornaille n 1

 

Emile cornaille deces

 
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Commentaires

  • André Douay
    • 1. André Douay Le 09/05/2021
    Bonjour Dominique,
    Le 1er Mai, victoire ouvrière mondiale, des innocents ont perdus la vie pour ça !
    Ce ne sont pas les seuls ...
    Dire que maintenant en 2021, le syndicat le "plus représentatif" se fait prendre à partie, conspué par les manifestants !
    La vie à de ces bizarreries, encore bravo pour ton travail de fourmi, il y a encore beaucoup de travail, des faits divers n'ont jamais été élucidés ...
  • Acabled
    • 2. Acabled Le 30/04/2021
    Bonjour,
    La page est très intéressante, bravo,
    cependant Georges Clemenceau a toujours dit que son nom s'écrit sans accent sur le premier "e".
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Clemenceau
    Cordialement.
    A. A.
    • Dominique LENGLET
      • Dominique LENGLETLe 30/04/2021
      Je vais en tenir compte merci.

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